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Interpol: Quatrième album

Interpol: Quatrième album

De son propre aveu, le groupe - mécontent de « Our Love to Admire » - a cherché à renouer dans ce 4e LP avec le son de Bright Lights. Pas un hasard, donc, si leur récent single se nommait « Lights » tout court... On retrouve dans cet album éponyme tout ce qui marchait dans les précédents, nappes fantomatiques, batterie növö disko (« Barricades ») et noirceur sous plexiglass (« Always Malaise »). Si ce solide retour pêche parfois c’est par ses paroles, nettement moins originales que dans les précédents opus. Mais ne boudons pas notre plaisir, la grosse reverb céleste et est revenue et c’est ce qui compte. Décevant ? Pas vraiment. Après trois titres tirés au tonneau habituel et trois autres rangés en bankable, on découvre quelques pierres noires plus près de l’onyx que du miroir sans teint.

Crème rêche

Un filon plus profond et plus raffiné évoquant des références nouvelles : « All of the Ways » entrecroise des loops baroques qui plairaient à Radiohead. Le final « The Undoing » rappellera des souvenirs aux amateurs de Virgin Prunes. Après s’être fait longtemps désirer, la basse de « Safe Without » vient racoler une batterie lourde comme chez Tricky et l’on se prend à rêver d’un Sly & Robby gothique. Nappage suprême, le mix d’Alan Moulder confirme un peu cette touche new wave à l’anglaise dont on touche ici la crème : les contre-voix et harmonies se font l’écho de Depeche Mode période Faith & Devotion voire de Erasure sur les rythmes les plus disco.

Arrivant après 3 ans de silence et l’album solo de Paul Banks (Julian Plenti is Skyscraper), épreuve ultime interrogeant un groupe sur sa cohésion à laquelle n’aura pas survécu le bassiste Carlos Dengler, Interpol semble simplement se rassembler. Retrouver ses marques ; normal pour un groupe qui s’était éparpillé. Finalement, elle n’est pas si mal choisie cette pochette.

H.P.

Interpol // "Interpol" // Soft Limit (Coop)

http://www.myspace.com/interpol