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Une ville, un son : Lille, élec trop rock!

Une ville, un son : Lille, élec trop rock!

Ici, tout le monde joue de la musique, tout le monde a un, voire plusieurs groupes. Emulation et goût des multiples side projects piqués à leurs voisins belges (dEUS, Ghinzu, Zita Swoon) ? Ca se pourrait. Et puisque tout le monde se mélange, les genres font de même. Prenez le trio We Are Enfant Terrible, défendu récemment dans ces colonnes : leur premier opus, « Explicit Picures », est un patchwork foutraque de chip music, d’électro, de rock et de pop, le tout aussi aveuglant qu’un fluo kid. Plus sombre, le trio Cercueil trace son chemin et après une première galette « goth’n’roll », a mis de l’eau dans sa ciguë avec le récent « Erostrate », produit par Alister Chant (The Kills, P.J Harvey, Portishead). Enfin si vous étiez au Main Square l’année dernière, vous avez dû croiser Skip The Use sous le chapiteau Green Room : les bêtes de scène nordistes, quelque part entre Bloc Party et Iron Maiden (leur chanteur est fan) ont depuis signé chez Polydor (Universal, donc).

Bienvenue chez les Ch’tis

De quoi mettre un bon coup de converse trouée au cliché Nord = Bienvenue chez les Ch’tis. Ici, ça bouge, et tout le temps. Et au sens propre du terme : le public se déplace. Que ce soit à l’Aéronef, salle du centre-ville à la programmation qui ne sacrifie ni exigence ni mainstream, au plus pointu Grand Mix (en 2011, Metronomy et James Blake affichant complet, c’était là-bas), en passant par le Zénith, plus orienté grandes messes (Bloody Beetroots y a mis tout le monde d’accord récemment), les amateurs de rock, d’électro et d’électro rock ont tout ce qu’il faut. Quant aux plus aventureux d’entre eux, ils vont régulièrement chercher bonheur à La Malterie ou La cave aux poètes.

Côté festival, tout va bien aussi, merci : en septembre, le très techno minimaliste Name Festival attaquera sa septième édition, les Paradis artificiels s’étant eux chargé d’ambiancer la ville au mois de mai, avec une programmation plus axée rock. Pourquoi donner les dates ? Parce que les gros festivals (Mainsquare à Arras, Dour et Werchter en Belgique) ne sont pas très loin, les programmateurs préfèrent jouer la complémentarité plutôt que la concurrence et la surenchère. Gouverner, c’est prévoir. Booker des têtes d’affiche, aussi.

Suivi de production

Et qui dit prévoir, dit avenir : en plus de leurs programmations annuelles, certaines salles font aussi dans l’accompagnement de groupes, rapport au foisonnement cité plus haut. Ainsi, l’Aéronef et le Grand Mix suivent des artistes, les accueillent en résidence régulièrement, bref leur donnent un coup de pouce : ça vaut le centre de formation pour les footeux, non ? Dans le même ordre d’idée, la salle de la Péniche, récemment reprise par le tourneur A gauche de la Lune (également derrière les Paradis artificiels… vous avez dit réseau ? ) met un point d’honneur à accueillir des artistes « en développement », entendez bourrés de talent mais encore trop peu connus. Au hasard : Hook and the Twin, Green Vaughan, Brisa Roché, Vismets… Exemple type d’une ville toujours en mouvement qui, musicalement, regarde déjà vers demain.

Reno Vatain