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5 ans de Tsugi, 5 couvertures cultes !

5 ans de Tsugi, 5 couvertures cultes !

Le magazine référent des musiques indépendantes s’apprête à souffler les bougies d'un beau gâteau, qu’il mérite de savourer au vu du chemin parcouru. À quelques jours d’une boum d’anniversaire épique au Trabendo, l’équipe nous ouvre ses archives.

“Musiques et cultures électroniques”. Quiconque possède les premiers numéro du magazine Tsugi se rappelle évidemment de cette “baseline” qui, si elle a guidé ses premiers pas, semble totalement dépassée aujourd’hui. Ceux qui investissent tous les mois chez le kiosquier trouvent aujourd’hui un magazine ouvert sur toutes les musiques indépendantes, qu’elles lorgnent vers la pop, le rock, le hip-hop, et bien entendu la musique électronique, qui n’a jamais eu autant de présence dans le spectre musical qu’aujourd’hui. L’équipe sait d’où elle vient (beaucoup de rédacteurs ont un passif dans l’activisme journalistique, défendant corps et âme une vision ambitieuse de la musique indé depuis leurs débuts dans le métier), et où elle va. Vers le futur, donc, qui se présente comme un défi. Les quatorze entités musicales présente sur la couverture du numéro 56, qui fête les cinq ans de l’aventure, partagent le même enthousiasme, et le même goût du risque. En couverture du numéro 1, il y avait The Hacker et Miss Kittin, figures incontournables de l’électro rhônalpine et hexagonale. Entre ces deux extrémités d’un segment qui ne cesse de s’agrandir, il y a eu un paquet d’histoires racontées. En voici cinq, narrées par trois membres de la rédaction du magazine, Patrice Bardot, Alexis Bernier et François Blanc.

 

Tsugi n°2 : Daft Punk & Justice

"À ce stade de l’aventure, nous nous disions que pour rendre ce magazine pérenne, il nous faut d’abord nous imposer en kiosques via des couvertures qui marquent les esprits. Ce deuxième numéro, au final, est celui dont tout le monde se rappelle quand on évoque les débuts du magazine. Notre force, à ce moment là, c’est notre réseau, que nous avons développé dans nos activités antérieures de journalistes. Chacun de nous défendait déjà Justice depuis quelques temps, et chacun sait ce que représente Daft Punk aux yeux du monde, nous avions envie de mettre en scène une potentielle filiation. Même si, au final, il n’est pas si sûr que Daft Punk revendique une quelconque paternité vis à vis de la génération Justice... Quand on y repense, organiser cette rencontre a été plus facile qu’on ne l’imagine, les deux groupes étant disponibles au même moment. Pour ce qui est de l’interview en elle-même, on a eu le droit à deux pannes de dictaphone, et on a fini à la vieille école, avec une feuille et un crayon ! Quant à la photo, il est possible que notre envie de faire quelque chose de trop conceptuel ait rendu le résultat trop difficile à comprendre du premier coup, on aurait peut-être pu faire plus simple. Par ailleurs, ce numéro est devenu tellement collector que même parmi nous, certains gardent jalousement leur exemplaire."

Bande-son de bouclage : Burial - “Etched Headplate”

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Tsugi n°11 : Late Of The Pier

"De toutes nos couvertures, c’est probablement celle avec le seul groupe qui ait potentiellement disparu des radars aujourd’hui, et c’est pour ça que nous l’avons choisie dans cette short-list. Late Of The Pier était quasi-inconnu à ce moment-là, ces jeunes Anglais commençaient tout juste à percer. C’était donc un pari. Et au final, il est réussi car leur album est l’un des meilleurs de cette fin de décennie dans sa catégorie. Il est riche, ambitieux, pas si facile d’accès que ça, et néanmoins empreint d’énergie comme seuls des jeunes comme eux savent en produire. Nous avons donc pris un risque en les plaçant en couverture, mais nous savions qu’ils le méritaient et que, arrivés à nos cinq ans, nous n’aurions rien à regretter. Nous avons pris le même type de direction par la suite en plaçant Ebony Bones ou Danton Eeprom. Et finalement, au sein de la rédac' comme de notre entourage, ce numéro est celui où notre émancipation d'un passé purement électro prend réellement son envol, après un numéro consacré à MGMT, ou au label Modular, qui avaient déjà sérieusement préparé le terrain de l'évolution. Après ça, Tsugi commence vraiment à ressembler à l'idée qu'on s'en faisait au lancement, un magazine de toutes les musiques actuelles et ambitieuses."

