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LA BI-POP : Naissance d'une musique d'un troisième genre

LA BI-POP : Naissance d'une musique d'un troisième genre

Bisexuelle ou simplement androgyne, une tendance d'un nouveau genre vient rhabiller la pop. Alors qu'en Suède un nouveau mot «hen» vient d'entrer dans le dictionnaire pour mettre fin aux différentiations hommes-femmes, d'autres s'occupent musicalement de faire leur révolution sexuelle en puisant dans les bonnes idées du glam rock, avec bien entendu Ziggy Stardust pour modèle.

On ne peut le localiser ni s’imaginer comment il occupe ses journées, mais on sait qu’il est toujours en vie grâce à quelques clichés publiés cette semaine dans la presse people. Lui, c’est Bowie, dont les problèmes de santé et la discrétion inquiètent ses fans. Tandis que Londres lui prépare déjà une exposition rétrospective au Victoria & Albert Museum, chaque journal possède une nécrologie prête à partir à l’imprimerie le jour ou Ashes To Ashes sera funestement la chanson qui inondera les ondes... Mais plutôt que de vouloir déjà enterrer Bowie, d’autres se chargent de donner une nouvelle vie à Ziggy Stardust, un personnage bien plus haut en couleurs que Ian Curtis, chanteur suicidé de Joy Division, dont le revival va bien devoir prendre fin un jour.

Quarante ans après la sortie de “The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars” l’artiste caméléon est plus que jamais une source d’inspiration. Les créateurs de mode ont le mot androgyne cousu à la bouche si on se fie à la jupe pour hommes, et la femme cache désormais ses formes dans des manteaux oversize, le tout bariolé, pailleté, surélevé sur des plateformes.

La musique n’échappe pas non plus à ces transformations qui gomment les frontières entre les genres.

Et c’est au Canada que l’on trouve les plus beaux exemples de groupes qu'on peut se risquer à décrire comme androgynes. D’ailleurs, c'est à l’Acadie qu’on doit “C.R.A.Z.Y” du réalisateur Jean-Marc Vallée sorti en 2005, l’un des derniers films en hommage au glam rock, portrait d'un jeune homme en crise d’identité sexuelle qui se retrouve dans les mutations de Bowie.

 

Un autre personnage apparu plus récemment baptisé Diamond Rings a forcément reçu lui aussi cette influence de plein fouet (Diamond Dogs, l'album de Bowie est clairement une référence). Et même si le résultat de son look le fait ressembler à une version mâle de Lady Gaga, ce poisson clown (une espèce hermaphrodite) se met en scène avec grandiloquence en assumant son identité sexuelle flouée, clamant sa nouvelle confiance en lui et en son corps dans ses paroles.

 

Le formidable Jef Barbara annonce lui aussi la couleur dès son nom : cet artiste est transgenre autant musicalement que sexuellement. Coup de cœur du label Tricatel, il revisite subtilement le glam en français, avec une pointe de kitsch mais aussi assez de sincérité pour nous toucher. L’électronique aussi sait brouiller les pistes : pour la nouvelle scène lo-fi canadienne incarnée par Grimes et&color=00aabb&auto_play=false&hide_related=false&show_comments=true&show_user=true&show_reposts=false"> Doldrums, il n’est même plus question de deviner s’il s’agit d’une voix masculine ou féminine, mais plutôt de celle d’un alien ou d'un elfe. Les garde-robe, maquillages et coiffures sont pareillement inclassables.


 

Mais la palette pour se peinturlurer le visage ne suffit pas pour être les petits-enfants soniques de David Bowie ou de Marc Bolan. Le jeune duo londonien Night&color=00aabb&auto_play=false&hide_related=false&show_comments=true&show_user=true&show_reposts=false"> Engine nous prouve même qu'on peut s'en passer. Ces nostalgiques de l’ère Let’s Dance, qu'ils n'ont même pas vécue en 1983, gardent leurs habits austères mais s'imprègnent d’une esthétique glam rock dans leur musique qui fait briller les yeux sans sortir les paillettes.