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No Age: Everything in Between

No Age: Everything in Between

Back to the 90’s. Pieds au plancher. Le binôme straight edge de Los Angeles (Randy Randall guitare, Dean Allen batterie) connaît ses classiques sur le bout des doigts et vous croiserez sur ce second opus (après la déflagration inaugurale Nouns) les fantômes de l’indie rock US à tendance bruitiste du siècle dernier (Sonic Youth, Dinosaur Jr, Mudhoney…) comme ceux du shoegazing (My Bloody Valentine, Loop, Ride…). Croisement détonnant entre la tradition hardcore de L.A. et la noisy pop britannique, No Age n’est pourtant pas un hibernatus à deux têtes décongelé accidentellement après le 11 septembre et vivant dans un monde qui rêve encore d’autoroutes de l’information. 

Le sac contenant gimmicks et ficelles a été abandonné à l’entrée du studio, et si l’esprit des 90’s souffle sur ce disque, c’est sa réinvention qui a lieu ici. Pas d’artifices, No Age opère sans anesthésie et plonge jusqu’à l’os. Sur un tapis de boucles concassées, les batteries sonnent comme une succession frénétique de coups de boule contre un capot de bagnole tandis que les guitares-tronçonneuses s’attaquent aux châssis. Le massacre révèle l’essentielle : des carcasses de pop songs furieuses et lumineuses qui foncent dans le noir (Fever Dreaming, Shred and Transcend), se crashent au ralenti (Glitter, Skinned) avant de se dissoudre dans le ciel (Katerpillar, Dusted). L’accident vise l’extase et l’on se dit alors qu’un groupe capable d’intituler une de ses chansons Positive Amputation cherche peut-être in fine l’apaisement dans la douleur. 

Clovis Goux

No Age // "Everything in between" // Sub Pop (PIAS)

http://www.myspace.com/nonoage