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Miles Kane : Yes, we Kane

Miles Kane : Yes, we Kane

La bouille de Paul McCartney, les fringues de Paul Weller et la désinvolture d’Oasis… mais qui est donc ce jeune anglais qui synthétise cinq décennies de brit pop culture ? Avant son passage estival sur les scènes de Solidays et du Main Square, analyse de l’ADN de ce serial singer.

Les moins de vingt ans connaissent déjà l’histoire (presque) par cœur. Miles Kane, c’est une story à l’américaine avec un gamin anglais dans le rôle du chanteur à succès. En ouvrant le livre souvenir à l’envers, on pourrait presque citer sans rougir John Lennon. Ou plutôt Macca, à qui Kane ressemble comme deux gouttes d’eau. Effet de style ou simple coïncidence ? Il est un peu joufflu, porte le caban anglais comme Paul et surtout s’affirme rapidement comme un songwriter qui se démarque des copains du lycée, trop occupés à squatter les terrains de foot pour comprendre que le rock, c’est la vie. A 18 ans, Miles Kane croise le succès pour la première fois avec son groupe The Little Flames. Les kids se font remarquer et tournent même avec les Arctic Monkeys. Hélas le cœur n’y est pas, le groupe se dissout rapidement comme on se sépare de sa première petite amie.

On retrouve le poupon de la pop anglaise en 2008 avec les Rascals. Pas rancunier face au demi-échec des Little Flames, Miles Kane s’embarque avec ce groupe vers la première marche du podium, à ce moment même où Pete Doherty commence à davantage se faire remarquer pour ses frasques nocturnes que pour ses chansons. En marge du succès post-mortem des Libertines, Kane et ses copains se font décerner le titre de « meilleur groupe de la semaine » par le culte New Musical Express.
Là où Kane se démarque – encore une fois – de ses voisins, c’est que le monsieur n’a pas vraiment envie d’attendre. Le rythme d’un album tous les trois ans, c’est pas trop son truc. Pour tromper l’ennui, Kane s’associe au chanteur des Arctic Monkeys, Alex Turner, pour former les Last Shadow Puppets, une sorte de super groupe produit par James Ford, fondateur du groupe Simian. Enorme succès commercial et artistique, « The Age of the understatement » est un tournant qui souligne surtout que la paire anglaise Kane/Turner en rappelle une autre, plus ancienne, composée de deux gamins nommés Paul et John…

En France, on a les BB Brunes. Au pays des Beatles ils ont Miles Kane. Voyez la différence de culture. C’est à cet instant où son nouveau groupe cartonne que Kane décide encore une fois de casser le joujou en se lançant dans une carrière solo, marquée par la sortie récente de « Colour of the trap », un disque qui fait la jonction entre toutes les facettes du chanteur, des Fab Four à Marc Bolan en passant par les Jam. Ce n'est d’ailleurs pas un hasard si le kid des années Deezer a su charmer Noel Gallagher sur le titre Mr Fantasy, un tube d’outre-Manche comme on n’en verra certainement jamais ici.

Quête d’indépendance autant que soucis de ne pas se répéter, le disque sorti en 2011 a permis à Kane de se faire une place au soleil sur tous les festivals européens, comme cette année encore à Solidays ou Main Square dans quelques jours. L’histoire pourrait s’arrêter ici, on se dirait alors que le gamin âgé de seulement 26 ans (!) a bien mérité un peu de repos et quelques mois de vacances. Mais non. Interrogé en début d’année sur la possibilité d’un deuxième album des Last Shadow Puppets, Miles Kane a confirmé une entrée en studio « avant la fin 2012 ». A quoi carbure donc le petit prodige de la pop anglaise ? Mystère. Et comme chaque nouvel épisode de sa carrière ressemble à s’y méprendre à une série anglaise remplie de guests improbables, ne reste plus qu’à patienter jusqu’au prochain casting.

https://www.mileskane.com/