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Arcade Fire : 4 scénarios pour leur année 2013

Arcade Fire : 4 scénarios pour leur année 2013

Le plus gros groupe indé des années 2000 semble se tapir dans l’ombre, pour mieux se dévoiler en 2013 avec un nouvel album. Doit-on s’en réjouir ? Tout dépend du chemin qu’ils choisissent.

Après de longs mois de silence, forcément propices aux spéculations les plus folles, il semblerait que la bête se réveille. Arcade Fire, qui avait explosé à la face du monde avec un magnifique premier album, Funeral, en 2004, est devenu un monstre, capable de faire ce qu’il veut, et potentiellement capable du meilleur comme du pire. D’ailleurs, le tournant pop que semble avoir pris le groupe ces derniers temps aura pu faire peur aux fans de la première heure, qui leur imaginaient déjà un destin à la Radiohead. En se basant sur ce qu’on sait, on peut raisonnablement attendre un nouvel opus en 2013... ou pas ? En recoupant les informations déjà connues et en faisant preuve de notre fantastique esprit de déduction, nous avons élaboré un panel d’options pour le futur d’Arcade Fire. Si jamais ils ont besoin de conseils, il savent à quelle porte frapper.

 

L’année où Arcade Fire sombre dans l’électro-pop

Il suffit de jeter une oreille aux trois albums d’Arcade Fire déjà réalisés (Funeral en 2004, Neon Bible en 2006 et The Suburbs en 2010) pour se rendre compte de l’évolution “popisante” de la troupe de Win Butler. Pas de quoi leur en vouloir, bien évidemment ! Les Montréalais ont toujours été excellents, même si le niveau d’innovation a clairement baissé dans leur façon de composer de la musique pendant toutes ces années. De la à imaginer un album qui vire dans le mainstream, il n’y a qu’un pas... Que sait-on de ce potentiel nouvel opus ? Déjà, qu’il est produit en partie par James Murphy, ancien taulier de LCD Soundsystem et producteur d’un paquet de trucs qui font remuer du popotin. Ensuite, et bien qu’aucun enregistrement sonore ne puisse étayer ces supputations, les retours des fans ayant pu assister à ce fameux show du groupe, donné sous le faux nom des "Identiks" dans le plus grand secret à Montréal le 3 décembre dernier, sont formels : c’est percussif, ça groove et c’est accrocheur. Une fin déceptive, on vous l’accorde, mais Régine Chassagne et ses amis sont devenus, la faute à leur immense notoriété, des machines de live... et pourquoi pas, des mégalos aux envies de synthés mielleux.

 

L’année où Arcade Fire n’a plus rien à dire

Si on tente de réutiliser nos maigres talents de mathématiciens en herbe, on peut s’amuser à tracer une courbe symbolisant la créativité d’Arcade Fire à travers le temps. Indéniablement, on obtiendrait une jolie courbe descendante, The Suburbs n’ayant pas apporté grand chose au débat, même s’il a assis le groupe encore un peu plus profondément dans son fauteuil de baron indé. Trois albums, trois points, qui permettent aisément de continuer la courbe et d’émettre une projection pour le prochain disque. Le résultat, fatalement, n’est pas à la hauteur des espérances de qui que ce soit. Arcade Fire serait-il le Muse canadien ?

 

L’année où Arcade Fire sort son Kid A personnel

Considérons la carrière d’Arcade Fire d’un point de vue chronologique. Leur dernier album, The Suburbs, pourrait être comparé à OK Computer, le légendaire troisième disque de Radiohead. Qui était blindé de chansons ambitieuses mais néanmoins accessibles. Puis les Oxfordiens ont changé, du tout au tout. Par réaction épidermique et par découverte d’un monde nouveau, lié à une époque. On doute que cela fasse le même effet à Arcade Fire, mais cette similitude concernant leurs carrières respectives pourrait nous laisser imaginer un nouvel album qui déconstruit totalement tous les paradigmes des amateurs du groupe. Un album qui nous ferait le même effet que Kid A lorsqu’il est sorti. Un point précis peut potentiellement rendre cette hypothèse caduque : ce morceau inédit, joué en octobre, ressemble moyennement à "Idiotheque".

 

L’année où Arcade Fire ne fait rien du tout

Et pourquoi pas ? Vous vous souvenez de l’adage “il ne faut pas vendre la peau de l’ours...”, tout ça ? Il est temps de repenser à ce qui fait le ciment du groupe canadien : un couple, celui formé par Win Butler et Régine Chassagne, qui dirigent les opérations. Avant même que Funeral ne sorte, Arcade Fire n’était qu’un duo de tourtereaux. Qui sont mariés, certes, mais la moindre dégradation de leur relation met en péril tout l’édifice. Ensuite, Arcade Fire compte sept personnes, autant d’égos, et de visions potentiellement contradictoires de la trajectoire musicale du groupe. Bon, après huit ans ensemble, on peut imaginer que la formule de la survie est toute trouvée. Et Scott Rodger, leur manager, a annoncé qu’une trentaine de chansons étaient écrites. Il reste l’éventuelle prise de bec avec les producteurs, la prise de conscience “en fait, on se trompe de chemin donc on refait tout”... Options également assez peu probables. La seule vraie raison qui pourrait définitivement nous faire oublier le principe d’un retour en 2013... serait un retour en 2014, pour cause de perfectionnisme. En espérant qu’ils aient le bon goût d’éviter, parce que c'est fatiguant de s'impatienter.