JE RECHERCHE
Club Cheval : passage au grand bain ?

Club Cheval : passage au grand bain ?

 

Ce nom traîne dans vos oreilles depuis longtemps, et pourtant, vous n’avez toujours pas compris de quoi il s’agissait. Le Club Cheval, s’il s’est construit par la force de ses quatre membres, risque de frapper fort sous peu. Sont-ils prêts ?

 Le 11 juin 2012 peut déjà être marqué d’une pierre blanche. Ceux qui attendaient avec impatience la sortie d’un morceau estampillé “Club Cheval” ont enfin eu quelque chose à se mettre sous la dent : le dernier maxi de Bromance Records, qui les fait partager l’affiche avec Brodinski, prouve que ces quatre énergumènes peuvent aussi produire sous cette étiquette, qu’ils se sont créés eux-mêmes pour donner un écho à chacun de leurs morceaux individuels. Panteros666, Sam Tiba, Myd et Canblaster ont, certes, toujours autant l’air de jeunots un peu ahuris du nord de la France, mais ils vous croqueront avant même que vous n’ayez percuté. Pour l’instant, ils tirent leur force commune de leurs parcours individuels et de leurs moments de retrouvailles derrière les platines. Et cela va encore continuer, car on aime les voir innover avec d’autres artistes, chacun dans leur sphère. Vous ne le savez peut-être pas, mais vous les connaissez déjà malgré vous. Et vous les appréhenderez bientôt comme un groupe soudé.

frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="166">

 

Sam Tiba

Si vous n’avez jamais entendu “Zig Zag”, c’est que vous n’avez jamais mis les pieds dans un club ces dix derniers mois. Sam Tiba, le Roubaisien de la bande, touche le quart de siècle, et ne savait absolument pas produire il y a trois ans de cela. Aujourd’hui, tout en décontraction, il sort des maxis sur Marble Music, mixe un peu partout dans le monde et produit régulièrement des mixtapes, qui donnent envie d’onduler du postérieur. Ce type, pourtant sacrément peu bronzé, a ingéré assez de bass music noire pour prétendre être l’un des plus grands connaisseurs de juke, de ghetto tech et de UK funky de l’Hexagone, ce qui le rend redoutable derrière les platines. Son style de production, comme ses trois autres compères, est iconoclaste et finalement très futé : la basse, les échantillons vocaux et le rythme sont utilisés à titre hypnotique, et ne font jamais dans le maximalisme. Juste assez pour faire transpirer un glaçon. A priori, aucun problème pour qu’un minot looké et aficionado des clubs les plus branchés de Paris partage la même passion pour Sam Tiba qu’un dévot de l’intelligent dance music.

frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="300">

 

Panteros666

Reconnaissable à son style interlope, sa moustache de type “inspecteur 70’s” et ses cheveux violets, Panteros666 n’hésite pas à manier le bon et le mauvais goût dans la même recette, quitte à ce que ça explose dans une dynamique qui n’était pas prévue dans le plan. Ses deux maxis Kegstand et Javelin, sortis l’année dernière ont installé le style Panteros dans toute sa splendeur. Parfois violent dans les codes stylistiques qu’il utilise (le morceau “Kegstand” ferait remonter des souvenirs de jumpstyle 90’s à ceux qui en ont écouté... oups), il fait toujours preuve d’un humour sous-jacent, sans en faire trop. Parallèlement, il bosse dans la pub, ce qui lui enlève une épine fatale du pied : celle qui pousse un artiste à faire des choses sérieuses pour se faire entendre. Non, lui, son trip, c’est plutôt de se singulariser à coups de samples inattendus, de mélodies kitsch et de déferlantes rythmiques incontrôlables, pour un résultat incroyablement complexe, bien plus qu’il n’y paraît à la première approche. Ceux qui sont prêts à l’affronter pourront se coller devant les enceintes de la Green Room à Solidays ce vendredi, pour voir de quel bois se chauffe ce mutant du beat !

frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="300">

 

Myd

Techniquement, Myd est l’expert de la bande. Chapeautant régulièrement le rendu sonore des morceaux de ses acolytes (il est le seul diplômé en ingénierie sonore de la bande), il ne se tourne pas les pouces pour autant. À peine plus accessibles que ceux de ses congénères, ses morceaux sont autant d’occasions de danser sans se déboîter un membre (comprendre, sans déstructurer ses morceaux comme ses collègues de chambrée). Ses ambitions de producteur, alliées au pointillisme de ses morceaux, qui ont en commun un certain tropicalisme, soluble dans un côté geek pas déplaisant, l’amèneront sans doute un jour à détrôner Para One (pas tout de suite, le patron étant en ce moment au sommet de son art, on vous en parlera d’ailleurs très prochainement). En attendant il remixe à tour de bras, sa relecture du “Surabaya Girl” de Krazy Baldhead ayant mis tout le monde d’accord. On le trouve, lui aussi, au catalogue Marble Music, décidément fan, tout comme Sound Pellegrino, du son si particulier des membres du Club Cheval.

frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="300">

 

Canblaster

Un pied dans les jeux vidéos, un autre dans le R&B. C’est comme ça que la bio officielle de Canblaster le décrit, et c’est plutôt bien trouvé. Biberonné à Basement Jaxx, aux logiciels de création musicale sur PlayStation puis à Institubes, Il se devait d’attaquer frontalement le 4-to-the-floor, en rendant ses contours dissonants. Son EP Totem (sorti chez... Marble Music) arbore des apparats tech-house d’une classe indéniable, mais blindé de retournements rythmiques et mélodiques qui prennent l’auditeur (et a foritori le danseur) à contre-pied. Sa liste déjà impressionnante de remixes lui prête une certaine cote dans le milieu de l’électro “cutting-edge” européenne, ses tauliers s’appelant Crystal Fighters, Rusko ou Teki Latex (évidemment, tout ce petit monde se connaît bien, pensez-vous). On l’a surpris en plein back to back avec Manu Le Malin en octobre dernier au Social Club, un moment de bravoure qu’il a surmonté avec classe, face à une statue de la techno made in France. Sans nul doute, un type qui mérite son nom de scène sur tous les tableaux.

frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="300">

 

L’union, c’est pour bientôt ?

Elle est certes déjà consommée avec ce fameux maxi, mais tout le monde en attend plus, et il se pourrait que cela arrive plus vite qu’on ne le pense. La présence de Club Cheval, mentionné comme tel, dans la programmation de certains festivals (on pense à Scopitone, entre autres), met forcément la puce à l’oreille, et il n’est pas rare d’entendre parler de l’imminence d’un album commun, surtout depuis qu’ils en mentionnent eux-mêmes l’existence. Sortira-t-il chez Marble ? en major ? sur cassette audio ? On aurait tort de croire le moindre indice, ces quatre types menant la dance music par le bout du nez, et nous avec, depuis pas mal de temps. On peut donc espérer que la fin du monde soit orchestrée par ces quatre types, histoire qu’on puisse danser correctement sur les flammes.

www.clubcheval.net