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Anni Rossi: Heavy Meadow

Anni Rossi: Heavy Meadow

Anni Rossi réussit (presque) son second album en troquant ses habits de ménestrel folk contre une combinaison synthétique.

Sur son premier album sorti en 2009, Rockwell, sec comme un coup de trique (car asséché par l’ascète producteur Steve Abini) Anni Rossi cherchait ses vibrations folk en grattant au plus près de l’os. Elle se rapprochait ainsi de ses performances live d’alors où seule, juchée sur une valise faisant office de batterie (frappée d’un coup de semelle), Anni Rossi impressionnait accompagnée de son violon. Sans aucun artifice, cette multi instrumentiste dressé dès l’age de trois ans à une discipline de fer, évoquait ces enfants surdoués, plus singes savants que visionnaires, qui vous épuisent dans une débauche de talent. Sur son deuxième album, Anni Rossi détend sa corde sèche et s’offre un peu de make up en introduisant des synthés (on reste néanmoins loin de la débauche pyrotechnique d’un Jean Michel Jarre) qui subliment la simplicité de ses ballades, les emmenant vers un certain spleen synthétique qui évoque parfois la rencontre improbable entre Joni Mitchell et les Cure de The Faith, ou Cat Power prenant the XX en stop.

Anni Rossi y gagne en légèreté et en profondeur : l’auditeur n’est désormais plus sous la menace d’ « une artiste authentique » et peut s’abandonner aux charmes d’une auteur interprète qui cherche à séduire. Une expérience attachante sans être pour autant bouleversante, Anni Rossi ne parvenant pas encore à trouver une place singulière dans la généalogie des femmes troubadours, celles qui chantent leurs peines de cœur en regardant les plaines du Far West défiler depuis l'intérieur de leurs pick-up.

Clovis Goux

Anni Rossi // "Heavy Meadow" // 4AD (Beggars)

http://www.myspace.com/annirossi