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Google invité à retirer 10 millions de liens de téléchargement illicites

Google invité à retirer 10 millions de liens de téléchargement illicites

Internet est un paradis pour passionnés avides de découvrir des nouveautés musicales. Mais c'est aussi un enfer du point de vue des majors, qui n'en finissent plus de voir leurs revenus baisser.

Aussi loin que remonte Napster, pionnier dans le domaine du partage de musique en ligne, et son altercation avec Metallica, il y a toujours eu une lutte souterraine entre les ayants-droit et les libertaires du son. Douze ans plus tard, Hadopi s'est avérée inutile et les systèmes de partage en ligne sont plus que jamais tentaculaires. On aurait même pu penser que la progression naturelle des solutions payantes (Deezer, Spotify, iTunes Store) rassurent les maisons de disques vis à vis des usages induits par Internet, d'autant plus que plusieurs études récentes montrent qu'un "pirate" dépense au final plus d'argent en albums et en concerts que quelqu'un qui ne pirate pas du tout. Mais c'est bien mal les connaître.

L'attaque vient aujourd'hui de Sony Music Entertainment, Universal Music Group et Warner Music Group, représentés par la RIAA (l'Association Américaine de l'Industrie Musicale) qui, à défaut de s'attaquer aux sources du piratage, s'en prennent à celui qui les référence, Google. Ce sont donc pas moins de 10 millions d'adresses que le géant américain est prié de retirer de sa base de données, soit des milliards de lignes de codes à modifier. Un travail fastidieux pour un résultat forcement partiel vu que le contenu illicite resterait sur la toile... L’intérêt est en fait d'inciter Google à modifier en profondeur son travail de référencement quand il s'agit de contenu qui n'est pas soumis au droit d'auteur. Une partie de poker menteur s'engage donc outre-Atlantique, sans que cela ne change quoi que se soit aux habitudes des fans. Un coup d'épée dans l'eau ? Digital Music News pense en tout cas que cette tentative de passage en force de la part de la RIAA risque bien d'aboutir, et qu'elle permettra de mettre des bâtons dans les roues de certaines solutions plus confidentielles comme Grooveshark. Mais il faut bien préciser que Google, tant qu'il ne reçoit pas 10 millions de notifications écrites les sommant de retirer les liens correspondants, n'a aucune obligation d'obéir.

Pendant ce temps, Kim Dotcom, roi défunt de MegaUpload, s'apprête à lancer une nouvelle une nouvelle plate-forme de distribution et de financement musical s'affranchissant des maisons de disques. Simultanément, de plus en plus d'artistes font produire leurs disques par des tourneurs comme Live Nation ou des sites de crowdfunding comme My Major Company, Kickstarter ou Ulule. Les majors prendront-elles le train du "tout gratuit" numérique en marche avant le grand naufrage de l'industrie musicale classique ? La suite au prochain épisode.