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Tame Impala: Innerspeaker

Tame Impala: Innerspeaker

Le second album de MGMT se présentait il y a quelques mois comme un événement pour tout amateur de musiques kaleidoscopiques. Les apprentis sorciers Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden y deployaient en effet leur savoir faire tout en rendant un hommage appuyé, mais appliqué, aux pionniers du psychédélisme. Esprit, es-tu là ? La rumeur répondit oui. Mais depuis l’étoile a filé dans un trou noir face à l’apparition d’un nouvel astre en provenance de l’hémisphère sud.

Écouter le premier album de Tame Impala après Congratulations fait ainsi l’effet de passer brutalement d’une soirée Pictionary entre étudiants à une orgie dans une secte, d’abandonner sur un coup de tête l’usage de la trottinette pour celle du jet. En communion direct avec le cosmos, ces allumés Australiens, signés sur Modular et menés de main de maître par Kevin Parker, ont bu à la source (Revolver des Beatles et son révolutionnaire "Tommorow Never Knows" qui sert quasiment ici de grammaire, The Nazz, The Kinks, Cream, Hawkwind… ) et c’est de la lave qui coule dans leur veine. Mais, loin d’être un album d’archivistes revisitant leurs classiques, Innerspeaker nous projette, à la manière de sa splendide pochette, dans une nouvelle dimension, celle d’un psychédélisme inspiré et novateur qui fixe l’horizon tout en sachant d’où il vient. On peut imaginer Animal Collective se concentrant enfin sur le songwriting, plutôt que sur leurs singeries arty habituelles, pour prendre la mesure de l’impact d’Innerspeaker. Space is the place.

Tame Impala // Innerspeaker // Modulor

http://www.myspace.com/tameimpala

Clovis Goux