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Electric Guest : Tout le Mondo en parle

Electric Guest : Tout le Mondo en parle

A la fois bigarré et sombre, « Mondo » est le premier album de ce duo californien signé chez Because. Produit par Monsieur Brian Burton aka Danger Mouse, le premier tube This Head I Hold se propage irrémédiablement dans les têtes de ceux qui s'y piquent. Voici deux californiens qui pourraient bien aspirer à devenir LA nouveauté du début d’année. Interview avec Matthew.

Mondo Album cover

On sent de nombreuses influences dans votre musique. Quand vous avez commencé le groupe, vous aviez une idée du son que vous vouliez ou c'est venu instinctivement?

On vient de deux univers musicaux complètement différents. Asa est né en Californie, moi je viens de Virginie. J'écoutais de l'indie rock principalement, alors que lui était plus tourné vers le hip hop. Je crois que ça se ressent dans nos chansons qui sont très différentes les unes des autres.

Vous viviez tous les deux dans une grande maison à Los Angeles où de nombreux artistes cohabitent. J'imagine que c'est le genre d'environnement rêvé pour la création? C'est pas très fréquent ici, à Paris.

Ouais c'est vrai, à New-York non plus. C'est pour ça que j'adore la Californie, c'est spacieux. Dans notre maison, il y avait un sous-sol où l'on répétait. Au première étage, un mec avait laissé un piano à queue rose que j'ai utilisé sur certaines chansons de l'album. A l'étage supérieur il y avait plein de chambres. C'était un peu le bordel, mais un bordel plaisant.

A la première écoute, j'ai cru qu'il y avait au moins quatre mecs dans le groupe. Comment se passe les répétitions à deux? 

Asa est un super multi-instrumentiste, il vient parfois avec un piano et une batterie électronique, je n'ai qu'à ajouter ma sauce. En général, on échange beaucoup nos idées et les choses prennent forme naturellement. La chose la plus importante à propos de nos chansons,c'est qu'elles peuvent être simplifiées. Même réduit à un piano ou une guitare, ça fonctionne.

C'est la caractéristique indispensable d'une bonne chanson pop. 

Ouais, et j'ai tellement hâte qu'un mec fasse une reprise d'une de nos chansons en version country ! (Rires)

L'autre fois vous avez joué au Grand Journal, à Cannes. C'était comment?

C'était incroyable. On est parti de Manchester à 4h du matin, on a raté la correspondance à Paris puis à peine arrivé, on a fait les balances et on a joué. Tout est allé si vite qu'on a pas eu le temps de réaliser vraiment l'ampleur de la chose. Mais c'était très excitant.

Brian Burton (Danger Mouse) a produit l'album. C'était une collaboration facile?

Carrément. On a des gouts très similaires en matière de musique. Sa manière d'enregistrer est particulière, il a un son, une patte, qui est facilement reconnaissable. On échangeait tous nos idées de manière très collégiale. Brian est très bon pour finir une chanson, heureusement d'ailleurs parce qu'Asa et moi on met  des plombes pour se décider sur un titre. Brian, c'est un producteur en or.

Votre musique est assez joyeuse contrairement aux paroles qui sont parfois très sombres. Comment expliques-tu cela?

C'est vrai qu'on a un son très californien mais Asa aime parler de ses obsessions, même les plus sombres. Les sujets qu'il aborde dans ses paroles sont du coup très variés.

Electric Guest

J'ai lu que plus jeune tu étais un fan du label Merge Records. T'écoutais des groupes noise comme Polvo? 

J'adore Polvo! Avec mon groupe de lycée, on voulait être Polvo. Ça et Superchunk étaient mes deux groupes favoris. Un de mes premiers concerts c'était Polvo d'ailleurs.

C'était comment?

Incroyable et très excentrique. J'adorais ce coté expérimental/math rock.

Bon et sinon, pour toi qui est batteur, quel est le meilleur frappeur de tambourins du monde ?

Sans conteste le batteur de Blonde Redhead. Il est incroyable. Ils ne sont que trois mais sur scène ils possèdent une énergie stupéfiante. Sans doute le meilleur concert de ma vie.

Electric Guest // Mondo // Because
http://electricguest.com/