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Les 5 bandes originales qui ont marqué la pop

Les 5 bandes originales qui ont marqué la pop

La pop music regorge de bandes originales de bonne qualité. Reste que mettre bout à bout de bons titres ne fait pas pour autant une grande BO. Voici cinq exemples de l'alchimie parfaite.

Il y a les grands classiques évidents, et puis il y a les autres. Des films qui ont parfois laissé une empreinte indélébile, et d’autres qui sont destinés à remplir les bacs à soldes sitôt parus en DVD. Dans tous les cas, une bonne bande originale ne donne en aucun cas automatiquement un bon film. Et inversement. Mais parfois, les planètes s’alignent. C’est le cas pour Garden State et Trainspotting. Et on ne parle même pas de Twilight. En fait si, parlons en.

 

Twilight

Au départ, il y a une série de romans pour adolescents écrite par Stephenie (oui, avec trois E) Meyer. Vendus à plus de 100 millions d’exemplaires, traduits en près de 40 langues... Il n’en fallait pas plus pour qu’Hollywood déniche sa nouvelle saga chez une famille de vampires et une adolescente trop mal dans sa peau parce que la vie c’est quand même pas simple. Au commencement était donc le roman. Puis les films, mais on n’en parlera pas ici. En revanche, parlons de leur musique. Et d’une femme : Alexandra Patsavas. Elle est née en 1968, est américaine, et son boulot, c’est Music Supervisor. En gros, pour une série ou un film, elle se chargera de l’habillage sonore, et madame sait y faire. Des shows aussi mauvais que Grey’s Anatomy ou Gossip Girl bénéficient de sa touche personnelle. Bon, les Plastiscines chez Serena Van Der Woodsen, c’est elle. Mais Iron & Wine, Radiohead, Death Cab For Cutie, Bon Iver et St Vincent chez les vampires en pleine turpitude, c’est grâce à elle. Résultat : Twilight est reconnu, dans une sphère culturelle qui ne faisait pas partie de son cœur de cible, pour la qualité de sa bande originale, ce qui a assuré une partie de la promotion des épisodes récents de la saga pour presque rien.

 

Garden State

“Grosso modo, je me suis contenté de faire une compilation des chansons qui m’accompagnaient pendant l’écriture du scénario”. Voilà comme Zach Braff présente la BO de Garden State. Une bluette adolescente au charme fou, vite devenue culte. Entre autres pour sa bande originale d’ailleurs, qui aurait pu ne jamais voir le jour. Pur produit indépendant, Garden State coûte peu, et obtenir les droits des chansons au prix fort eut été impossible pout un tel budget, si celui qui fût Dorian dans Scrubs n’avait eu l’idée d’envoyer sa demande aux artistes, accompagnée... du script du film. Coup de foudre général, et grand Oui. Sur la tracklist, on retrouve donc du Coldplay (de la bonne époque), du Remy Zero (souviens toi, le générique de Smallville, c’était eux), mais aussi et surtout Iron & Wine (encore), Nick Drake, Zero 7 ou encore The Shins. Qui, en plus d’illustrer une scène culte (“écoute, ça va changer ta vie”), repartirent en tournée après la sortie de leur deuxième album face à la demande du public, tombé en amour pour “Caring Is Creepy” et “New Slang”... pourtant issus de leur premier disque.

 

High Fidelity

Nick Hornby au cinéma, ce n’est pas forcément ça. En témoigne “Pour Un Garçon”, avec Hugh Grant, mignon mais un peu soporifique. Alors forcément, quand il s’agit de son roman le plus important, “Haute Fidélité”, on a un peu peur. Peur que la musique passe au second plan derrière une histoire d’amour idiote, peur que Rob Flemyng soit interprété par Hugh Grant. Mais Stephen Frears et John Cusack aiment bien trop la musique pour ça. Mieux : ils la connaissent. Résultat : un succès critique indéniable. Et une BO réunissant Stevie Wonder, les Kinks, les 13th Floor Elevators, Love, Bob Dylan, Stereolab, Royal Trux... Dans le film, c’est carrément Bruce Springsteen qui vient jouer son propre rôle. C’est la classe, un point c’est tout. Et alors que Cusack s’inquiétait de la construction de cette BO, arguant que “les héros du livre sont tout de même de gros snobs”, cette Music From The Motion Picture est un sans faute, mêlant les époques, les grands classiques et les pépites oubliées.

 

Mary à Tout Prix

Franchement, Mary à Tout Prix aurait très bien pu se contenter d’une bande originale tout simplement médiocre. Le film n’en aurait pas été moins drôle, culte, beau, obscène, délirant, décalé... Ce que vous voulez. Sauf que les frères Farelly ne sont pas du genre à faire les choses à moitié (sauf pour L’Amour Extra-Large, qui manquait juste d’un scénario). Alors, au moment de faire leur shopping pour habiller leur troisième film, ils ne se privent pas : Jonathan Richman, qui a même un petit rôle (celui du narrateur chantant), les Lemonheads, Joe Jackson, Ivy, The Foundations... Bref, que du bon. On y trouve même une trace du duo de breakbeat Propellerheads (que deviennent-ils ?) et une apparition des Dandy Warhols, avec “Everyday Should Be A Holiday”, tiré, ultime preuve du bon goût des frangins, de leur meilleur disque, trop souvent oublié (“The Dandy Warhols Come Down”). CULTE CULTE CULTE.

 

Trainspotting

Culte également, Trainspotting l'est sous toutes ses formes : le roman, le film, et la bande originale. Ou plutôt LES bandes originales. En 1996 sort la première, qui accompagne bien sûr le classique de Danny Boyle. On y retrouve le “Lust For Life” de Iggy Pop, New Order, Sleeper, Elastica, Primal Scream... Bref, un portrait de l’Angleterre dans tout ce qu’elle a de plus grand. Nous sommes au début de la deuxième moitié des années 90, Kurt Cobain est mort, et le pendule est de nouveau du côté des Brits. Résultat : un carton, et une suite. La deuxième BO paraît en 1997, et contient des titres ayant servi d’inspirations. Underworld, Iggy Pop et Primal Scream sont de nouveau de la partie, aux côtés de Ice MC et David Bowie. En 2007, Vanity Fair classera Trainspotting dans les 10 meilleures BO de tous les temps, ce qui semble amplement justifié. Reste une question: si Danny Boyle finit par tourner la suite comme il le souhaite, qui pour la bande originale ? L’Angleterre des années 10 paraît bien fade comparée à sa grande sœur.