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Album de la semaine : Disclosure – Settle

Album de la semaine : Disclosure – Settle

Les frères Lawrence ont mis en bacs une exceptionnelle synthèse du renouveau house qui secoue actuellement l'Angleterre, tout en le rendant accessible aux masses.

Guy et Howard Lawrence sont des fils des années 2000. Des types qui n'ont que trois poils au menton, qui ne se sentent pas obligés de rendre de comptes sur ce qu'ils écoutent, et qui se collent à peu près n'importe quoi dans les oreilles tant que ça leur plaît. Et ne leur parlez pas d'opposition underground-mainstream, ils n'y croient plus du tout, c'est en tout cas ce qui semble nous sauter au visage à l'écoute de Settle. Dénouement presque évident d'une montée en puissance impressionnante, au point d'en être presque horripilante sur la fin (on aurait aimé pouvoir écouter l'album pour la première fois sans en connaître la moitié des morceaux), il part avec deux avantages : des singles déjà bien installés (on pense à "White Noise" avec AlunaGeorge en soutien sur l'aile), et un contexte archi-favorable. La house, outre-Manche, n'a jamais connu telle émulsion, mis à part lors de sa période de génèse, jusqu'à sa domination outrancière, il y a 20 ans de cela. Les esgourdes des masses sont prêtes, donc.

2013, rien n'a changé ou presque : Les rythmes sont toujours aussi syncopés, basés sur des contre-temps appuyés ("When A Fire Starts To Burn", qui vient de gagner un clip mémorable), la basse est ronde et rebondissante, coupée au couteau ("F For You"), bref, on plonge en plein revival "smiley à la boutonnière", avec le lifting qui va bien. Sans oublier que deux courants majeurs de la musique électronique anglaise, le UK garage et le dubstep, ont modifié la donne, successivement au tournant du siècle et au milieu des années 2000, et les frères Lawrence ont bien appris leur leçon sur ce coup-là. Le splendide tube "You & Me", qui met en avant la voix d'Eliza Doolittle, donne des envies de breakdance sans qu'on s'en rende compte, et rappelle les riches heures d'Oxide & Neutrino, sans parler des "wub wub" qui traînent au détour d'un drop, par-ci par-là. Dernière carte de la main du duo, la meilleure : les voix, qui squattent les trois quarts de la tracklist, donnent à Settle cette saveur pop qui lui sied à merveille. Les structures des morceaux, qui frôlent le couplet-refrain la plupart du temps, aidant grandement à rendre la formule complètement addictive et adaptable à toute les situations : on se retrouve à vouloir écouter ce disque en allant au boulot le matin comme monsieur-tout-le-monde, et sur le chemin d'un club le samedi soir, dans les lumières de la ville. De la pop-house ? Ça existe, ça ? Visiblement oui, et il fallait bien deux morveux qui tournent à peine autour de la vingtaine pour nous réapprendre qu'en matière de musique électronique, tout reste possible, surtout le meilleur.

Settle est en écoute exclusive sur le site du Guardian.