JE RECHERCHE
Ces musiciens célèbres qui n'ont pas glandé à l'université

Ces musiciens célèbres qui n'ont pas glandé à l'université

Alors que le monde de la pop, du rock et de l'électro enfantent des projets dirigés par des jeunes gens à peine majeurs, certains ont réussi à exploser les charts... tout en tapant dans le bac + 8.

Il y a peu, la presse a lâché une nouvelle qui a fait l’effet d’une bombe : "Paris Hilton planche sur un album de house". Non mais allô quoi ! Qu'a-t-on fait pour mériter ça ? Pas de panique, nous sommes aussi là pour vous rappeler que l’univers musical possède aussi son petit panel d’intellos, qui, en plus de rouler leur bosse dans le milieu, ont un parcours universitaire des plus remarquables.

 

Brian May (Queen)

En plus d’avoir joué de la guitare dans un des plus grands groupes de toute l’histoire de la musique, d’avoir eu sa place dans les classements des « plus grand guitaristes de tous les temps » par plusieurs magazines et d’être Commandeur de l’ordre de l’Empire britannique, Brian May a obtenu un doctorat en Astrophysique à l’Imperial College London, pour des recherches qu’il avait débuté avant l’explosion planétaire de Queen, alors qu’il étudiait les reflets de la lumière dans la poussière interstellaire ainsi que vélocité de la poussière dans le système solaire. Il abandonnera son doctorat pour se concentrer sur Queen, mais écrira plusieurs articles scientifiques, avant de reprendre ses recherches plus de 30 ans après les avoir quittées, puisque qu’il terminera sa thèse en 2005, thèse qui s’intitulera « Survey of Radial Velocities in the Zodiacal Dust Cloud » (si le sujet vous botte, son travail a été publié).

 

Daniel Victor Snaith (Caribou)

Titulaire d’un doctorat en mathématiques à l’Imperial College of London, le Canadien Daniel Snaith est plus connu sous le nom de Manitoba, Daphni, mais principalement pour son projet Caribou. Il soutient une thèse sur le thème «overconvergent Siegel modular symbols» (ne nous en demandez pas plus sur le sujet), mais vu le titre, on ne doute pas un seul instant que son travail sur le sujet doit influer sur sa musique.

 

Sterling Morrison (The Velvet Underground)

Sex, Drugs, Rock’n’Roll & Ph.D ! Le co-fondateur de The Velvet Underground et interprète de leur titre phare «Heroin» n’a pas dû s’en mettre tant que ça derrière la casquette puisqu’en 1971, année où il quittera le groupe, Sterling débute ses études à l’Univeristy of Texas à Austin. Université dans laquelle il signera quinze ans plus tard une thèse en littérature médiévale portant sur les quatre poèmes de plusieurs milliers de lignes signés Cynewulf, un auteur anglo-saxon qui a écrit en anglais ancien des poèmes religieux, durant une période que l’on situe approximativement entre le VIIIème et le Xème siècle, intitulés The Fates of the Apostles, Juliana, Elene et Christ II. Au final, pas sûr que le titre phare soit si peu significatif que cela...

 

Greg Graffin (Bad Religion)

Qui ose dire que les punks sont tous des mecs ivres qui hurlent à la mort en jouant deux accords ? Si ce genre de discours existe encore dans la bouche de certaines personnes, c’est Greg Graffin qu’il faut leur présenter : co-fondateur du légendaire groupe du punk Bad Religion dans lequel il chante, ce cher Greg a d’abord suivi un double cursus anthropologie / géologie, jusqu’à une thèse en zoologie à l’Université de Cornell, intitulée «The Cornell Evolution Project». Il donne depuis 2008 des cours à l’Université de Californie sur l’évolution, les sciences et la paléontologie. Il est également l’auteur de quatre ouvrages et d’un article sur ces trois sujets.

 

David Macklovitch (Chromeo)

Vous le connaissez très probablement sous le nom de Dave 1, et si cela ne vous parle toujours pas, David Macklovitch est une moitié du duo québécois Chromeo, dans lequel il officie en tant que guitariste et chanteur. Après avoir été parmi les premiers éditeurs de Vice, et en plus d’être un incontournable beau gosse, il suit un doctorat en littérature et en philologie Française, et enseigne le français et la littérature française à l’Université de Columbia et de Barnard. Tout ça en plus d'assurer le boulot au sein de Chromeo, qu'il co-dirige avec son ami de lycée, depuis 2004. Vous connaissez la suite, et également son petit frère. Si si, l'incontournable A-Trak.

 

Milo Aukerman (The Descendents)

Un nouveau bel exemple que les punks ne font pas que boire de la bière en braillant à tout va : Milo Aukerman, chanteur du groupe de punk-rock américain The Descendents, est également titulaire d’un doctorat en bio-chimie obtenu à l’Université de Wisconsin, Madison, et travaille en tant que chercheur sur la génétique des plantes dans le laboratoire DuPont, dans le Delaware. Un bon nerd bien comme il faut.

 

Steve Goodman (Kode9)

Vous le connaissez probablement mieux sous le nom de Kode9, qui est peut-être un des artistes les plus influents de la scène bubstep anglaise depuis la fin des années 90. Steve Goodman est également titulaire d’un doctorat en philosophie de l’Université de Warwick, qu’il a obtenu en 1999, et est aujourd’hui Maître de Conférence à l’Université de East London, où il enseigne en théorie musicale. Il a également publié un livre scientifique intitulé Sonic Warfare: sound, affect and the ecology of fear, analysant l’usage de ce qu’il appelle la «Guerre sonique», c’est-à-dire l’utilisation de sons à usage militaire. Complétez tout ça avec une dizaine de publications scientifiques (chapitres de livre et articles dans des revues universitaires), une expertise en cybernétique, en culture sonique, en (afro-)futurisme et en matérialisme abstrait, et vous auriez presque peur de jeter un oreille à ce pourtant génial morceau.

 

Bonus : Robert A. Moog

On vous l’accorde, ce dernier est peut-être l’intrus du lot. Pourtant, point de doute que Mr Moog (à prononcer à l’allemande, donc à faire rimer avec Vogue) fait partie de ces intellos qui ont révolutionné le monde de la techno : la grande aventure Moog débute alors que Robert A. Moog préparait son doctorat en physique et qu’il commence à vendre des Thérémines (vous savez, ces instruments qui se dirigent en bougeant la main dans le vide) de fabrication artisanale histoire de se faire un peu d’argent de poche. La suite, vous la connaissez, puisque les synthétiseurs Moog sont considérés comme ayant révolutionné l’histoire de la musique électronique.