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Depeche Mode : Tour Of The Universe

Depeche Mode : Tour Of The Universe

Depeche Mode, c'est comme le vaccin antigrippe ou la redevance télé, on ne peut pas déroger à la tradition : un album en 2009, un live dans un stade en 2010.

 

Barcelone, Novembre 2009. Le Barça du synthétiseur entre sur la pelouse avec 70 dates dans les pattes. Un collectif qui se connaît bien, une tactique plus que rodée, mais bon dieu que ce match manque de buts. Parlons chiffres, c'est le cinquième enregistrement live depuis le mythique 101 en 1989. Si on compte les vidéos One Night in Paris et The World We Live Injamais sortis en CD, c'est même le septième. On a quasiment plus d'embarras que de choix. L'occasion de faire le point sur l'évolution du jeu de jambes. Cette année on a viré les choriste, Martin Gore est définitivement plus souvent à la guitare qu'au clavier, une batterie s'entête à compléter des boucles composées en analogiques mais hélas recrachées en numérique... L’événement de cette tournée était le retour de l'ancien clavier virtuose Alan Wilder en guest d'un soir. C'était trois mois plus tard, elle n'apparaît ni ici ni sur le DVD. L'accent mis dans les deux derniers albums sur les synthés originels et les beatbox rétro ne se fait pas entendre non plus. Les 80s c'est loin ; les grands shows aussi. En fait, ça ressemble à une équipe B.

(Don't say you want me, because) It's no good

Pas que Tour of the Universe soit mauvais. Dave Gahan semble même avoir enfin récupéré son souffle d'avant les années dopage : de la tenue (le duo intime Waiting for the night, pourtant en clôture setlist) et quelques jolies profondeurs que l'âge seul sait creuser dans une gorge (A Question of time). Le batteur de stade Christian Eigner, récemment passé à la composition, s'essaye même au clavier. En bon capitaine, Martin s'efface 80% du temps réglementaire pour se faire briller sur l'échappée negro-spitirual Jezebel ou la version piano de Home un peu amochée par les supporters exaltés et Dressed in black qui le sauve des années de purgatoire. Mais cette longue liste de singles principalement empruntés dans le catalogue 90s (Violator en tête) ne va nulle part. Vivement la saison des transferts.

H.P.

Depeche Mode // Tour of the Universe // EMI