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Hello Hipsters : Notre top 10 made in France

Hello Hipsters : Notre top 10 made in France

Le site du tabloïd américain L.A. Weekly a récemment répertorié dans un top subjectif et ô combien polémique sa liste des « pires hipsters de tous les temps », dans lequel se sont certainement glissés – bien malgré eux - certains de vos chouchous du moment. Parce que la France n’est plus à la traine sur l’équation chemise à carreaux + barbe de trois semaines + pop synthétique = top coolos, Green Room Session se laisse aller à sa version francophone du phénomène hipster. Comme dans tous les mariages, c’est pour le meilleur et pour le pire. A vous de trancher ! 

Avouons le, on a tous bien rigolé en lisant la satyre anti-branchés du L.A. Weekly – traduite en Français par Libération, pas tant pour la justesse des choix du journal que pour la mauvaise foi assumée qui se dégageait du billet. Des exemples ? Les gendres idéaux de Grizzly Bear, classé en cinquième position : « On n’a jamais réussi à écouter un album de Grizzly Bear en entier ». Les popstars de MGMT, seizième : « Le duo américain s’est approprié les LOLcats, les synthés et l’indie-dance psychédélique pour faire de la pop crossover (…) MGMT n’a jamais eu une once d’humour, et a toujours été premier degré ». Le folkeux Bon Iver, premier du classement : « l’archétype du poseur qui ne veut pas se salir les mains, à moins que la saleté soit pittoresque ou photogénique ». Et ça continue comme ça pour une vingtaine de martyrs de la pop triés sur le volet, ou plutôt mitraillés sur la place publique.
Alors que le terme « hipster » n’a jamais été aussi galvaudé – comment encore faire la différence entre le mainstream et l’indie ? - et usé jusqu’à la corde par la presse depuis au moins trois générations – bobo, parisien, ché’bran, etc - il était temps de rendre hommage à nos vedettes locales avec un jeu des dix familles à la fois subjectif et bon enfant. Parce que le syndrome hipster est un shaker sans fond où se mélangent des ingrédients comme la hype éphémère, le vrai talent, l’attitude décalée et un soupçon de chance tombée du ciel, voici venu le temps d’un redressement productif au pays du bien produire français.

 

10. Mustang, les branchés gominés

Avec leur look de fils spirituels d'Elvis Presley, les rockeurs de Mustang ont tout du groupe bien dans ses bottes et cool dans ses chansons. La gomina et la gouaille du chanteur Jean Felzine ne gâchent rien à l'affaire - et puis ça nous change des barbes taillées à la tondeuse comme on les voit à Berlin, on tient là l'une des grandes promesses du rock français. Après la sortie voilà quelques mois de leur deuxième album - voir notre session acoustique, les voilà qui reviennent avec un EP de reprise - dont une cover du morceau La Forêt de Lescop, voir position 2 du classement.

Fonctionne aussi pour : Les seuls rescapés de la scène bébé rockeur, à savoir les Shades. Et puis aussi les BB Brunes. Nan, ça c'est une blague.

 

9. Soko, la hipster 2007 

Voici l’exemple parfait de l’artiste qui a visiblement raté le coche. Propulsée sur le devant de scène dès 2007 avec une sorte d’anti-folk héritée de Daniel Johnston (et surtout Cocoon) qui fait le buzz dans toute l’Europe du Nord, l’actrice-chanteuse Soko pète subitement les plombs et envoie tout valdinguer, y compris l’enregistrement de son premier album chez Because. Moralité : les fans se détournent d’elle, la presse aussi et le soufflet retombe aussi vite qu’il est monté. La publication de son très surprenant premier album l’année dernière n’y change rien : dans le monde impitoyable des hipsters, la loterie ne joue jamais deux fois le même numéro.

Fonctionne aussi pour : la majorité des comédiennes françaises qui s’essaient au chant, Mélanie Laurent en tête.

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8. Lou Doillon, l’actrice-chanteuse

Sans transition, c’est l’une des hipsters de la rentrée et pas de bol pour elle, le public français la connaît davantage pour ses rôles au cinéma et pour sa maman Jane Birkin. Récupérée par la presse féminine et encensée un peu partout un peu plus que de raison, la Lou paye le prix fort de la hype, en dépit d’un premier album (« Places ») pas si mauvais que ça et disons le, plus étonnant que vraiment médiocre. Devra tout de même faire attention à ne pas trop copier la folk américaine de Moriarty pour survivre au raz-de-marée médiatique.

Fonctionne aussi pour : les actrices-chanteuses, encore une fois (Ex : Charlotte Gainsbourg, sa demie-sœur) mais aussi pour Etienne Daho, le vieux beau icône des métrosexuels qui a d’ailleurs produit son album.

 

7. Etienne Jaumet, le geek

Depuis l’explosion de séries comme The Big Bang Theory ou The It Crowd, on sait que le monde est enfin prêt pour les nerds à lunettes cassées, tous fans d’ordinateurs, de synthétiseurs à programmer soi-même et de figurines X-Men entassées sur l’armoire dans la chambre. En France, c’est Etienne Jaumet qui remporte la palme du hipster geek. A la fois leader du groupe en vogue Zombie Zombie – dont le prochain album est une véritable tuerie, on en reparle vite ici même – mais aussi musicien en solo adulé en Angleterre – ses disques sont distribués chez Rough Trade et même chez TopShop – le geek à binoles peut également compter sur ses groupies pour relayer la sainte parole.

Fonctionne aussi pour : la clique des artistes de chez Pan European ou Versatile, tous fans de graphisme autant que de machines et de T-Shirt bien coupés.

