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Iggy Pop : « Après », le disque de trop ?

Iggy Pop : « Après », le disque de trop ?

Avec son nouvel album en Français dans le texte, le parrain du punk troque les épingles à nourrice contre la baguette de pain et le béret, histoire de reprendre à sa sauce le répertoire de la variété gauloise. Après 40 ans d’une carrière exemplaire le papi flapi ne serait-il pas en train de virer au périmé ?

iggy pop apres album coverDans le petit milieu musical, l’annonce a fait comme un coup de tonnerre. Le fondateur des Stooges, l’américain capable à soixante ans passé de faire transpirer les foules avec son torse toujours aussi musclé, oui le bonhomme un peu fripé mais toujours fringuant nommé Iggy Pop se lance dans la chanson française avec des reprises de grands standards bien connus par madame Michu – mais beaucoup moins par les ricains. Le résultat de cette odyssée francophone se nomme « Après » et on peut raisonnablement se demander s’il existera une vie après ce disque, lui-même précédé d’un autre (« Préliminaires », 2009) où Iggy s’était déjà lancé dans la chansonnette avec une reprise des Feuilles Mortes de Vladimir Cosma et Yves Montand.
La chronique du nouvel album pourrait s’arrêter là. Il suffirait alors de se prendre une grosse claque sur le titre d’ouverture  - Et si tu n’existais pas de Joe Dassin… - pour faire taire toutes les mauvaises langues. Sans surprise, il n’en est rien. Le Mr Pop du Rock livre une version risible et tellement médiocre de ce tube déjà bien éventé qu’on en vient à regretter l’époque où le rockeur braillait n’importe quoi dans un micro couvert par les larsens. Mais rassurez-vous chers lecteurs, la suite est encore pire. Au programme : La Javanaise de Gainsbourg, La vie en rose (vraiment morose à l’écoute…), Les Passantes de Brassens, voire tant qu’on y est le Syracuse d’Henri Salvador. A-t-on un jour imaginé – cauchemardé serait le bon mot – Mick Jagger en train de reprendre le répertoire de Benabar ou de Mylène Farmer ? Diable non. Iggy les mauvais tuyaux ose ce qu’aucun sexagénaire n’avait jusque là osé, à savoir détruire sa réputation en un seul disque disons le plutôt opportuniste et commercial, l’un allant souvent avec l’autre. Le résultat est évidemment avarié(té) et notre idole se transforme l’espace de quelques bluettes en crooner aussi convaincant qu’un Guy Marchand shooté à la bombe Air Wick. Foncièrement passéiste et sans aucun intérêt, « Après » est la preuve ultime que pour les rockeurs en fin de carrière, c ‘était surtout mieux avant.

Iggy Pop // « Après » // Believe (sortie le 9 mai)