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Panico: Kick

Panico: Kick

Dans leur dernier clip, les cinq membres de Panico bouillonnent sous le soleil cuisant de leur Chili natal. Des plans quasi subliminaux font voir un tunnel d'asphalte qui pourrait bien être filmé à Paris, ville qu'ils habitent maintenant depuis dix ans. Dix ans, comme l'âge de Tigersushi, le label parisien sur lequel ils sortent un deuxième album, succédant à Subliminal Kill qui date déjà de 2005. Depuis, de nouveaux fans se sont épris de leur rock garage repeint aux couleurs d'un carnaval où on ne fait pas que les clowns. Dans ce cortège de convertis, on trouve même Franz Ferdinand, alors par la force des choses Panico s'est vu propulser en studio en Écosse pour enregistrer ce disque.

Si Paul Savage - qui travaillait sur les albums de Franz Ferdinand - a planché sur le mixage, les Chiliens se tiennent pourtant moins à carreaux que les Ecossais. Pour la production, c'est Gareth Jones qui s'y colle, entre autre responsable des derniers Liars et These New Puritans, mais ici il se retient de faire de cet album un disque expérimental lassant et inaccessible. Mais avouons que les membres de Panico ne sont peut-être pas toujours simples à suivre non plus; les rockeurs brouillent les pistes en fonçant dans le post-punk Bright Lights puis s'assurent d'un dérapage contrôlé sur l'hymne indie rock Icon. Dans tous les cas, leur son transpire la démence et le rock'n'roll, en espagnol, en anglais ou en français. La voix hantée d'Eduardo n'y est pas innocente et vous ne sortirez pas indemne de l'écoute de son renversant Reverberation Mambo non plus. Ce titre, c'est vraiment le dessert mais tout Kick vous retournera les tripes de la même façon. Mettez vous à table dès maintenant.

Charline Lecarpentier

Panico // "Kick" // Tigersushi

http://www.myspace.com/panicoband