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Prince, génie de la guitare, maniaque du copyright

Prince, génie de la guitare, maniaque du copyright

Prince a toujours eu deux talents divins. Le premier, c'est sa capacité à imaginer des hits légendaires. Le deuxième est plus surprenant. 

On connaît tous le bon côté de Prince. Des hits à la pelle et une personnalité qui fend le temps sans arrière-goût de naphtaline, résultat d'un acharnement musical constant, le bougre étant sûrement, à l'heure où vous lisez ces lignes, en plein milieu d'un jam avec son groupe. Son deuxième talent, qui nous intéresse aujourd'hui, se définit mieux en anglais sous l'appellation de control freak. Le control freak, c'est le maniaque à tendance perfectionniste, l'homme qui veut tout contrôler et qui ne supporte pas de laisser au hasard le soin de choisir quoi que se soit pour lui. Prince fait partie de cette catégorie et c'est sûrement à ce prix que son talent artistique a pu émerger aux yeux du monde. Néanmoins, c'est bien pour cette tendance à vouloir tout contrôler que Prince nous interpelle ces derniers temps, rajoutant aujourd’hui un nouveau chapitre à une histoire paranoïaque qui ne s'est jamais vraiment arrêtée (dénicher un album de Prince sur Internet, une photo non approuvée ou une session live pirate relève souvent du défi personnel).

Le Kid de Minneapolis ne goûte guère notre monde hyper-connecté. Dernier exemple en date avec, dans le box des accusés, la nouvelle application vidéo qui agite tout Twitter, Vine. Vine, c'est un service vidéo archi-simpliste, qui traduit le principe "court et efficace" de la plate-forme de micro-blogging. On peut y poster des extraits vidéo de 6 secondes, pas plus. Kyan Khojandi, l'homme derrière la série Bref, s'est d'ailleurs précipité dessus pour créer des mini-sketches. Plus récemment, c'est le nouveau film X-Men consacré à Wolverine qui a eu le droit à son teaser, exclusivement via cette plateforme.

Les objets du délit pour Prince sont donc 8 vidéos, qu'un représentant de l'artiste s'est empressé de dénoncer à Twitter. En cause, "des enregistrements et synchronisations non autorisées", l'avocat du beau gosse quinquagénaire citant le Digital Millennium Copyright Act comme justification de cette demande. Les vidéos ont bien entendu été retirées, et l'Histoire ne dit pas ce qu'elles contenaient réellement... Même si on imagine qu'elles contenaient des informations sonores sur de potentiels nouveaux morceaux.

Prince, qui s'apprête à sortir un album, se met petit à petit à la promotion sur Internet, et supporte de moins en moins qu'on lui grille la politesse numérique. Tout ce qu'il y a à voir d'officiel sur l'autre légende de la pop se trouve sur le site prince2013.com. Comme vous pouvez le constater, peu de choses à se mettre sous la dent. En attendant, vous pouvez regarder la vidéo de "Let's Go Crazy" plus bas, dans une version différente de celle de 1984. Et si vous voulez rencontrer Prince en vrai, postez donc une vidéo de vous en train de chanter l'un de ses tubes, il débarquera probablement à votre porte avec un juge en 24 h chrono.