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Youngunz : la relève, c’est maintenant

Youngunz : la relève, c’est maintenant

Cette clique de jeunes parisiens pourrait bien damer le pion à l'avant-garde de la french touch. Youngunz, c'est plus qu'un label, c'est un état d'esprit. Passage en revue de ses composantes les plus actives.

Au tout début, on pouvait éventuellement les prendre pour des petits “wannabes” qui s’apprêtaient à marcher dans l’ombre de ceux qui forgeaient déjà activement l'avenir de l’électro à la française. À peine plus de deux ans après sa création, Youngunz respire pourtant la vitalité et l’envie. Ce label parisien se base en tout cas sur les mêmes principes de vie que ceux qui régissent les grandes familles de la french touch actuelle (Marble Music, Sound Pellegrino, Ed Banger...). Le sens de la famille, voilà ce qui caractérise cette bande de jeunes qui en veulent. Les DJ-sets, les tournées se passent en groupe, Youngunz pouvant également se définir comme agence de booking et de développement d’artistes. Un mutant de la nuit, dont les turbulents enfants rayent le dancefloor avec leur dents acérées, voilà ce qu’est Youngunz. Et il se pourrait bien que ce fauve nocturne laisse des traces durables dans les playlists de vos DJs favoris, ou sur les murs des clubs dans lesquels vous traînez.

 

Dénicheur de talents

Fondé tout début 2010 par Guillaume Le Donche (label manager) et Tarik Briziz (directeur artistique), Youngunz, en tant qu’entité créative, a tout de suite voulu se placer en dénicheur de talents, les premiers débusqués pouvant à peine s'enorgueillir d’avoir passé la vingtaine. Guillaume Le Donche, l’initiateur du projet et ancien assistant bookeur au Regine's, s’est vite rendu compte du potentiel des artistes qu’il dénichait en première partie des soirées du club, sans pour autant qu’ils n’aient de structure qui les défendent solidement. Une fois la famille créée, la paire a voulu aller plus loin en créant le dernier maillon de la chaîne : un label digital, qui permet ainsi à la structure de devenir holiste et cohérente dans le développement des artistes avec qui elle choisit de travailler. Pas de sorties physiques, mais des maxis digitaux finement préparés qui, une fois sortis, finissent naturellement sur les platines du tout-Paris, et même ailleurs. Tout est fin prêt, au moins sur le papier.

 

Rien comme tout le monde

Le premier maxi du catalogue ne fait pas dans le détail. Lazy Flow, avec El Konquistador, creuse le sillon ghetto-tech avant d’y lâcher une tonne de cuivres et de bon esprit décalé, le résultat dépassant totalement ce qui pouvait se faire dans ce style au moment de la sortie de l’EP. Alan Gay, qui tient la place de second dans le listing, a planté le décor de manière totalement différente. Bastardrave porte admirablement bien son nom : le morceau phare cogne les tympans de l’auditeur comme s’il s’agissait de l’annonce du jugement dernier. On tient ici le premier postulat de Youngunz : qu’importe la musique, pourvu qu’on maintienne la qualité des sorties à un niveau d’ambition le plus élevé possible. Les clubs approuveront, et trouveront rapidement dans Youngunz une piscine à hits hautement contagieux. Et on parle bien d’épidémie.

 

Déjà stars

Aujourd’hui, le crew compte Alan Gay, Digikid84, Manaré, Lazy Flow, French Fries, Bambounou, Chaos in the CBD, Piu Piu, Lokiboi et Reworks. Parmi cette clique, il y a évidemment des talents qui sortent du lot, par leur charisme ou leur talent qui réussit à dépasser le niveau général, déjà bien élevé. On s’est tous étonnés de voir Bambounou partager l’affiche avec l’indéboulonnable Joakim pour un EP de la fameuse Crossover Series sur Sound Pellegrino. Pourtant, c’est bien Joakim qui l’a déclaré haut et fort : il a beaucoup appris de ce petit gars durant cette expérience, ce qui prouve que l’idée de départ de cette série est excellente, et, surtout, que Bambounou est un petit génie. Pour ceux qui doutent encore, son EP Alpha, s’il était encore besoin de le prouver, fait le boulot admirablement bien. Autre style : autre ambiance : French Fries, au delà d’avoir un nom cool, compte déjà un tube à son actif : le sur-efficace “Senta”, tiré du maxi Arma, est calé dans la quasi-intégralité des playlists des DJs qui officient dans cette sphère. Le titre a été remixé par Bok Bok, pointure de la scène électro anglaise et co-patron du label Night Slugs, loué à travers le monde pour la qualité de ses sorties. La cour des grands, donc. Enfin, Piu Piu, la caution girl power de la bande, danse et joue des disques régulièrement sous la bannière Youngunz, on a d’ailleurs pu la croiser récemment à une soirée spéciale filles (en compagnie notamment de Laura Leishman du Mouv’) au Social Club.

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Avenir radieux

Si les Youngunz ont déjà effectué des tournées en France (notamment la fameuse “While You Sleep We Burn” en juin et juillet 2011), ils réussissent régulièrement à traverser la Manche, et, cette année, à s’incruster régulièrement en festival (French Fries et Bambounou joueront notamment au festival Scopitone à Nantes). Une mini-compilation, nommée Sinterklaas Society, et sortie au tout début de l’année 2012, a probablement eu un impact non-négligeable sur la notoriété grandissante de cette clique bigarrée, hédoniste et belle comme la nuit qui brûle. Le dernier maxi à sortir des cartons est celui de Reworks, il se nomme Journey et est disponible sur iTunes depuis ce lundi. Youngunz, en un temps record, a mis à l’amende bon nombre de structures musicales, avec peu de moyens, certes, mais avec l’ambition, le talent et la hype. Il est fatalement dur de lutter contre ce qui est cool, et Guillaume Le Donche le dit lui-même : Youngunz est le label le plus cool du monde. On ne va pas le contredire.

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