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Album de la semaine : Empire Of The Sun – Ice On The Dune

Album de la semaine : Empire Of The Sun – Ice On The Dune

Luke Steele et Nick Littlemore, revenus du coma artistique, semble toujours en pleine forme. De là à sortir des clous, il ne fait pas charrier, mais leur pop fait toujours son petit effet.

Tout le monde a écouté "Walking On A Dream" au moins une fois, possiblement sans le savoir. Et ce tube, ainsi que toute l'effervescence qui aura accompagné le premier album de Empire Of The Sun, aura coupé les pattes d'un duo trop jeune, qui s'est retrouvé à court d'énergie et d'osmose humaine. Avant de réapparaître soudainement, grâce à un subtil enchaînement de vidéos et de clips grandiloquents. Oui, Empire Of The Sun, ça se prend au sérieux (ou pas, vu l'imagerie sci-fi 70's et les costumes ridicules du groupe, en shooting photo comme un live), ça joue le maximalisme, bref, ça veut montrer que derrière tout ça, il y a davantage que deux queues de cerise.

Pour le coup, c'est réussi. Ice On The Dune, le nouvel album du duo, en fait beaucoup. Trop ? C'est bien possible, on ressentirait parfois un décalage entre l'ambition des arrangements et la composition elle-même, qui, si elle tient évidemment le coup, serait peut-être plus à l'aise avec des sapes un peu moins chatoyantes. Dès l'entrée, la tubesque "DNA" envoie trois couches de synthé, une guitare acoustique découpée en tranches et une chant sur-brillant. Ça en jette, pour sûr. "Alive", le premier single de l'album, s'en sort mieux niveau sobriété, et rappelle le côté rêveur du premier album, en plus abouti. Quant à "Celebrate", qui fait s'accoupler Kavinsky, la dernière version de Phoenix et Digitalism dans un bain de polish, elle serait parfaite... sans la crème chantilly. Les morceaux les plus calmes, à ce petit jeu des apparats, s'en sortent mieux. La production de "Surround Sound", justement, fait sa force : les entremêlements de voix sont plutôt malins et frais, et la rythmique presque ternaire casse la dynamique "poum tchak" dans laquelle la pop s'est enfermée de puis trop longtemps.

En fait, tout se tient à merveille : Empire Of The Sun ont toujours eu le goût des grandes choses, et on imagine qu'ils feraient un opéra pop plein d'effets spéciaux si on leur donnait un budget Hollywoodien. Et on irait voir ça avec ravissement, même en 3D d'ailleurs ! Ce qu'il manque juste à Luke Steele et Nick Littlemore, ici, c'est davantage de recherche, d'ambition, bref, de grandeur d'écriture. Pour faire simple : n'est pas Queen qui veut. Mis à part ça, Ice On The Dune fait son job à merveille : il accompagnera votre été sans faillir.