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Main Square VS Eurockeennes : Le duel des scènes Green Room Session

Main Square VS Eurockeennes : Le duel des scènes Green Room Session

A ma droite, le Main Square Festival qui a planté en sept ans son empreinte de géant dans le paysage mondial avec le même poids sur ses deux scènes. A ma gauche les Eurockéennes, 22 ans de paradis pour rockeurs et une édition condensée, ramassée, prête à mordre : moins de groupes mais une esplanade Green Room élargie, débarrassée de son chapiteau (bonjour le lac !). Bien sûr, on retrouve quelques pointures en commun dont Queens Of The Stone Age ou Beady Eye, la relève post-Oasis. Alors jouons à celebrity deathmatch pour de rire etchoisir où planter votre tente.

Rock : Lords sur le ring

 

Aux Eurockéennes on a déployé toute l’artillerie pour le cortège des tanks sur la grande scène : Mötörhead et autres stoners de Kyuss. Mais si le rock sableux vous cogne la tête comme du peyotl sous le cagnard, la scène Green Room Session vous a préparé de la subtilité non moins fascinante. Catégorie authentique, le folk premium au son originel de Moriarty, pur comme des oranges pressées mains, aussi rayonnant sans ajout de colorant. La maîtresse des cols remontés Anna Calvi exposera le théâtre de l’amour impossible entre une voix et six cordes que tout oppose, relation sans violence ni mollesse de vieux couple mais dérangeante. Tout est à réinventer et c’est bien ce qu’elle fait. Palliatif aux overdoses numériques, Raphael Saadiq sermonnera une messe gospel du bout d’un goupillon à électrique juché sur le pupitre d’Otis Redding. Hey men, amen.

Au nord, si vous aimez les verres remplis au-dessus du bord, les Cold War Kids seront présent au MSF et Kasabian également. Derrière ces turbocompresseurs, on entend moins approcher Eels, maître ès détournement du rock américain étoilé changeant le blues en grunge, et le punk en country-folk. Mais Arras fera surtout place belle pour la pop : Jenny & Johnny, petits protégés du génie Conor Oberst (de Bright Eyes), dispenseront leurs ritournelles impeccables pour des fins d’après-midi radieux. Enfin, magie pure en vente libre, l’extraordinaire nostalgie du picking jamais lacrymal des Fleet Foxes et le voyage astral de Tame Impala, torrent d’azur avec des guitares comme pagaies. Alors, bruit de tronçonneuse ou odeur de sciure ?

Electro : les rênes de la nuit

 

Ca ne va pas vous aider à choisir mais le versant électronique est aussi ensoleillé. Décollage depuis Arras du tapis volant numérique Underworld avec Karl Hyde dans le rôle du steward ondulant. Raz-de-marée irlandais, Two Door Cinema Club persiste à renverser de la guiness sur les nappes (de synthé of course) et propulse le label Kitsuné sur des guitares bien estampillées « an 2000 ». Mais si c’est votre body qui compte, alors aucun doute qu’il s’enfilera avec plaisir le set de la comète The Shoes, électro pop aux échos de Phoenix dans le bas des chevilles.

Au domaine du Malsaucy on fait honneur aux femmes. D’abord avec la prêtresse de Gossip, Beth Ditto pour son projet solo electro-pop à faire pâlir les divas péroxydées ; et puis aussi les Ting Tings qui sonnent très disco-80s désormais au clavier. Ici le voyage se fera en ballon, sur les arrangements nuageux de Crystal Castles. Le diamant du dancefloor se taille chez Boys Noize, DJ orfèvre du groove. Jouissives séances de sudation.

Total, personne ne mord la poussière et le ring brille de mille feux. Troisième mi-temps, du 1er au 3 Juillet…

 

http://www.mainsquarefestival.fr/2011/fr/

http://www.eurockeennes.fr/

H.P.