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Beady Eye : Après la déroute d'Oasis, sur la route des festivals!

Beady Eye : Après la déroute d'Oasis, sur la route des festivals!

Que penser de « Different Gear, Still Speeding » ? La mutinerie qui lui a donné naissance est-elle méritée ? Mort au cliché, ne croyez pas la vérité. Beady Eye est avant tout l'histoire d'un disque né sur les cendres de feu Oasis (sic) et d'un groupe composé de son backing band et de l'un des frères Gallagher. Avant cela, la dernière décennie des rois de la britpop nous avait épuisé jusqu'à ce soir d'août 2009 où Noel avait fini par annoncer le split de trop. Décapité mais pas dépité, le groupe n'était pourtant pas mort ce soir là. Effectivement, voilà déjà  deux albums que chaque membre d'Oasis ramenait ses riffs et ses opinions sur des compos branlantes confrontant le chef de meute à une implacable démocratie. Gallagher senior ne se sentant plus chez lui et subissant le supplice de la planche, les rats décidèrent finalement de ne pas quitter le navire mais plutôt de le renommer. Et Beady Eye, donc, était né.

 

Joyeux (sans) Noel

 

En trois singles, Liam et ses matelots ouvrent la voilure là où Oasis portait la pop comme un boulet guitarisé : psyché modèle 1968 sur Four Letter Word et rock'n'roll-vaccin contre le béribéri à base de Chuck Berry pour Bring The Light. La ballade The Roller se contentant de rattraper les fans aux vieilles branches. « Different Gear, Still Speeding » se positionne donc clairement sur le même circuit que des T-Rex (Wind Up Dream) ou Supergrass (Beatles & Stones) et Liam s'enrobe dans une réverb que ne renierait pas Lennon en solo pour tenir face aux déferlantes (Standing on the Edge of The Noise, plus braillard que shoegaze). Si l'album s'avère un peu poussif sur la longueur, ses singles épatent la galerie et la présence du groupe à Liam sur la scène Green Room du  Main Square et aux Eurockéennes devrait finir d'achever le travail de sape. Et cette fois, promis, pas de rupture à l'horizon.

Beady Eye // Different Gear, Still Speeding // PIAS

(En concert le 1er juillet au Main Square Festival,  3 juillet aux Eurockéennes de Belfort)

H.P.