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Crocodiles: Le rock qui bouge la queue

Crocodiles: Le rock qui bouge la queue

Avec son premier album au titre malin mais peu inspiré, Summer of Hate, Crocodiles étaient apparus en 2009 comme d’aimables fans de Jesus & Mary Chain s’acharnant à reproduire les gimmicks noisy pop des frères Reid sans jamais égaler leur génie. Depuis No Age et Wavves avaient pris la tête du peloton des groupes californiens maîtrisant la pop à coups de larsens et l’on pensait Crocodiles perdu dans les limbes de l’histoire du rock.

Surprise, Charles Rowell et Brandon Welchez reviennent dans la course par l’entremise du producteur James Ford (Klaxons, Arctic Monkeys, il est également membre de SMD) qui réussit à effacer l’héritage pesant du groupe pour souligner ses qualités propres (songwriting et évidence mélodique) dans ce voyage aux sources du garage et du psychédélisme. Stoned to Death ou Hollow Hollow Eyes nous plongent ainsi dans un duel en plein cagnard entre 13th Floor Elevators et les Sonics, tandis que Mirrors emprunte la piste du Hallogallo de Neu ! avant de dévier à 180 degré vers celle d’une pop bubble gum digne d’un girls band. A mi parcours, Crocodiles s’offre avec Girl in Black une parenthèse lévitative inspirée par les Spacemen 3 avant de reprendre les hostilités avec Billy Speed qui les ramène à leur home town de San Diego et à une certaine orthodoxie US du rock. Crocodiles maîtrise désormais ses pédales d’effets et ses références et peu se jeter dans l’arène au milieu de tous ces groupes américains qui revisitent avec intelligence l’indie pop anglaise de la fin des années 80.

Clovis Goux

Crocodiles // Sleep Forever // Fat Possum

http://www.myspace.com/crocodilescrocodilescrocodiles