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Jack White : Blunderbuss

Jack White : Blunderbuss

Le teint plus palot que celui de Bambi et les cheveux plus hirsutes que son ex compagne Meg, l’ancien White Stripes déboule après moult escapades extraconjugales avec un premier disque solo. Après plusieurs désillusions sur ses groupes éphémères – Dead Weather, The Raconteurs, que vaut encore le Jacky Show ?

blunderbuss album coverOn ne va pas prendre des pincettes ni se regarder trois heures dans le blanc des yeux, il est des disques qui se passent de superlatifs et dont on peut résumer la qualité en une phrase. Ce premier disque solo du fils de Nashville est une réussite artistique, l’un de ces – rares – albums sans failles qui parviendront à satisfaire autant les nostalgiques de Seven Nation Army – on a compté, ils sont nombreux – que les kids nés au début des années 2000 et enthousiaste à l’idée de se fourrer du rock sale dans les oreilles.
« Blunderbuss » et son titre imprononçable pourrait d’ailleurs se résumer au seul titre Trash Tongue Talker, un titre qui sent les vieux bars américains et le blues à grand papa – comme à peu près tout ce qui sort de l’usine White – et qui réussit surtout le clin d’œil au You never can tell de Chuck Berry, repéré voilà plusieurs années sur la B.O. de « Pulp Fiction ». Constitué de jolies serveuses et de stations essence vintage comme on n’en voit plus que dans les vieux films de John Wayne, cet essai transforme en or au moins la moitié des chansons avec un climax atteint à l’aise sur Hypocritical kiss, assurément la meilleure chanson avec du piano dedans, comme à l’époque de « Get behind me Satan ». Vous savez, cette époque où les White Stripes composaient encore de vrais morceaux...

Trêve de plaisanterie, « Blunderbuss » sonne comme un appel d’air. Presque dix ans après le hold up du disque « Elephant », Jack White revient sur la pointe des pieds – des boots plutôt – avec cet objet qui ressemble autant à un divorce réussi qu’à une libération artistique.  Après avoir souvent flirté avec la ligne rouge, le blanc bec prouve ici qu’il n’a plus besoin de personne – pas plus d’Alison Mosshart que de Brendan Benson des Raconteurs – pour tailler sa route. Et quand on sait que Jack White n’a que 36 ans, « Blunderbuss » augure d’un célibat qu’on lui souhaite long et sans douleur.

Jack White // Blunderbuss // XL (Beggars)
http://jackwhiteiii.com/