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Robert Miles : Thirteen

Robert Miles : Thirteen

Pas franchement l’homme dont on attendait fébrilement les albums, Robert Miles vient de nous bluffer en entrant là où on ne l’attendait pas. "Thirteen" s’avère mieux que bien : il est intrigant.

 

On le connaissait artisan du jingles et couturier de synchro de pub prêtes-à-porter, amateur de boucles de pianos à deux doigts et de boom-boom techno à deux temps. A l’occasion une voix de femme par-dessus, c’était la dream. C'était aussi l'époque électro dans son modèle détente, ni canapé, ni dancefloor, plutôt voiture, rappelez-vous Children en 1995... tout cela, Robert Miles en fut l'inventeur.  Et là, blam! le voilà qui empile des tours de cymbales cuivrées entourées de murailles d’orgue rétro. Allo Houston, on en a appris une belle !

 

Miles away

 

Ca funk, ça shuffle, ça jazz mais surtout ça bastonne. On dirait les jams de la fac de Canterbury en 1970... L’envahisseur ? Ce sont ces soli de guitares chromés que n’aurait pas renié Deep Purple sur les titres les plus rentre-dedans (Black Rubber). Pas de surprise : le producteur génie a invité Robert Fripp (King Crimson) à tricoter en studio et ça se ressent tant le mot ‘prog’ frappe à la porte de votre conscience. On pense à Archive ou au jazz électrique de Davis, l’autre Miles (merci le Fender Rhodes sur Orchid Miracle) tant la substance dont émerge la basse est nuageuse (Somnambulism). C’est tellement cohérent tout cela qu’on en oublie même qu’on écoute Robert Miles. Pas de beat, instrumental, sans refrain ni ligne claire… on voit mal comment en faire le tube de l’été. Par contre ça donne envie d’envoyer un CV à Cap Canaveral.

Robert Miles // Thirteen // La Baleine

H.P.