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Chromeo:  P-Phugg les bons tuyaux

Chromeo: P-Phugg les bons tuyaux

La moitié de Chromeo nous a répondu sans voix de robot sur son nouvel album Buisness Casual, plutôt enclin à nous livrer à la cool quelques révélations surprenantes comme son admiration pour la variété française et une technique pour distinguer le meilleur du pire des 80's.

 

En Amérique du Nord, le clivage entre les genres musicaux est moins important qu'en France, votre musique étant aussi un mélange assez inattendu. Pensez-vous que cela est à la base du succès que vous connaissez là-bas aujourd'hui ?

 

C'est sûr que dernièrement il y a eu plus de mélanges des styles et que ça a peut être aidé au succès du deuxième album Buisness Casual, mais pour nous ça reste assez particulier, on reste surtout entre pop, funk et électro. Le hip hop par contre pour nous, ce n'est qu'une influence, ce avec quoi on a grandi, mais on n'en fait pas.

 

Le titre J'ai Claqué la porte sur "Business Casual" est très surprenant, il est beaucoup plus calme que les autres mais surtout il est en français. Ici beaucoup de groupes chantent en anglais en revendiquant que le français n'est pas aussi musical. Cet éternel débat existe-il aussi à Montreal ?

 

Mais c'est faux ! Le français est musical ! Pour les Français il est plus difficile d'assumer leurs influences parce que historiquement, la musique française, c'est de la variété. Des chanteurs, des crooners, des Serge Gainsbourg, Serge Lama, George Brassens et tout ce qui est un peu plus rock aussi, puis des Francis Cabrel, qu'on adore d'ailleurs...

 

Ça c'est une révélation : Chromeo aime donc Francis Cabrel.

Tout le monde aime Francis Cabrel, mais beaucoup ne l'avouent pas ! Vous avez tous grandi avec Petite Marie à  la radio, ne me dis pas que tu n'aimes pas ça? Toutes ces vieilles B.O. de films français de la fin des années 70, c'est encore d'actualité. C'est d'ailleurs sur ça qu'on s'est basés pour J'ai Claqué la Porte, avec ses mélanges de synthés et de cordes. Quand j'étais au lycée les gens écoutaient George Brassens comme si ça venait de sortir, c'est un héritage de nos parents. Finalement, il faut faire comme ce qu'on fait avec les années 80 ; tu gardes le bon, tu laisses le mauvais et tu le refais à ta sauce. Il pourrait très bien y avoir un nouveau Francis Cabrel, tout s'adapte. Mais il faut trouver la fine ligne entre le complètement ringard et ce qui peut être actuel.

 

Quelle a été d'après vous la pire façon de faire revivre les 80s ?

Moi je n'ai jamais pris dans le retour du fluo, il y a des choses beaucoup plus classiques à la fin des années 80 qui étaient bien meilleures.

 

Et la new wave, ça vous parle ?

Elle a sa place mais ça ne me parle pas nécessairement. Ça devait revenir car c'est un gros morceau des années 80 qui était bon, très facilement réadaptable, c'est bien que ce soit revenu mais il y en a eu un peu trop je crois et consciemment on s'en est éloignés.

Vos titres sont présents sur plusieurs jeux vidéos,  ça vous permet de toucher un public différent ?

C'est difficile de mesurer à quel point ça touche le public mais ça doit avoir une incidence vu qu'il y a quand même beaucoup plus de gens qui achètent des jeux vidéos que des disques (Rires).

 

Vous ne parlez que de filles sur toutes vos chansons, si votre maison de disques osait vous demander de faire un disque sans les évoquer, quel serait le sujet de votre album ?

Il n'y aurait pas de disque ! Si on nous force, on arrête. Et nous on n'est pas le genre de personnes à parler politique. Alors que reste-t-il ? Les relations, les filles...

 

Vous avez fait un live chez David Letterman, c'est déjà très gros, quel objectif vous pouvez bien avoir après ça ?

Ah oui ça c'était gros, c'est dans le top 5 des accomplissements de notre carrière. Le prochain objectif ça ne peut être que le Saturday Night Live.

 

Vous avez beaucoup tourné donc vous pouvez surement nous dire quels sont les pays où on danse le plus ?

Ce n'est pas facile à dire et c'est plutôt par villes : à New York les gens sont blasés, à Los Angeles ils dansent beaucoup plus, Londres est entre les deux et à Paris ils ne savent pas danser (rires). Il fallait que je le dise.

Le featuring avec La Roux sur Hot Mess fait l'objet d'un vrai buzz, comment s'est mise en place cette collaboration ?

On se connaissait un peu avant nos deux succès via Myspace, à l'époque où ça marchait encore... On s'était échangé quelques mails puis on s'est perdus de vue. Mais on a pensé à Elly pour notre dernier album alors on s'est recontactés et ça s'est fait assez facilement.

 

Vous pensez que cela pourrait être un énorme carton comme pour Duck Sauce avec Barbara Streisand?

Je ne sais pas, on va voir, c'est difficile à mesurer ce genre de choses.

 

Vous avez un groupe canadien à recommander ?

Céline Dion, mais vous connaissez tous... Mais sinon Radio Radio, c'est un groupe du Québec assez rigolo, un peu à la TTC mais dans un dialecte qui s'appelle l'acadien, c'est hilarant.

 

Charline Lecarpentier

Chromeo // Business Casual // K7 Records (La Baleine)

http://mx.myspace.com/chromeo