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Koudlam : EP Alcoholic’s Hymns

Koudlam : EP Alcoholic’s Hymns

Si son nom ne vous dit rien c’est aussi parce que le compositeur-chanteur français est resté plus que discret. Longtemps associé au land-artiste Cyprien Gaillard, il fallait avoir son abonnement au musée pour découvrir Koudlam. Puis il y eut un premier maxi au nom maya imprononçable de « Live In Teotihuacan » en 2008 suivi l’année suivante du long métrage apocalyptique « Goodbye » où on retrouvait le hit en puissance See you all qui sera repris sur la B.O. du Prophète primé à Cannes… Arrivée dans une décennie préoccupée par les guitares clubbing, rares sont ceux qui virent les concertos imprimés sur papyrus de Koudlam, passant à côté du retour des flûtes de pan sur symphonie d’e-violons et cris d’aigle numérisés.

 

French cuisine super protéinée

 

Si son nom ne vous dit rien c’est à la fois dommage et une très bonne nouvelle : faisant suite à un album qui avait des airs d’ultime souper, ce maxi 4 titres est plus accessible que jamais. Apéritif éponyme, Alcoholic’s Hymns déclenche l’inexorable marche au pas d’un arpeggiator saturé où le chanteur psalmodie au rythme des tambours. Profonde comme la moquette de velours bleu d’un film de David Lynch, Dangerous nights in AbiDJan fait office d’entrée lounge, une salade de crudité et champignons mexicains. Avec Sunny Day on est dans le plat de résistance, brillant de toutes les notes de ce grand-piano au cul duquel brûle un réacteur de Boeing. Feux d’artifice en plein soleil. Intimiste mélodie minimale qui sert de pont fragile pour la plainte de celui qui a été éconduit par sa télévision, I will fade away est une carcasse de guitare qui dérive lentement dans l’espace. De la glace pour le dé(s)sert, ou l’inverse. Fade out. Si ce nom ne vous dit rien c’est désormais entièrement de votre faute.

Koudlam // Alcoholic's hymns // Pan European

http://www.myspace.com/koudlam

H.P.