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Ces stars de l'électro qui jouent les producteurs de l’ombre

Ces stars de l'électro qui jouent les producteurs de l’ombre

Pleins feux sur ces figures de proue de la scène électronique française qui produisent aussi pour d’autres en toute discrétion.

Ils sont talentueux, célèbres et couronnés de succès, mais ces artistes connus en leur propre nom aiment aussi faire briller les autres en occupant la place de producteurs, en tant qu'hommes de l’ombre. Sélection de quelques uns des artistes les plus talentueux dans cet exercice.

 

Zdar

C’est LE producteur star français, à tel point que cette casquette a passablement occulté ce qui nous a tous fait aimer Philippe Cerbonesch, à savoir le duo Cassius, formé avec Hubert Blanc-Francard (Boombass). Fleuron de la french touch, Cassius n’empêchera pas son éminente moitié de produire à tout va pour d’autres. Ses débuts se feront dans le rap, son nom figurant notamment dans les crédits de certains albums de MC Solaar dans la deuxième moitié des années 90. L’explosion viendra en 2009, au moment où Zdar produit le quatrième album de Phoenix Wolgang Amadeus Phoenix dans son tout nouveau studio parisien aux allures de chalet, Motorbass. Suivra le carton international que l’on connaît. Depuis lors, tous sont passés par ses studios de la Rue des Martyrs, à commencer par Two Door Cinema Club, pour le mixage de son premier album Tourist History, un nouveau gros carton. Adam Yauch, regretté membre des légendaires Beastie Boys, ira le chercher après avoir écouté l’album de Phoenix pour booster le son du dernier opus de son groupe. Suivront les jeunes surdoués de Housse de Racket et surtout les cultes Rapture, dont il orchestrera le grand retour avec un formidable album électro-pop aux penchants gospel, In The Grace Of Your Love. Cat Power fera appel à lui, elle aussi pour son retour en fanfare, avec Sun. Cela n'empêche pas Zdar d’alterner les gros noms et les plus petits, mettant par exemple en lumière le génie funk de Kindness. Il s’est même permis de refuser d’accorder ses services à Madonna, préférant instaurer des relations humaines plus simples. Dernier projet en date, le nouveau Phoenix, évidemment.

 

Para One

Impossible de trouver dans le vivier d’artistes électroniques français pareil CV que celui de Philippe Zdar. Mais certains s’en sortent tout de même très bien. C’est d’ailleurs en partie parce qu’il a travaillé pour d’autres que Jean-Baptiste de Laubier a mis six ans à sortir son superbe deuxième album Passion, l’année dernière. Venant plutôt du milieu hip-hop à l’origine, il se fera un nom en collaborant d’abord avec TTC, le regretté trio d’hurluberlus du hip-hop formé par Teki Latex, Cuiziner et Tido Berman. On le retrouvait brièvement sur leur album de 2004 nommé Bâtards Sensibles, il fera en tant que producteur partie intégrante de la bande sur leur dernier disque en date, 3615 TTC, en 2006. Para One se fait un peu oublier ensuite, mais en 2010 il apparait à la production sur d’un morceau sur l’étonnant album d’Alizée Une Enfant du Siècle, sorti sur le regretté label Institubes, qui s'estoccupé de mettre en bacs toutes les sorties solo du producteur avant de fermer ses portes. Para One se retrouvera même, à la surprise de tous, au rôle de producteur sur le dernier album de Birdy Nam Nam, Defiant Order. Une surprise logique finalement, puisqu’il partage avec les quatre dieux des platines des goûts au croisement de la musique électronique et du hip-hop. Il reviendra maintenant dans la pop, puisqu’on attend avec impatience le nouvel album de Micky Green, qu’il chapote déjà depuis un long moment.

 

Sebastian

C’est la forte tête d’Ed Banger, jamais là où on l’attend, toujours avec une bombe sonore en poche. Et si son album Total (2011) a longtemps été la plus grande Arlésienne du monde électronique français, c’est notamment parce que Sebastian Akchoté a été bien occupé à travailler à la production d’un autre album attendu une éternité, celui de son grand copain Kavinsky ! S’il n’est crédité qu’au mixage du tube planétaire de Drive, "Nightcall", il est aux manettes de la plupart de l’album. Avant cela on l’avait évidemment retrouvé sur l’album d’Uffie Sex Dreams and Denim Jeans, qui faisait office d’exercice collégial pour la dream team Ed Banger. Il avait notamment produit l’excellent dernier single de l’album, "Difficult". Plus surprenant, on le retrouve sur le premier album de Woodkid, qui a décidément su sympathiser avec toute la scène électronique française. Il lui a produit le très noir morceau "Stabat Mater". Sebastian, homme aux multiples talents, donc.

 

Yuksek

Cet éternel charmeur est un peu l’homme à tout faire de la fameuse scène de Reims. En plus de son succès en solo, on l’a connu aux manettes derrière les débuts de Brodinski : il produisait ses compositions autant que ses remixes (depuis, malgré le duo qu’il forme ponctuellement, The Krays, les deux se sont un peu éloignés, Brodinski travaillant souvent avec Club Cheval). Fin 2010, il maniait les baguettes sur le premier album de la joyeuse bande des Bewitched Hands : d’autres Rémois qui s’étaient fait connaître en reprenant d’ailleurs en acoustique son fameux "Tonight". Il avait entretemps fait une petite infidélité à la sa cité d'origine en allant produire le virage électro des Birdy Nam Nam sur leur deuxième album Manual For Successful Rioting. Haute trahison encore, Yuksek fait aujourd’hui cocue sa bande d’origine en allant produire le premier album des très prometteurs jeunots rennais de Juveniles. La preuve avec leur nouveau single et son très joli clip, "Strangers".