JE RECHERCHE
Mohini :Milk teeth EP

Mohini :Milk teeth EP

En guise de calendrier de l’avant, un maxi 4 titres et 2 remixs. On y retrouve les frisottis d’arpèges (« Milk Teeth ») joués du bout des doigts manucurés d’un processeur raffiné. Mais là où Sex In Dallas accompagnait ses synthés A-consommer-avant-1985 de lourdes basses techno et d’ambiances de buffet froid-glacial, ici on se repose la tête dans un bain de coton. Le cerveau enneigé, le bras tendu paume ouverte pour attraper quelques flocons, lèvres closes mais souriantes. « Tempe » rumine une tonalité de Poor Leno dont s’échappe un clavier analogique cristallin, discret soliste s’envolant loin du pupitre. Et avec cette voix feutrée qui l’accompagne on ne peut pas s’empêcher de penser à Eli & Jacno. Les deux à la fois. Car Mohini Geisweiller est un être hybride, ni-chanteuse ni-musicienne.

Don de sagesse

 

Ni electro dansante, ni pop mélodique, c’est juste très beau et d’une simplicité qui apparaît comme évidente. Comme un enfant créant son univers de toute pièce à partir de presque rien, une boule de ouate, un coussin étouffé, une poignée d’allumettes... Attention, je n’ai pas dit minimalisme ; même si Satie n’aurait rien à en redire de l’orgue surventilé de « Toward » et sa chorale claustrophobe. Là c’est la pluie sur le pare-brise en plexiglass d’une voiture majorette, ici une ligne de chant naïve, relent d’elektroclash apaisé (« Paris 2013 ») qui aurait mûri en perdant ses dents de lait. Ajoutons deux fabuleux remixs (c’est assez rare pour être noté), deux relectures d’un texte qu’on aurait cru trop intime pour d’autres voix. Poni Hoax s’adapte avec ampleur à ce tempo inhabituel pour lui, et l'extraordinaire Koudlam pleure sa gorge et son controller midi. Une masse poudreuse recouvre vos enceintes ; la divine enfant est née.

http://www.myspace.com/mohinigeisweiller

H.P.