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Shit Robot : From The Cradle To The Rave

Shit Robot : From The Cradle To The Rave

Dans la panoplie de Shit Robot il y a un homme, Marcus Lambkin, désormais seul après des années de DJing aux côtés de James Murphy, patron de DFA.

Dingue comme après une décennie de web effrénée, les ordinateurs les plus à la mode restent monochromes. Noir et vert, telles sont les couleurs du moment, presque plus mode que les écrans LCD... Avec toutes ses beat-boxes analogiques, les oscillateurs, toutes ces avenues de LED vertes ou rouges qui se croisent ou se prolongent, on sent bien que l'électro-encéphalogramme de Marcus Lambkin a longtemps trainé aux cotés de James Murphy, big boss du label new-yorkais. Et cela se ressent sur ce premier album ; les machines sont bien une armée de petites mains qu'il usine de son pupitre mais la construction des morceaux doit beaucoup aux heures passées courbé en deux sur du Larry Levan (I Got A Feeling), Frankie Knuckles et plus généralement toute la garage house du tournant de la décennie. Même les voix, que ce soient ses propres contributions ou celles de guests comme l'elektroclash Janine Rostron, du hardcore boy en costume Ian Svenonius, d'Alexis Taylor (Hot Chip) ou de tonton Murphy (jamais très éloigné), tous jouent la carte Donna Summer. Black velvet. Jetons suaves sur une table de feutre vert.

Midnight Express

That 70s, chaud. On goutte et transpire dans la lueur froide. Bien souvent, From the Cradle to the Rave s'impose au volant. En mode passager, ou fauteuil de cinéma, on voudrait juste se laisser défiler. Le diabolique Take'em Up serait John Carpenter filmant les années disco. Grim Receiver, c'est Invasion Los Angeles déplacé dans son Dublin natal, amoché par le terrorisme seventies. Autopilot, ou routeur. Mais sans tomber dans la musique d'ambiance. Quand on est DJ, gérer tous ces écrans est un labeur permanent, qu'il ne pourra réitérer en live. Gymnaste monopolisant le praticable, Marcus Lambkin transpire et s'impose tout au long de l'album un défi à l'image de son I Found Love ; il étire sa découverte de l'amour bien au delà du cap des 5 minutes sans qu'on s'en rende compte. On était venu danser gentiment ; on a passé la nuit...

Hilaire Picault

Shit Robot // From The Cradle To The Rave // DFA

http://www.myspace.com/shitrobot