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Zola Jesus: Stridulum II

Zola Jesus: Stridulum II

Dans l’inflation des goth queens et autres sorcières ayant surgies des limbes pour envahir les ondes ces dernières années (de Fever Ray à Bat For Lashes en passant par Florence and the Machine, on ne compte plus les héritières de maman Siouxsie et de grand-mère Kate Bush), on peut se demander quelle est la légitimité d’une nouvelle recrue. Avec un patronyme a faire surgir les morts d’outre-tombe, Zola Jesus (pourquoi pas Flaubert Belzebuth pendant qu’on y est) trouvera-t’elle sa place dans l’armée des ténèbres ?

Pour son premier album, Stridulum II, Zola Jesus (née Nika Roza Danilova dans un bled paumé du Wisconsin) s’est inspirée de l’imagerie zarbi' d’une sombre série B italo ricaine des 70’s, Stridulum narrant les expérimentations effectuées par une société secrète sur des enfants aliens. Pourquoi pas. Musicalement, Nika, a contrario de ses consoeurs, a fait voeux de pauvreté, s’appuyant sur la puissance de sa voix (elle a suivi des cours de chant lyrique), portée par des arrangements caverneux de rigueur réalisés à la maison. Loin des apocalypses sonores des maîtres (pensez au Closer de Joy Division ou au Pornography de Cure), Zola marque donc sa différence par l’approche lo-fi de ses prods. De bonnes intentions, mais rien de bouleversant ne surgit ici du caveau tant les conventions goths sont respectées à la lettre. On pourra penser que Stridulum II n'est, au-delà d’une aimable déclaration de foi arty, qu’une simple carte de visite susceptible d’entrouvrir les portes des stades à défaut de celles du paradis. À suivre donc, mais attention les doigts.

Clovis Goux

Zola Jesus // "Stridulum II" // Souterrain transmission

http://www.myspace.com/zolajesus