JE RECHERCHE
48 heures d’allergies au pollen et de groupies à We Love Green

48 heures d’allergies au pollen et de groupies à We Love Green

Cette année, les paillettes sur le visage ont laissé leur place aux couronnes de fleurs mais lessentiel est ailleurs, et ne change pas dune année sur lautre. Cette septième édition de We Love Green était peut-être même encore plus réussie que dhabitude, notamment grâce une organisation plus fluide au niveau des différentes files dattente, et grâce à une programmation toujours plus solide, dOrelsan à Björk, de King Krule à Migos. Le feu.

Samedi, jour 1

14h00. De retour au Bois de Vincennes, We Love Green noublie pas ses basiques : du beau temps, des couronnes de fleurs, une belle prog, et surtout : du pollen. Dès le début de la journée, ça éternue dans tous les sens. Ah ces citadins

15h00. Un enfant dans un festival cest comme un chien à Paris. Ça n’a pas trop sa place. We Love Green 2018 commence donc par cette très belle phrase de festivalier, un peu circonspect à l’idée de croiser des bambins devant des concerts. Le festival a pourtant pensé à tout puisquun espace Kids est cette année mis en place pour les parents désireux de venir avec leur progéniture. Qui ont tout à fait leur place sur l’événement.

15h30. Dans lespace presse, on organise une interview spécial producteurs de rap avec Myth Syzer. Conseil dami : si vous vous retrouvez avec ce type lors dune soirée blind-test, prenez-le dans votre équipe. Le type met clairement deux secondes à reconnaître tous les morceaux, en citant lartiste et le producteur. Pas un mythe pour rien...

16h00. Elle na que deux morceaux dans sa besace, mais est déjà une super-star. Dix minutes avant son entrée sur scène, la fosse de la grande scène est bondée pour assister à la prestation d’Angèle, et clame son nom à intervalles réguliers. À voir son concert, ultra-frais et plein dassurance, on comprend lengouement. Au même moment, Jacques Attali enflamme le Think Tank et les groupies avec une conférence sur les états généraux des générations futures. Punks not dead.

18h00. Ambiance samedi soir de Champs Elysées avec Michel Drucker lors du concert de Juliette Armanet sur la grande scène, qui débarque avec une veste argentée de haut vol et ses chansons au lyrisme quon ne présente plus. Et bien figurez-vous quon a bien kiffé. Angèle aussi apparemment, puisquon la voit faire quelques pas de danse en bord de scène.

Juliette Armanet, par Maxime Chermat

18h30. Avant de monter sur scène, Jorja Smith donne des interviews à l’espace presse. On ne pas se mentir : la plupart des garçons n’en mènent pas large. Avant que Jorja ne parte à la conquête du public présent pour son concert : sur scène, sa musique prend encore une autre dimension. Quelle voix !

19h00. les. Ou l’état du visage des nombreuses filles que lon voit ressortir de la fosse lors du concert de Lomepal. Avec un public majoritairement féminin, un bon 27 degrés au compteur et la grosse énergie du garçon, le rappeur parisien cause une bonne dizaine de malaises dans le public. Aie aie aie aie”.

19h30. Sur la route du concert de Beck, on croise Ablaye, boss du label 7th Magnitude (et backeur dOrelsan sur sa tournée) en train de conduire hilare une petite voiture de golf quil a emprunté au staff technique de We Love Green. A larrière : son pote Orelsan, qui na pas lair mécontent du tour de manège. C’est donc ça une bromance.

20h00. Notre cadreur se renverse une canette entière sur lui et fait une énorme allergie au pollen. Dure vie.

20h30. Avant, les karaokés, c’était super ringard. Aujourdhui, cest vachement cool. Tellement cool que We Love Green en a un sur son festival, et que les soeurs Ibeyi débarquent par surprise pour foutre le feu au micro. Ça donnerait presque envie de faire tourner les serviettes. En toile bien sur, on est dans un festival écolo.

