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Petit Guide des Astuces en Festival

Petit Guide des Astuces en Festival

Environnements hostiles consentis, les sites de festival et leur camping ont permis la naissance et l'épanouissement de Mac Gyver du futur, prêts à affronter tous les dangers météorologiques ou humains pour survivre pendant quelques jours. Pour les novices, certains d'entre eux nous ont livré quelques astuces dont ils ont le secret.

Il faut le reconnaître, dans ce monde aseptisé où tout a été fait et découvert, qui peut se targuer de vivre de réelles aventures ? Où sont nos Indiana Jones modernes, nos Bear Grylls next generation ? La réponse se trouve sûrement dans la dernière jungle sauvage connue, les festivals.

Merci à Pia Ostroucht, Antoine Lecomte, Quentin Herpoel, Ali Perl, Martin Rouillard-Castelnau et Marjorie Acquette pour leurs témoignages.

 

LA PLUIE

Inconvénient le plus évident vous me direz, mais il faut bien commencer par les bases, et certains festivaliers trop optimistes surestiment mère nature. Pour ces imprudents, Pia et  Antoine vous conseilleront les classiques mais très efficaces sachets plastiques, ceux que vous pourrez mettre aux pieds en guise de sur chaussette, ou les sacs poubelles qui serviront de ponchos, quitte à être habillé...comme un sac.

Au préalable, Ali  nous souffle l'idée de se munir d'une bobine de corde, d'une bâche d'environ 10 m sur 15 m et un pied de 3m. Le but de la manœuvre est de former un toit au dessus des tentes,   pour rester au sec. Forcément, il ne faudra pas avoir peur de ramener tout cet attirail encombrant, mais on a rien sans rien, non ?

 

LA BOUE

Adieu les verts pâturages immaculés, qui dit pluie en festival dit boue, et ce risque est à prévoir dès votre installation au camping. Quentin essayera d'éviter au maximum les passages à côté de sa tente en serrant le plus possible avec ses voisins, ou en reliant les tentes avec un tendeur. Ça éloigne les curieux, et vous épargne une baignade dans la boue, dès que vous mettez un pied dehors.

Malheureusement, vous êtes étourdis et vous n'avez pas pris de bottes, il pleut à torrents et chaque pas vous donne l'impression de vous enfoncer dans un mauvais fondant au chocolat. A défaut d'être propre, il vous faudra limiter les dégâts en vous servant d'un bâton afin d'éviter les trous profonds ou, plus vicieux, marcher derrière quelqu'un munis de bottes, et attendre sagement qu'il tombe dans la flaque que vous n'aurez qu'à éviter.

Pour la boue solide, celle qui colle, il vaudra mieux marcher dans les trous déjà formés par les bottes des autres plutôt que de les éviter, cela vous évitera de transformer votre traversée en performance de patinage (très peu) artistique. Ce qui nous amène au conseil suivant : prenez garde aux festivaliers téméraires, ceux qui courent sourire en avant pensant arriver plus vite ! Vous risquez d'avoir une mauvaise surprise si le malheureux glisse à côté de vous, vous entraînant dans sa chute dans un style très Domino Day.

 

LE SOLEIL

Parce que festival ne rime pas forcément avec sale, il arrive parfois qu'il fasse beau et chaud, voire très chaud. Martin qui a subi les températures désertiques du Monegros festival, nous parle de son expérience. Sans parapluie, ni de quoi s'abriter, il l'a joué bédouin avec un teeshirt mouillé mis en turban sur la tête, amplement suffisant pour ne pas ressembler à une escalope un soir de barbecue.

Bien évidemment, il n'est pas de meilleurs armes que les sombreros, les chapeaux, casquettes, peu importe le degré de ridicule, on est pas à la fashion week de Milan. Accoutrés ainsi, vous pourrez vous délecter du spectacle de vos voisins, trop peu précautionneux, en train de s'enlever mutuellement leur peau du dos pelée par le soleil. A ce propos, les crèmes ne seront jamais de trop si vous partez vers le sud, même conseil pour les lunettes de soleil, ne serait-ce que pour supporter des heures de stroboscopes dans les yeux, la nuit tombée.

Malgré ces précautions, vous vous desséchez déjà et vendriez votre corps pour une goutte d'eau. Vous auriez mieux fait d'écouter Pia, qui vous aurait conseillé de TOUJOURS prendre des clémentines avec soi. Contrairement à de l'eau, elles sont non confiscables, sources de vitamines et de rafraîchissement, que demande le peuple ?

 

L'HYGIENE

Ce n'est pas parce qu'on se dit aventurier novice, que l'on se doit de faire n'importe quoi avec sa santé, et particulièrement en festival. Et en matière d'hygiène rapide, les  serviettes pour bébés et le lavabo peuvent être vos meilleurs amis, si vous avez peur de tester les douches du camping. A contrario, si vous ne voulez pas attendre votre tour, et que vous ne craignez ni le rhume, ni les regards éberlués de vos voisins, utilisez la nature à votre avantage, et douchez vous à l'eau de pluie. Après tout, ça n'existe pas que dans les publicités.

Autre astuce délivrée par Martin, si vous voulez éviter la queue aux toilettes ou aux douches, prétextez avoir oublié vos clés ou votre portable dans une cabine, ça marche à tous les coups. Prenez garde cependant à ne pas tomber sur des cabines fermées, ceux dans la queue qui auront compris la supercherie ne rateront pas l'occasion de vous le faire payer amèrement.

En ce qui concerne les besoins naturels, Arthur vous conseillera en plus d'attendre 6h du matin, heure à laquelle les organisateurs changent les toilettes. Double avantage, cela coïncide aussi avec l'heure où (presque) tout le monde va dormir.

 

QUELQUES PETITS TRUCS EN PLUS

Voici en vrac d'autres petits conseils qui pourront vous aider à mieux survivre en festival:

Antoine rappelle que nous ne sommes pas tous égaux face à la nature et qu'il sera toujours plus facile pour une fille de trouver une tente accueillante que pour un garçon, encore que...

En plus de la ficelle, le scotch est l'outil indispensable à avoir, idéal pour réparer sa tente, rendre waterproof ses super chaussettes plastiques, ou nouer un ami dans sa tente pendant son concert préféré.

Bien sûr, il y aura toujours des petits malins comme Marjorie qui s'arrangeront autrement, et qui vous diront que la meilleure façon de s'en sortir en festival, c'est d'être bénévole: emplacements réservés, lieux de repos privés  avec connexion internet et le must du must, le partage des toilettes et des douches avec les artistes. Ajoutez à ça des goodies en pagaille, teeshirts, casquettes, ponchos et vous penserez que le bénévolat (sous couvert de travail) est à l'antipode de nos aventuriers en herbe. Mais au final, peu importe si l'on revient chez soi trop propres, peu importe si un écosystème se développe sur vos habits boueux. Comme dit l'autre, « ce n'est pas la destination, mais le voyage qui compte. »

Bons Festivals à tous !

 

Eric Rktn