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Docks, enceintes Bluetooth : la révolution par le son

Docks, enceintes Bluetooth : la révolution par le son

Le temps de la bonne vieille chaîne Hi-Fi est révolu. Une nouvelle armada d'appareils, qui n'attend que de se connecter à nos smartphones, est prête à prendre la relève.

Avant, tout paraissait plus clair : une platine vinyle, un amplificateur, des enceintes. Simple comme bonjour, cette chaîne de diffusion sonore est restée la même pendant très longtemps, seule la source a changé : cassettes, CDs, voire MiniDiscs... En bref, la musique à la maison passait forcément par l’acquisition de ce genre d’objets, et nécessitait une belle collection d’oeuvres musicales pour être appréciée à sa juste valeur.

Aujourd’hui, il en va tout autrement. Une drôle d’armada d’OVNIS a envahi nos salons, nos cuisines, et révolutionnent notre façon d’écouter de la musique, en plus de s’intégrer de mieux en mieux dans l’espace domestique. Ces “docks”, ou “stations d’accueil” en bon français, partagent la vedettes avec leurs petites soeurs arrivées plus récemment, les enceintes sans fil. Comment ça marche ? Quels sont les leaders du marché ? Doit-on recycler notre collec’ de disques ? Nous avons tenté d’analyser ce qui a imposé cette nouvelle génération d’objets sonores dans nos chaumières.

 

Le mp3, ce trouble-fête

Encore lui. Ce format ne s’est pas contenté de bousculer l’industrie du disque. Il a également, par son usage, bouleversé les usages que les mélomanes pouvaient avoir jusqu’alors : écoute musicale par albums entiers, dépendance à un lecteur lié à un format (CD, vinyle...), adaptabilité réduite... La première révolution, celle de la musique portative, restait tout aussi dépendante des différents formats commercialisés : le célèbre Walkman a emporté la cassette audio dans les poches de blousons des ados de l’époque, puis le lecteur portatif de CDs a pris le relais. Le rôle du mp3 ? Il a tout aplati, tout simplifié. Un format, et donc un type d’appareil, trivialement nommé “lecteur mp3”, simplement décliné selon les marques sur le marché.

Le tout premier iPod, sorti en 2001.

Le grand gagnant de cette nouvelle bataille commerciale ? Apple, la firme à la pomme menée de main de maître par son ancien gourou, feu Steve Jobs. À cette époque, les fameux “Macs” au passé glorieux ne représentaient qu’un infime pourcentage des ventes d’ordinateurs. Le salut financier de la marque viendra de l’iPod, qui introduira plus tard une plateforme de lecture et d’achat de musique nommée iTunes, aujourd’hui leader du marché. Plus généralement, les iDevices se sont imposés comme la gamme d’appareils mobiles la plus plébiscitée pour transporter sa bibliothèque musicale. Et si le règle de l’iPod semble révolu, c’est simplement pour mieux laisser la place à l’incontournable iPhone.

 

Le lecteur devient format

Cette transformation des usages a modifié en profondeur la fameuse chaîne de diffusion sonore telle qu’on la concevait jusqu’alors. Plus d’albums ou de singles sous des formats particuliers, c’est maintenant le contenant, et donc le lecteur, qui devient le standard auquel il faut s’adapter. Les lecteurs mp3, et leurs successeurs, les téléphones intelligents, ont d’abord pris la place des baladeurs musicaux. Ce glissement des usages a donc induit un changement majeur : notre collection d’oeuvres de l’esprit ne se trouve plus dans notre salon sur une étagère gigantesque, mais constamment près de nous !

Les marques productrices de matériel de diffusion sonore domestique (de chaînes hi-hi, pour faire simple), qui ont senti le vent venir, ont compris. Et se sont adaptées. Sur le principe “accueillons la musique telle qu’elle s’utilise pour l’amplifier dans un espace conscrit (salon, appartement)”, elles se sont mises à proposer des chaînes proposant des prises Jack permettant de brancher n’importe quel appareil, puis ont amené le concept de “station d’accueil”, qui permet directement de brancher l’appareil utilisé à un “dock”, et d’en utiliser les fonctions avancées comme s’il s’agissait d’une chaîne hi-fi “ancienne génération”, grâce à une télécommande.

 

Un exemple de dock, signé Philips.

 

L’apogée du design

Il suffit de se rendre aujourd’hui dans n’importe quel magasin proposant ce genre de produits pour constater que la places des appareils proposant des lecteurs CD a fondu, a profit d’une armada d’appareils fuselés, élégants, sobres, ne contenant que très peu de boutons, mais permettant de poser délicatement un iPhone dessus, comme si l’appareil était le centre de tout. Et c’est le cas : ces stations d’accueil ne sont au final que des relais, tout le système de navigation dépendant entièrement des lecteurs associés. Philips, qui a proposé très rapidement des appareils ovoïdes à l’esthétique originale, a brisé la glace. Aujourd’hui, on voit même apparaître de nouvelles marques qui, si elles ne peuvent pas se targuer d’une grande expérience dans la fabrication de dispositifs sonores, apportent une nouvelle dynamique à cette industrie en terme de design... et de prix.

 

l’iPhone en maître, le Bluetooth en force

Le principal problème auquel se heurtent les constructeurs est celui de la multiplicité des lecteurs, et donc des types de connexions à proposer pour rendre le dispositif “synchrone”. C’est pourquoi la majorité des docks, a début de cette ère, était dédiée à l’iPhone, alors extrêmement majoritaire sur le marché. L’avènement des smartphones utilisant Android a changé la donne, mais pas le problème de fond : selon les modèles et les connectiques, il est difficile de créer un design à la fois efficace et adaptable. C’est donc là que le Bluetooth entre en jeu. Cette technologie sans fil permet de connecter différents appareils selon un protocole permettant de transférer du son en direct, mais aussi des informations de lecture (volume, play/pause)... ce qui rend toute prise obsolète. Et remet sur le tapis la question de la portabilité.

 

Lowdi, jeune marque franco-néerlandaise, vient de sortir son enceinte Bluetooth portative. D’une puissance de 3 watts, elle peut monter jusqu’à 80 décibels, ce qui s’avère largement suffisant pour sonoriser n’importe quelle pièce d’un appartement. Son design très “Ampli Marshall” et sa solidité poussent naturellement l’utilisateur à bouger cette petite boîte sonore où bon lui semble... La Jambox de Jawbone reprend d’ailleurs le même principe.

Dans un style plus “statique” mais au design encore plus fort, Seletti a pensé à reprendre d’une manière encore plus fidèle le look d’un ampli de guitare... pour en faire une station d‘accueil pour iPhone. Un design plus fort... mais aussi plus cher, le prix dépassant les 400€.

Ryan Boase, un mélomane fan de design, a poussé le vice jusqu’à créer des séries limitées de docks qui reprennent le style d’un phonogramme ! Preuve que le concept technique de station d’accueil peut même flirter avec celui de pièce de collection.

Les exemples sont nombreux, tant dans les marques déjà connues dans le monde du son que chez les créateurs proposant des productions réduites au design raffiné. Le verdict de cette nouvelel tendance ? Oui, votre combiné radio-cassette-CD s’est trompé de siècle en s’incrustant dans votre cuisine !

(photo de une : Lowdi)