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Violens : Amoral

Violens : Amoral

Entre héritage des anciens et visions modernes, Violens défie l’héritage de l’indie pop eighties pour nous projeter dans le futur.

 

On avait quitté Jorge Elbrecht il y a quelques années aux commandes d’un projet complètement fou, Lansing Dreiden, groupe à géométrie variable évoluant dans des cercles obscurs de l’art contemporain new yorkais et cherchant sur deux albums (The Incomplete Triangle et The Dividing Island) à la fois évidents et profondément déroutants, une troisième voie entre le black metal et le sunchine pop. Si l’ambition était là, le succès, critique et public, ne fut pas au rendez-vous.

L'Amour et la Violence

Cinq années se sont écoulées. Jorge aurait pu attendre encore quelques années avant de devenir culte. Il a plutôt choisi de revenir en force à la tête d’un nouveau groupe au patronyme définitif : Violens (Violence + Violins). Leur premier E.P.,  V, porté par l’incroyable Violent Sensation Descends, portait en lui les germes de la réussite d’Amoral: réinventer une certaine idée de l’indie pop anglais des années 80 (Scritti Politti, The Smiths, The Pale Fountains, Prefab Sprout…) à la lumière d’un production chirurgicale faisant, paradoxalement, exploser les structures mélodiques tel un magma sonore.

Sur Amoral, Violens défigure ainsi méticuleusement le patrimoine  au scalpel pour recréer un pop carillonnante et kaléidoscopique qui a la puissance maléfique du metal. Si beaucoup ces dernières années ont été tenté par l’exercice, personne (à part peut être Panda Bear) n’avait poussé le perfectionnisme à ce point de rupture. Maître du dérapage contrôlé, Jorge Elbrecht vient de signer un premier album qui dynamite les lois de la gravité.

Clovis Goux

En concert le 20 novembre à la Flèche d'Or

Violens // "Amoral" // Static Recital (Discograph)

http://www.myspace.com/violens