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Fleet Foxes : Helplessness Blues

Fleet Foxes : Helplessness Blues

Le folk californisant composé en sur-chemises dans le vent piquant de Seattle gâchait l'éponyme "Fleet Foxes", et le fait d'habiter entre l'usine Boeing et le QG de SubPop cassait l'effet surf à la Beach Boys. Trois ans ont passé, et pendant ce temps le compositeur Robin Pecknold a tenté l'aventure solo et vécu des trucs moins sympa que la couveture de Rolling Stones. Moralité: il revient aujourd'hui englué du mal-être de sa séparation ('Blues de l'impuissance', littéralement, en guise de titre). On soupirait déjà jusqu'à l'écoute de Grown Ocean, et là soudain, tout va très bien. Ne reste de la batterie qu'un tambour et juste assez d'arpèges pour tenir debout (Sim Sala Bim). Dingue, mais plus ce type est triste et plus sa musique est légère.

Envolés les doutes et les lourdeurs.

Chemises anguleuses et vieilles barbes aux orties. Mordons-nous la langue plutôt que de dire 'albumdelamaturité' mais Fleet Foxes prend ici de la hauteur. Loin des imitations de Dylan ou de Crosby Stills Nash & Young, on gravit ici une montagne au dos rond, brossé par le soleil, plus proche de Shearwater dès qu'on dépasse les 5 minutes (The Shrine / An Argument) et au vieux Crosby seul le reste du temps (Blue Spotted Tail). Les harmonies vocales qui faisaient haïr les surfeurs de l'autre pacifique se sont changées en une fratrie confiante. Pecknold endure et on sourit. "Helplessness Blues" enroule les bras de Simon & Garfunkle autour de vos épaules tels deux papas trop chaleureux. On est gêné de trouver cela si beau, c'est trop daté, trop gâté. C'est cette photo de vous en sous-pull acrylique que vous refusez de jeter. Mais allez expliquer un sourire... la nostalgie est plus forte que le kitch. Plus sincère aussi. Le sourire reste.

H.P.

Fleet Foxes // Helplessness Blues // Bella Union (Coop)

En concert le 2 juillet au Main Square Festival

http://www.myspace.com/fleetfoxes