22h00. On peut être nonchalant dans la vie, et tout casser face à 30 000 personnes. Orelsan en est bien la preuve : tête d’affiche de ce samedi soir, le rappeur normand envoie 1h15 de concert calibré, et montre à quel point il est devenu une des grosses têtes daffiche de la musique française actuelle. Dans le public, des jeunes, des vieux, et des enfants, qui connaissent logiquement plus les morceaux de La Fête Est Finie que de ses anciens albums, aussi présents dans la setlist. Mention spéciale au morceau Paradisqui semble bien plaire aux filles : les ah elle est trop bien celle la !!fusent autour de nous dès les premières notes du titre. 

23h00. Et si c’était le concert de l’année ? Et si c’était eux les nouvelles rockstar de notre ère moderne ? Et si ces allergies au pollen arrêtaient de nous pourrir la vie une bonne fois pour toutes ? Tant de questions se posent après lincroyable concert de Migos à We Love Green 2018. Un show digne des Beatles, où Quavo, Offset, et Takeoff feront littéralement trembler le chapiteau de la Clairière. De la fumée, de la sueur, et des adlibs : Migos 2020.

Dimanche, jour 2

15h00. Deuxième jour, et toujours autant de soleil et de bonne ambiance. On entend même quelquun employer ce mot quon croyait réservé aux communiqués de presse d’électro-disco-pop, suave”. D’où cette pertinente remarque : “‘Suave’, rien que dans le mot ya un truc dégueulasse. On dirait une phrase dun vieux Maltais qui va parler à une jeune fille, sérieux.

16h00. En place pour une nouvelle interview, on entend les différents journalistes musicaux disserter de lavenir du métier. De là, au milieu de nulle part, cette savoureuse saillie: T’en fais des podcasts toi? Jadore parler!. Au moins, cest honnête.

17h00. King Krule rejoint Mount Kimbie sur scène (et non King Kong rejoint Mont Kirby, on nest pas sur Nintendo, calmez-vous les geeks). Le genre de rencontres propre au monde des festivals. Pas de James Blake en revanche, yavait sans doute 4 mariages et un enterrement” à la télé.

17h30. Depuis le début de l’après-midi, on ne croise que des filles avec des paillettes sur le visage. Au classement des accessoires coolos du festival, la couronne de fleurs sest clairement faite distancer.

18h00. C’est le feu au village Greenroom. Petites cabanes, maxi zbeul.

19h00. Pause dîner. Pour se justifier de son choix, un festivalier sexplique: le fish and chips, ça va, cest léger il y a du poisson. Et la marmotte ? Elle emballe le chocolat dans le papier alu. Derrière, une conversation football fait rage. Un supporter visiblement meurtri, ou qui sait, un marseillais, balance un puissant: Le PSG, on dirait quils font une équipe pour les gamins de 15 ans sur Instagram. Il doit avoir environ 30 ans et un blackberry.

19h30.Wow !! Mais meilleure surprise putain !. Si le jeune homme a côté de nous exulte autant, cest en raison de trois petits Suisses dont il ne faut définitivement pas passer à côté Venus remplacer Big Freedia à la dernière minutes, les rappeurs Slimka, Di-Meh, et Makala débarquent à la dernière minute sur la scène du Think Tank pour clairement foutre le bordel. Les verres volent dans tous les sens, ça pogotte sans gêne, et on se prend les trois rappeurs sur la tronche à intervalles réguliers tant ils s’amusent à se jeter dans la foule. Meilleur concert de la journée ? Probablement oui.

21h00. On croise un type avec une casquette du Stade Rennais au concert de Yaeji. Qui enchaîne les pépites, au milieu de ses tubes et autres trouvailles. On repart avec limpression davoir assisté à un moment fondateur. Ceux qui ne la connaissaient pas encore se sont fait happer complet : pas impossible quon retrouve Yaeji sur une scène plus grande du bois de Vincennes dans un futur pas si lointain.

22h00. Histoire de bien finir, Tyler The Creator débarque sur scène pour livrer un best of de ses albums solo vêtu d’une veste dagent municipal. Sans doute un hommage aux Chevaliers du Fiel.

Au même moment, Bjork hypnotise ses fans avec son spectacle son et lumière digne dune parade Disneyland, tandis que Nina Kraviz débarque aux platines pour mettre tout le monde au lit. Au programme : un set techno bien acide comme il faut. Pas habituel pour un dimanche soir, mais diablement agréable. Mission accomplie : on a encore une fois kiffé We Love Green.