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Phoenix : Qui peut les stopper ?

Phoenix : Qui peut les stopper ?

Après un disque d’or, un grammy, et quelques 300000 ventes aux USA, on s’en doutait, les Français de Phoenix n’avaient pas encore dit leur dernier mot. Ils reviennent avec un nouvel album en avril 2013 

 

Ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux

Il y a bien longtemps que Phoenix n’est plus un groupe français. Ils sortent à nouveau sur le label américain Glassnote, et c’est Daniel Glass, patron du label, qui annonçait la nouvelle à une conférence de presse Spotify la semaine dernière à New York. Phoenix est donc devenu un groupe ricain. En 2010, ils étaient le premier groupe de froggies à jouer au Madison Square Garden. Avec leur dernier album, "Wolfgang Amadeus Phoenix", ils deviennent les deuxièmes meilleurs importateurs de disques aux USA juste derrière Monsieur Guetta et raflent les louanges de tout le monde sans exception : ta mamie, ta petite sœur, les publicitaires du monde entier qui utilisent leur musique dans des spots Air France, Apple ou Renault.

Il semblerait que désormais pour Phoenix, l’échec soit tout bonnement devenu impossible. Et pourtant, en France, Phoenix pose problème. Ce n’est pas vraiment de leur faute, ou parce qu’ils vendent aux Etats-Unis, mais la pop populaire n’a jamais été vue d’un bon œil par ici en France, où il ne peut exister que deux succès : celui des masses, ou celui de la critique pisse-froide. Pas de demie-gloire, entre les deux, c’est la zone interdite, comme dirait Bernard de la Villardière. Le hic, c’est que Phoenix justement se pose là, entre une presse frileuse qui boude ses disques et un public qui n’applaudit que d’une seule main. La France, pour Phoenix, c’était la cage. Aux Etats-Unis, ou en Angleterre, personne n’a honte d’aimer de la musique plus commercialisée, Phoenix a son public. En France, sitôt que les Phoenix ont vendu des disques, ils se sont interdits le statut de « vrais » artistes. Ils ont été aimé ou détesté. Et pour cause, c’est vrai que Phoenix énerve.

 

On ne change rien et on recommence

Ils énervent parce qu’avec leurs pop songs mnémotechniques, ils arrivent encore à rassembler la jeunesse du Grand Journal (de 15 à 75 ans) autour de disques simples, pas méchants, que les parents et les enfants peuvent écouter ensemble. Ils agacent, ces petits Versaillais, avec leur réseau mafieux de potes du 78, Air, Daft Punk, Tellier, toute cette clique qui a fait la fierté des productions françaises et dont on n’attend ici plus vraiment de miracles. Le pire étant que ces quatre garçons dans le vent n’ont jamais eu à retourner leur cardigan. Phoenix n’est pas allé draguer des fans en rajoutant des basses, de l’autotune, ou que sais-je. Phoenix a toujours gardé le même style de mélodies pop, faisant des tubes naturels et jouables en live. Le même son, bien produit, la même formule à chaque album. Parce qu’on ne change pas une équipe qui a la gagne.

Encore une fois, ils font produire au grand manitou Philippe Zdar. Zdar aussi est un personnage intéressant. Si Versailles est une écurie artistique, Philippe Zdar en est le palefrenier. Versaillais lui aussi, producteur pour Tellier, Housse de Racket, ou les irlandais de Two Door Cinema Club, Philippe Zdar, rescapé de la French Touch de la fin des nineties semblerait avoir un don. Quand il compose dans son duo, Cassius, il produit une électro nu-disco post-banging (terme inventé pour l’occasion) un peu convenue. Derrière les manettes en revanche, c’est un magicien, capable de gonfler le son de morceaux pop, de les pousser à la limite de l’électro, de tout maximiser. En pop, l’un des producteurs les plus marquants de ce début de décennie.

 

Il aura donc fallu treize ans de carrière à Thomas Mars, Alexis Bisson (basse), Laurent Brancowitz et Christian Mazzalai (guitares) pour être plus populaire dans les résultats de recherche Google que la ville de Phoenix, Arizona. Ils reviennent au printemps avec un disque enregistré à Paris, qui pourrait s’appeler "TPC" à en croire l’artwork un peu brouillon mis en ligne sur leur blog. Quel accueil recevra ce nouveau disque en France ? Un des membres du groupe annonçait dernièrement : « Il semble très difficile de faire mieux que "Wolfgang Amadeus Phoenix", mais cela pourrait être révolutionnaire. » Énervants vous dites ?

http://www.wearephoenix.com/