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Kavinsky : son album Outrun en "track-by-track"

Kavinsky : son album Outrun en "track-by-track"

Le producteur de "Nightcall", dont on attend le premier album depuis de nombreux mois, vient enfin de le dévoiler au monde. Voici nos impressions.

Green Room Session avait rendez-vous il y a quelques semaines chez un concessionnaire Ferrari pour écouter en avant-première le premier album de Kavinsky. Le producteur français, devenu célèbre grâce à "Nightcall", la chanson phare du film Drive, sort son très attendu premier album aujourd'hui. On vous laisse vous installer pour une conduite accompagnée en Ferrari option sièges en cuir, avec Kavinsky au volant, et ce fameux Outrun dans l'auto-radio.

"Prelude" : En voiture ! On débute le voyage avec une introduction qui annonce la couleur. Chorale de synthés, chœurs virginaux, basses distordues, la messe sonore n'est pas loin. Ça roule vite et bien.

"Blizzard" : Quand on grimpe une côte avec Kavinsky, c'est pour mieux apprécier la descente. Le français prend son temps pour nous faire rouler, et danser, à la vitesse qu'il veut. Un des meilleurs morceaux de l'album.

"Protovision" : Premier single de Outrun, "Protovision" a une vibe très 80's avec un synthé qui louche vers la guitare électrique rock. Un morceau dense et agréable, mais pas indispensable.

"Odd Look" : Les voix vont bien à Kavinsky. Odd Look a une saveur soul, mâtinée des beats étouffés. Le vocal auto-tuné de cette chanson nous rappelle furieusement le morceau "Embody" de SebastiAn... qui produit logiquement le morceau.

"Rampage" : La surprise de l'album. Kavinsky n'a peur de rien et retravaille à merveille un des thèmes sonores de la série Dragon Ball Z ! Il propose une ambiance menaçante, entre la filature musicale et l'espionnage cinématographique. Et forcément, ça tape dans le mille.

"Suburbia" : Kavinsky s'essaye à la production hip-hop avec "Suburbia", qui accueille Havoc de Mobb Deep au micro. Un mélange des genres pas désagréable, qui ouvre certains horizons aux producteur, qu'on aimerait voir plus souvent en travailler avec des featurings comme celui-ci.

"Testarossa Autodrive" : Pas de mésentente, c'est l'un des meilleurs morceaux de Kavinsky. Problème : il a six ans au compteur. Sortie de route.

"Nightcall" : La chanson-étalon pour Kavinsky, qui grâce à elle, a gagné une audience mondiale, chanson sur laquelle on a tout dit mais qu'on écoutera encore dans 10 ans. Toujours imparable.

"Dead Cruiser" : À ce moment précis, on prend l'autoroute et le rythme accélère. Kavinsky donne dans l'exercice de style avec ce très bon morceau qui conviendra aux sportifs en entraînement intensif.

"Grand Canyon" : Baisse de régime. Morceau un peu facile, on aurait apprécié un twist pour la rendre vraiment intéressante. Du Kavinsky dans le texte (le morceau original, dont celui-ci est une réinterprétation, date d'ailleurs de plusieurs années), mais qui reste sagement sur sa file.

"First Blood" : A la manière de "Suburbia", c'est cette fois une production pour voix R'n'B/soul que Kavinsky élabore. Et le français a le chic pour utiliser intelligemment les vocaux, ce qui rend ce type de morceaux réellement originaux. On en veut encore.

"Road Games" : Kavinsky n'est jamais aussi bon que quand il prend son temps. "Road Games", l'un de ses anciens morceaux, en est l'exemple parfait, et pour le coup, un des meilleurs morceaux de l'album avec une mélodie qui reste en tête et une approche minimaliste qui colle.

"Endless" : Fin de parcours, fin d'album, on achève l'opus sur une touche lente. Morceau miroir de la piste d'ouverture, Kavinsky achève sa narration. On finit avec les mimiques habituelles du producteur français : des synthés empilés et une basse puissante.

Dans l'ensemble, Outrun plaira aux fans de Kavinsky. On aurait aimé qu'il poursuive la voie de "Nightcall", il a préféré celle de "Testarossa Autodrive". Chacun son public, mais en tout cas, le français sait faire plaisir à qui veut bien l'entendre. Des extraits de Outrun sont en écoute ci-dessous, n'hésitez pas à nous donner votre avis sur la question !