JE RECHERCHE
Bloc Party : « Four », le chiffre porte bonheur ?

Bloc Party : « Four », le chiffre porte bonheur ?

Pour ses dix ans, l’un des plus célèbres ambassadeurs du rock d’outre-Manche revient avec un quatrième album logiquement nommé « Four ». Que faut-il en attendre, en espérer ? Green Room Session met le bolide anglais au banc d’essai.  

Dix ans déjà. Mine de rien, on n’a pas vu le temps passer. Le groupe de Kele Orekeke non plus, visiblement. Avec quatre disques – « seulement », aurait-on envie de dire -  à leur actif, les anglais semblent avoir misé sur la longévité, davantage que sur la présence à outrance. Si leur dernier album en date (« Intimacy », 2008) tout comme leur discrétion pourrait faire penser à Radiohead, il faudra tout de même chercher des points communs avec TV on the Radio, Interpol ou Foals pour tenter de comprendre pourquoi Bloc Party, après tant de succès commerciaux, peine encore à rentrer dans la tête du grand public. De passage récemment à Rock en Seine et prochainement en tournée dans plusieurs villes françaises (avec PVT en première partie), Kele et ses ouailles semblent toujours aussi coincés entre le succès d’estime et le mainstream qui refuse de dire son nom.

« Four », le nouvel album sorti le 20 aout dernier, ne changera rien à cette grille de lecture. Complexe, tordu avec parfois des accents métal, l’album enregistré à New York dispose de quelques singles efficaces (Octopus, Day Four) qui enrobent plusieurs titres pas franchement faciles d’accès et jouant le grand écart entre rock dur en cuir, pop radiophonique et post-punk énervé. Après le carton du premier album « Silent Alarm », pas facile de rentrer Bloc Party dans une boite, surtout après le premier album électro-dance de Kele Orekeke, dont la réussite artistique reste avec le recul… discutable. Pour expliquer cet confusion des genres et le besoin du groupe de prendre son temps Kele déclarait récemment que « la vie ne consiste pas à se sentir comme un poulet en batterie ». Manière de dire que sortir des disques pour sortir des disques n’a jamais été l’objectif de Bloc Party. Avec des morceaux comme Kettling, porté par un clin d’œil au Smashing Pumpkins des 90’s, les anglais semblent enfin trancher en misant sur le rock alternatif, plutôt que sur une carrière consensuelle à la Coldplay. Excellent choix pour Bloc Party à qui le chiffre 4, on l’espère, saura porter chance. Quatre comme la bande de potes qui - contrairement aux rumeurs - n’a jamais flanché, quatre comme la discographie d’un groupe punk tiré à quatre épingles à nourrices, quatre comme « Four », disque impeccable à regarder droit dans les yeux et sans peur du futur. Et comme Kele l’avoue, « s’il s’avère être notre dernier album, je serai juste heureux de l’avoir fait ».

Bloc Party // Four // FrenchKiss Records (Cooperative Music)
http://blocparty.com/