Bande-son de bouclage : The Cool Kids - “88”

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Tsugi n°30 : LCD Soundsystem

"James Murphy est probablement l’homme qui a eu le plus d’influence sur la musique indépendante des années 2000. Il réussit totalement la fusion entre l'univers rock et celui de l'électro, et de la musique du corps en général. On adore son travail avec LCD Soundsystem, on aime profondément son label DFA, que nous avons également mis en couverture... Bref, sans nous il ne serait rien (rires) ! Il nous a en tout cas fait une grande faveur en acceptant de s'occuper du CD qui accompagne ce numéro de Tsugi, c'est l'une des compilations dont nous sommes le plus fiers. On pourrait presque dire, depuis le temps qu'on le suit et qu'on le défend, qu'il y a une histoire commune entre nous, et malgré le fait qu'il soit devenu moins accessible ces derniers temps du fait de son emploi du temps, il reste quelqu'un d'extrêmement généreux, en plus d'être doué. On peut dire, d'une certaine façon, qu'il colle très exactement à l'image que l'on se fait de ce magazine, que l'on développe à ce moment là de manière de plus en plus ouverte."

Bande-son de bouclage : Future Islands - “Walking Through That Door”

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Tsugi n°38 : DJ Mehdi / Busy P / Djedjotronic

"Cette couverture résonne de manière assez étrange à nos oreilles, et elle nous remue un peu. Comme chacun sait, DJ Mehdi nous a malheureusement quittés à la suite d’un accident en septembre 2011, il y a à peine plus d’un an. Et lorsque l’on revoit cette photo, nous avons toujours du mal à nous imaginer ce qui est arrivé tant les souvenirs de cette session photo sont prégnants. On le voit porter son fils sur son dos, il y a également certains de nos enfants en photo sur la couverture et à l’intérieur du magazine, il y a eu très peu de couvertures de magazines musicaux présentant des enfants. Cette rencontre entre trois des artistes présents sur la compilation “Let The Children Techno”, chapeautée d’ailleurs par deux d’entre eux, était pour nous évidente, car elle symbolisait l’ouverture d’esprit d’un label que nous avons toujours soutenu, et qui a trop longtemps été étiqueté “turbine”, le plus souvent à tort. Alors qu’on croise du dubstep et du Flying Lotus sur la tracklist ! On trouvait que ça nous ressemblait bien, et que ce disque était un condensé de la jeunesse d’aujourd’hui. Au final, nous sommes toujours extrêmement peinés de penser à la disparition de quelqu’un qui était au sommet de son art, et qui était également l’homme le plus gentil du monde. Mais c’est cette image que l’on garde de lui."

Bande-son de bouclage : Cassius - I Love You so (Skream Remix)

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Tsugi n°45 : Labels indépendants

"Pour nos quatre ans, nous avons eu envie de montrer des visages de gens que l’on voit rarement, mais qui tiennent une place cruciale dans la vivacité de la scène indépendante actuelle. Ce sont des personnes qui, comme nous, bossent en faisant beaucoup de sacrifices, avec la satisfaction de faire un boulot de passionnés comme rémunération principale. Leur rôle est essentiel : ils sont là pour dénicher des artistes novateurs, qui feront a priori partie du paysage musical dans les années à venir. Et si jamais ce n’est pas le cas, il en restera toujours des albums souvent splendides et qui méritent d’être défendus, donc la démarche n’est pas vaine quoi qu’il en soit, bien au contraire. On a donc décidé de réunir plein de labels que l’on considère comme essentiels, et de faire une grande photo de classe dans l’auditorium de la Gaîté Lyrique à Paris. Nous avons d’ailleurs décidé de réutiliser ce concept pour notre seconde couverture dépliable, celle de nos cinq ans, avec une sélection de groupes qui, selon nous, prendront place dans la galaxie de la musique indépendante made in France. Ce numéro 45 s’inscrivait dans une démarche encore plus large, d’ailleurs : nous avions décidé de pousser notre idée sur le terrain événementiel en créant un festival nommé Tsugi Federation (le nom n’a pas été choisi au hasard), dans plusieurs salles qui maintiennent la nuit parisienne au niveau à laquelle elle se situe aujourd’hui, dans toute sa diversité. “Tous ensemble”, c’était vraiment le credo qui nous animait tous à ce moment là, et qui est toujours présent dans nos têtes."

Bande-son de bouclage : Surkin - “Ultra Light”

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Tsugi 56, en kiosques samedi 6 octobre

Tsugi Superclub / 5 ans, jeudi 11 octobre au Trabendo (places à gagner ici)