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Primavera Festival - jour 3

Primavera Festival - jour 3

Carnet de bord du Primavera festival : Jour 3

Il est assez agréable de constater que nous prenons déjà nos habitudes de bons 'Primaverans' en ce troisième jour de festivités ! Très à l'aise dans l'immense enceinte, nous effectuons le rituel tour à l'espace presse pour les mondanités d'usage et un ou deux instagram avec vue sur la mer. Puis c'est d'un pas décidé et tout en maîtrise que nous nous dirigeons vers la grande scène pour notre premier live du jour : Django Django !

Les britanniques et leurs chemises bariolées (mais toujours raccords !) arrivent en sautant partout sur la scène. On les sent très en forme et pressés d'en découdre avec un public, qui paraît déjà très chaud et entame avec ardeur ses premiers pas de danse dès l'intro de Hail Bop! La magie opère immédiatement. Le quatuor, non content d'écluser les titres d'un des meilleurs albums de 2012, les adapte pour tailler un live plus rythmé que jamais ! Waveforms, WOR ou encore Skies Cairo se voient ainsi étirés en de longues parties dérivant vers une électro à l'image du groupe, pleine d'humour et d'intelligence. Finissant sur un grandiose Silver Rays, comme ils le font sur l'album, les Django Django nous offre un des meilleurs live du festival ! Le soleil se couche à peine, et le sentiment que la nuit va être aussi longue qu'agréable flotte dans l'air espagnol…

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Solange Knowles nous accueille à son tour sur une scène plus modeste, mais bondée malgré tout ! Elle est accompagnée de Devonté Hynes - aka Blood Orange - le producteur de son album, qui tient ici la guitare, et chaloupe sur scène avec une classe de roi de la funk ! Solange elle semble moins à l'aise, et à l'exception d'un Losing You scandé par la foule, l'ensemble reste timide voire mou. On est un peu en deçu du show soul et r'n'b que nous attendions. La comparaison avec son aînée vient malheureusement toujours en tête, et malgré des morceaux fort à la production léchée, la petite Knowles manque de dynamisme. Dommage, les festivaliers semblaient en attendre beaucoup de ce show !

Le temps d'une 2ème 'pause presse' et d'une recharge de houblon et l'on court voir James Blake, dont le concert est l'un des plus attendus. Et lui qui est habitué à des ambiances plus intimistes n'est pas déçu de voir une foule énorme se masser devant sa scène pour son premier festival de l'année !

Il démarre comme à son habitude sur un très beau Never Learnt To Share, mais on déplore des basses poussées à l'extrême, qui absorbent tout le reste. Une (vilaine) habitude que l'anglais n'arrive plus à perdre ! C'est le seul point négatif de ce live qui prouve une fois encore que Blake a tout d'un grand. Que ce soit dans la maîtrise vocale absolument parfaite ou dans l'adaptation d'un album très calme et aérien en une performance plus rythmée pour le live, on est dans l'excellence ! Et le grandiose Retrograde de fin achève de nous convaincre. Son nouvel album se retranscrit parfaitement en live !

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Lors de tous les concerts, on pouvait entendre dans la foule : "Attention, regardez bien l'heure pour ne pas rater Blur !"

Que dire d'autre ? Blur ! Les géants de la britpop des années 90 sont de retour pour nous permettre de concrétiser un rêve que jamais nous n'aurions cru possible jusqu'alors : voir des perles telles que Beetlebum, Parklife, Country House ou Coffee & TV en live ! Il est donc difficile de chroniquer un tel moment. Les preuves sont faites depuis longtemps, il n'y a pas d'actualité pour les anglais qui sont là uniquement pour célébrer avec nous une carrière magistrale. Et le moins que l'on puisse dire est qu'ils sont en forme ! Damon Albarn saute partout sur scène, asperge son public, se roule par terre… il emmène son groupe et la foule titanesque (tout le festival est présent) dans une machine à remonter le temps et donner du bonheur ! Imaginez des milliers de personnes chantant tous en coeur. La fin évidente sur Song2 est furieuse et magnifique, à l'image du groupe. Nous pouvons aller dormir en paix, nous aurons vu Blur une fois dans notre vie !

Par William Halbers.

Crédits : 

Photo couverture : Eric Pàmies

Photo 1 : Eric Pàmies

Photo 2 : Dani Canto