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6. Beach House, le duo franco-américain

Quoi de mieux qu’une rencontre entre une jolie Française et un américain pour assurer le storytelling et conquérir le cœur des frenchies ? C’est en peu de mots l’histoire résumée de Beach House, un groupe qui fait le sold-out sur chacune de ses représentations et dont le dernier album  « Bloom » a bourré les rotatives presse, sans qu’on ait encore compris pourquoi. Mélange de folk intimiste et de shoegaze pour garçonnière, Beach House c’est un peu l’histoire rêvée de toutes les jeunes filles françaises rêvant de s’exiler à Venice Beach pour manger des glaces en faisant du roller avec un boyfriend ricain.

Fonctionne aussi pour : Sing Tank, duo composé par la fratrie Joséphine et Alexandre de la Baume. Si les deux sont Français, Joséphine cumule néanmoins les bons points hipsters : actrice, chanteuse, mannequin et compagne de Mark Ronson, Joséphine est la définition même de la fille branchée.

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5. Kavinsky, le Daft en Ferrari

Il aura suffit que l’artiste hologramme place un titre vieux de deux ans sur la BO de Drive pour que la planète hipster adoube le parisien. Les puristes – entendre les vrais branchés – l’avaient déjà remarqué dans son incroyable premier rôle dans le film Steak de Monsieur Oizo, brulot de non-sens à rapprocher des Monty Python, notamment grâce à quelques répliques cultes – « Shivers, mec ! », « le dernier arrivé est fan de Phil Collins ! ». Comme avec ses copains des Daft (Guy-Manuel a produit son EP « Nightcall » en 2010), on est sans nouvelles du Kav’ depuis longtemps, un nouvel album semble prévu pour début 2013 mais encore une fois comme avec le plus célèbre des groupes électros français, c’est par l’absence et la frustration que l’adepte des Testarossa s’illustre.

Fonctionne aussi pour : la scène électronique française, de Mr Oizo à Para One en passant par Château Marmont. Sont sortis de ce top hipster : SebastiAn (l’esthétique nazie de son dernier show a trop fait parler d’elle) et Tekki Latex.

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4. Orelsan, rappeur et sans reproches

Pour lui, tout a commencé sur un malentendu avec le titre Sale Pute, lui collant l’étiquette de mauvais garçon du rap français. Rajoutez à cela sa couleur de peau et ses origines bourgeoises et vous tenez là la brebis galeuse du milieu. Changement de décor avec son deuxième album « Le chant des sirènes », où Orelsan enfonce la porte du buzz à coups de poing avec le monumental morceau Suicide Social, un bras d’honneur au système en place où le rappeur dézingue tout, des fonctionnaires aux féministes. Son plus grand paradoxe : être devenu malgré lui une icône white trash du grand public, avec deux Victoires de la musique remportées cette année. Orelsan deviendrait-il une sorte de gendre idéal pour les mamans ?

Fonctionne aussi pour : les éminents rappeurs français que sont Joey Starr (gros retour de hype depuis qu’il est devenu acteur, plutôt paradoxal…), Seth Gueko (là c’est l’inverse, il sort progressivement du baromètre avec ses frasques extra-musicales) et surtout le collectif 1995

 

3. M83, l’exilé discal

A force de lire dans la presse qu’Anthony Gonzalez connaît davantage le succès à l’étranger que dans son propre pays, la presse française semble s’être enfin décidé sur son dernier album (« Hurry Up, We’re dreaming ») à vanter les mérites du plus branché de nos exilés, aux cotés de Phoenix. « Pas trop tôt » diront les fans, « un succès complètement surestimé » répondront les autres… on tient là l’essence même du hipster, capable de déclencher les foudres comme les déclarations d’amour. Et comme souvent, la réalité est pile poil au milieu.

Fonctionne aussi pour : la bande des artistes signés chez Grand Blanc, d’Anoraak à Jupiter, qui rencontrent tous deux le succès aux Etats-Unis, en Russie, alors même que personne ne les reconnaît dans les rues parisiennes.

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2. Lescop, le buzz de la rentrée

On vous en déjà parlé voilà quelques semaines, mais Lescop est certainement le vrai hipster de la rentrée. Pourquoi ? Parce que justement le chanteur s’inscrit dans la tendance du moment – le revival 80’s, la filiation avec Daho – tout en refusant de devenir un porte manteaux à tendance. Son premier album à paraître en octobre déclenchera certainement l’hystérie chez les trentenaires – ceux qui ont connu les années 80, justement – et l’indifférence chez les plus vieux. Pas grave, Matthieu fait son bonhomme de chemin sans se soucier des messes basses. Une qualité de base quand on veut, justement, s’affranchir de l’étiquette « chanteur du onzième arrondissement ».

Fonctionne aussi pour : toute la jeune scène new wave, d’Aline à La Femme en passant par Juveniles. Une fois n’est pas coutume, la hype est complètement méritée.

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1. Sébastien Tellier, le gourou barbant

Sorti voilà quelques mois, le dernier album du barbu est un flop commercial qui contraste avec le succès du précédent (« Sexuality », l’Eurovision, etc). La faute à qui ? Au principal intéressé, qui à force de matraquage marketing (les clips pastiches de la scientologie, les interviews polémiques comme chez Ruquier face à Pulvar) et d’envie de conquête du mainstream ont fini par ternir l’image de ce Tellier que la presse branchée soutenait jusque là, corps et âme. Moralité : quand on est un hipster, mieux vaut ne pas tourner le dos à son public, plus dure est la chute…

Fonctionne aussi pour : Katerine, un peu ridicule depuis qu’il a décidé de quitter le monde de la vraie chanson pour celui plus édulcoré du divertissement et des costumes de clown.

Sebastien Tellier

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