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5 raisons d’aimer Breakbot

5 raisons d’aimer Breakbot

Son single “Baby I’m Yours” avait enflammé 2010, mais il a préféré prendre son temps avant d’accoucher de son premier album, forcément réussi. Breakbot va prolonger votre été, et il a cinq arguments pour ça.

Au début de tout, il y avait Thibaut Berland, un type qui ne payait probablement pas de mine, et qui avait l’oreille collée sur la cloison qui le séparait de la chambre de son grand frère, et notamment de sa collec’ de disques. Il n’aura pas été le premier a avoir absorbé en premier lieu la culture musicale de son entourage familial, mais en l’occurrence, cette période de sa vie aura été prépondérante pour sa musique. Oui, forcément, quand on se mange du Michael Jackson, du Prince, du hip-hop west coast et tous les morceaux de funk qui ont donné naissance à leurs instrumentaux pendant l’adolescence, il y a de fortes chances pour que, une fois devenu musicien, votre musique groove sec.

C’est d'un amalgame de bonnes rencontres, d’envies et de ce background musical particulier qu’est né Breakbot, le seul type capable de faire quelque chose de rétro sans que cela sonne comme un hommage, le tout sur un label électro, sans que ça ne choque personne. Et il faut un sacré cran pour faire ça. En l’occurrence, le père Thibault, il en a un paquet, mais pas que. Son album By Your Side, le premier, qui s’apprête à percuter les bacs, possède les qualités du garçon. On vous en liste cinq.

 

C’est l’électron libre d’Ed Banger

Bon, le label de Busy P a sacrément bien négocié sa sortie de la sphère “french touch 2.0”, même si le passé ne s’oublie pas comme ça. Reste qu’Ed Banger, dans ses gènes, reste électronique, même dans ses digressions pop (il suffit de jeter un oeil à la cartographie des producteurs d’Uffie, par exemple). Breakbot, de manière moins expérimentale que Krazy Baldhead, sort carrément du lot. Oui, il utilise des synthétiseurs et des machines. Mais le résultat est invariablement funky, disco, ancré dans une époque et donc bien éloignée des préoccupations sonores actuelles, il est vraiment difficile d’utiliser le terme “électro” pour qualifier le style Breakbot. Ce qui en fait un personnage à part dans l’univers du label, au même titre que le chauve pré-cité ou Mickey Moonlight, mais peut-être en plus marqué encore. Ce nouvel album, on préfère vous le dire tout de suite, ne va rien arranger, mais vous vous en fichez déjà, tant que la musique est bonne. Vous avez raison.

 

Il ne cherche pas le featuring ultime

Sur By Your Side, pas de vieilles gloires funk ou disco. Pourtant, Breakbot pourrait se le permettre : il tourne avec Busy P, il a remixé Justice, il a suffisamment la cote pour attirer le chaland, pourquoi pas le chaland célèbre. Pourtant, Irfane (la voix de “Baby I’m Yours, par ailleurs chanteur d’Outlines et featuring talentueux du “Every Little Thing” de Para One) et Ruckazoid ne sont pas plus “bankables” que ça, et n’ont pas le CV de Bobby Womack. Pourquoi, alors ? Parce qu’ils sont doués, et aussi, car il sait au fond de lui que de placer une statue dans son propre jardin implique que toute la créativité artistique tourne autour d’elle, et non l’inverse. Cela peut paraître fou, à notre époque, mais Breakbot a pourtant fait le meilleur des choix, si tant est qu’on parle de musique. Et c’est la musique qui restera quoi qu’il en soit.

 

Il a des beaux cheveux, et tout le reste

On n’avait pas vu de masse capillaire aussi soyeuse depuis Taboo des Black Eyed Peas, c’est dire. C’est bête, mais tout le monde n’a pas la chance de dégager un swag positif avec des cheveux de plus de dix centimètres sur le crâne. À croire qu’à Ed Banger, ils connaissent le secret, et c’est Breakbot qui gagne haut la main, y compris sur son boss Busy P. Niveau sape, il semble rester apôtre du jean - t-shirt de bon aloi en toutes circonstances, sans esbroufe. Certains diront qu’il dégage une aura de Patrick Juvet pour jeunes. On n’est pas sûrs qu’il revendique l’héritage. Ses dernières photos de presse (un fantastique spécimen illustre le présent article) ont tendance à montrer un type assumant son côté nerd, et nécessairement touchant.

 

Il n’est pas musicien à la base

De l’infographie, de l’animation, de la 3D, le nez rivé derrière un Mac, voilà ce que faisait Thibaut Berland avant de Breakbotter à fond ! Lui qui rêvait de bosser un jour dans le dessin animé, il n’a pas si mal réussi sa reconversion, la musique étant par essence un art dépourvu d’images, et propice à leur création par la pensée. Il voue par ailleurs une admiration à l’animation, qui, selon lui, est une convergence ultime entre de multiples disciplines artistiques, au bagage extrêmement riche. Espérons que By Your Side se vende bien, ça lui donnera peut-être des idées de long-métrage épique, ou de clips pour son label. Toujours est-il qu’il n’a fatalement jamais voulu être rock star avant de se retrouver à se lancer dans ce monde, poussé par Xavier de Justice en 2005. Ce qui nous amène au point suivant.

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Il ne se la raconte pas

Quiconque ayant déjà vu Breakbot se comporter en public plus de dix secondes, sait. Tout ce qu’il y a à voir derrière ce grand chevelu à la barbe soyeuse, c’est Thibaut Berland. Le même qui kiffait les disques de son frangin, et qui continue à faire la musique qui lui semble la meilleure aujourd’hui. Pour ce qui est des interviews, il faut toujours un moment pour se convaincre que c’est bien Breakbot qu’on a en face de soi, et non pas un sosie timide et affable. Quoi, il n’est pas du genre à porter des lunettes de soleil la nuit ? Visiblement, non, il fait partie de ceux qui ne théorisent pas la musique, et qui la vivent, à défaut d’en donner une incarnation égotique. C’est probablement pour ça qu’il fait naturellement de la musique qui permette de conclure en soirée, d’ailleurs, car on imagine qu’il avait besoin de ça étant plus jeune. C’est bien aimable à lui de penser à sa succession, mais il est encore un peu tôt, non ?

 

By Your Side (Ed Banger/Because/Warner)

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