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Ces filles qui déringardisent l’électro-pop

Ces filles qui déringardisent l’électro-pop

Elles sont jeunes, mélanges de it-girls et de chanteuses talentueuses et s’apprêtent à bientôt conquérir le monde de la musique. Préparez-vous !

On vous en parlait la semaine dernière avec enthousiasme, le premier album du Charli XCX sort ce lundi. Mais la jeune Anglaise qui grimpe les marches de la renommée à grandes enjambées n’est que l’une de ces nouvelles égéries de l’électro-pop capables de réconcilier succès mainstream et crédibilité indé. Preuve avec cinq de ses consœurs toutes plus talentueuses les unes que les autres.

 

Icona Pop

Ce sont un peu les doyennes du groupe, les Suédoises Hjelt et Jawo ont 25 et 26 ans et ont formé leur duo en 2009. L’histoire dit qu’elles se sont rencontrées à une soirée en février de cette année-là, déclenchant un coup de foudre amical, se produisant pour la première fois ensemble en concert seulement quatre semaines plus tard. Leur créneau ? Une synth-pop habitée de quelques touches de house et d’un esprit gentiment punk qui fait lever les poings. La presse s’emballe assez vite à la faveur d’un excellent premier single, "Manners", qui arrivera jusqu'à nos oreilles dans la compilation Kitsuné Maison 10 fin 2010. La suite consistera à faire grimper la température pour sortir fin 2012 un premier album éponyme. Il bénéficiera d’un deuxième single très relayé, "I Love It", justement co-écrit avec la fameuse Charlie XCX. Un titre entendu à peu près partout (de Dancing With The Stars à la série Vampire Diaries), qui n’aidera pourtant pas l’album à être un succès en dehors des terres natales du duo. Avant le prochain...

 

Elliphant

C’est la rebelle du groupe, celle qui prend le plus de risques. Elliphant, de son vrai nom Ellinor Olovsdotter, a 27 ans, est elle aussi suédoise mais si elle joue elle aussi avec la pop électronique, elle la travestit sous des airs ragga et punk qui lui donnent un charme incroyable. Ses deux premiers morceaux, la très rave "In The Jungle" et la bombe de club "TeKKno Scene" (avec le rappeur de 16 ans Adam Kanyama, révélé par la télé-réalité suédoise) étaient parfaitement calibrés. Le suivant, "Down On Life", a vraiment mis l’accent sur ses aspirations dancehall et a dévoilé par son clip le physique incendiaire d’Ellinor. On pense inévitablement à une petite sœur de Santigold et à son mentor Diplo, qu’on a surpris sur une photo avec la jeune Suédoise. On ne peut pas imaginer que les deux artistes poursuivent leur carrière sans collaborer (l’intention a d’ailleurs été confirmée) et on a hâte de voir ce que pourrait donner ce rapprochement naturel.

 

Kate Boy

Encore une jeune Suédoise prometteuse ? La réalité n’est pas si simple puisque si Kate (Akhurst de son nom de famille) est bien un membre du groupe, elle s'avère être australienne, alors que Kate Boy est une entité à quatre têtes formée avec trois musiciens bien suédois, eux. Le résultat, une électro-pop hantée à la production parfois quasi-stridente, évoquant un croisement étrange entre Kate (encore une) Bush et les angoisses de The Knife. Akhurst a débarqué à Stockholm fin 2011 pour un court séjour et a rencontré ses comparses début 2012. La légende veut qu'ils aient écrit ensemble "Northern Lights", leur fabuleux premier single, dans les heures qui ont suivi. Leur deuxième single, "In Your Eyes" tient également très bien la corde, les deux morceaux ont d'ailleurs été regroupés dans un premier maxi sorti en début d’année sur le label IAMSOUND. Kate, la chanteuse, est maintenant résidente permanente de Suède et le groupe s’apprête à jouer ses premiers concerts, on est diablement impatients de voir ça.

 

Banks

Au milieu de ce grand déballage d’artistes scandinaves prometteuses, Banks a un grand mérite, celui de venir des États-Unis. De Los Angeles plus précisément, ce qui ne se répercute en rien dans sa musique, loin des clichés de la surf-pop ensoleillée. L’intrigante demoiselle se cache derrière une électro-pop à la texture froide et synthétique, et joue aussi de son mutisme, refusant par exemple de prendre les rênes de ses propres pages sur les réseaux sociaux. Elle a signé tout récemment (elle aussi) avec le label IAMSOUND, décidément très présent sur le créneau avec Charli XCX, Little Boots, Io Echo ou MS MR. Son tout premier maxi Fall Over vient de sortir, comprenant le chouette morceau titre aux envolées vocales suraigües et sa face B "Before I Ever Met You" où Banks met en avant sa voix chaude. Sur le clip de "Fall Over", en images glacées noir et blanc, Banks fait preuve d’une propension aux moues et postures boudeuses qui n’entacheront certainement pas ses chances de succès.

 

Karen Marie Ørsted, 23 ans, est Danoise et partage avec ses copines une conception sans chapelles de la musique, confessant autant son admiration pour les Spice Girls que pour Santigold (tiens, encore elle). Elle travaille aujourd’hui sur son tout premier album après nous avoir abreuvé de quelques premiers morceaux séduisants qui l’ont placée en tête de meute. Notamment "Pilgrim" et son mélange de triturations vocales et de cuivres chaleureux. Vocalement la plus soulful du lot, Karen est sur les bons rails pour la gloire, signalée par toute la presse et présente dans tous les festivals qui comptent, du South By Southwest d’Austin au marathon du CMJ Festival à New York. Elle incarne la relève la plus sérieuse de Lykke Li (le point commun évident de toutes ces jeunes pousses nordiques) tout en offrant une alternative crédible à Grimes. Mais là où certaines de ses collègues semblent un peu effacées derrière des teams de producteurs souvent envahissants en Scandinavie, MØ garde une aura très personnelle qui la fera sûrement sortir du lot.