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Album de la semaine : Woodkid - The Golden Age

Album de la semaine : Woodkid - The Golden Age

Le premier album du prodige de la pop ne déçoit pas un seul instant. Sa cohérence impressionnante, cependant, laisse peu de place à la spontanéité.

On a l'impression de l'avoir attendu un siècle, cet album. La sortie de l'EP Iron, au début 2011, avait posé les bases du "son Woodkid" : instrumentations chargées et épiques, voix semi-écorchée au timbre singulier, ambiances dramatiques, pas de la demi-musique, donc. The Golden Age, qui s'est laissé désirer, ne révolutionne pas la formule : il n'est pas là pour ça, en bon premier album qu'il est. Au contraire, il l'entérine à la puissance 1000. Dès le morceau d'ouverture, qui remet à l'honneur le principe de l'introduction d'album (la vraie), on sent tous les parfums de l'épopée fantastique qui nous attend. À la fois grave et épique dans sa partie centrale, "The Golden Age" emprunte autant à la B.O. d'un western épique qu'à la une pop exigeante et racée. Suit "Run Boy Run" qui nous rappelle à quel point les percussions sont au centre de la dynamique Woodkid, tel un cœur qui bat avec force pour nourrir le reste de l'organisme musical.

Pour ce qui est de la suite, un constat émerge rapidement de The Golden Age : aussi bon que puisse être cet album, le taux de surprises et de coups de génie auxquels Woodkid nous confronte est relativement faible. C'est une contrepartie de la cohérence hallucinante de cet album, qui s'apparente à une œuvre quasi-parfaite, pensée de bout en bout, quitte à en perdre un peu de spontanéité. La splendide "Where I Live", dénudée et touchante, montre à quel point Woodkid en a sous la pédale lorsqu'il s'agit de nous procurer des frissons. Juste avant, l'interlude "Falling", qui amène une cassure tout à fait bienvenue, s'arrête trop vite. Le cœur de l'album est rempli de morceaux à la consistance sans faille ("Ghost Lights", ou la dramaturgique "Stabat Mater"), ce qui rend le château quasi-imprenable. L'édifice, au final, est peut-être un peu trop uniforme pour atteindre la sphère des albums marquants de notre temps, mais on peut attribuer un mérite exceptionnel à Woodkid : le courage d'assumer la grandeur de ses envies, ce qui, pour une fois, nous fait lever la tête pour en voir le sommet.

L'album est en écoute sur Spotify.