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Superpitcher : Kilimanjaro

Superpitcher : Kilimanjaro

2001. Heroin, maxi sorti tout droit de l’écurie Kompakt met le feu aux poudres. La techno minimale qui s’apprête depuis sa base de Cologne à dominer durant une décennie les dancefloors de la planète au son du goutte-à-goutte prend la tangente. Loin des autoroutes de l’ennui à venir, Aksel Schaufler (aka Superpitcher) choisit dès ses débuts les chemins de traverses : épique, glacé et romanesque, Heroin évoque avec grâce et mélancolie la beauté des retours de rave, le regard perdu sur le paysage qui défile plutôt que sur la bande d’arrêt d’urgence.

Minimale, mais Superpitcher fait le maximum...

Dix ans plus tard, Superpitcher achève avec son second album, Kilimanjaro, la révolution initié par Heroin et poursuivie au coté de Michael Mayer (le boss de Kompakt) sur le projet Supermayer. Soit l’idée que l’orthodoxie minimale qui a toujours fatigué ses plus brillants représentants (voir le sort que Mattias Aguayo lui a réservé avec le morceau Minimal) n’est pas une musique fonctionnelle pour easy jeters mais une musique incarnée et charnelle au service de véritables chansons. Kilimanjaro est à ce titre une forme d’achèvement où Superpitcher visite avec autant de brio le dub sur le sensationnel Voodoo, la synth pop sur Country Boy que le funk blanc avec le single obsessif Rabbits In A Hurry. Si la seconde partie de l’album est plus volontiers émotionnelle et introspective (Give Me My Heart Back, Who Stole The Sun, Joanna), Aksel a l’élégance de ne pas venir pleurnicher sur nos épaules. Dernier des romantiques allemands, Superpitcher vient de gravir avec Kilimanjaro, sa montagne magique.

Superpitcher // "Kilimanjaro" // Kompact

http://www.kompakt.fm/artists/superpitcher

Clovis Goux