Greenroom

72h d’underground, de bonnets et de balançoires au Pitchfork Paris

Rendez-vous automnal de choix pour toute personne de goût, le Pitchfork Festival Paris en est à sa septième édition. Cette année, mention spéciale au set de Rone, à la folie douce de Jacques, à la performance de Chassol, à l’efficacité de The Blaze et à la trompette de Kamasi Washington. 

Jour 1, jeudi 2 novembre

16h30. Ligne 5. Bah oui, pour se rendre au festival Pitchfork, il suffit de partir du bureau et de prendre le métro.

18h : En coulisses, le bassiste de Ride est grand sourire. Et pour cause, il était la veille au match de son équipe de foot favorite, Tottenham, pour une victoire 3-1 sur le Real Madrid de Cristiano Ronaldo. « C’était historique ! » lâche-t-il carrément. « Sur scène, je vais entonner leur hymne, promis ». Le chant ne viendra malheureusement pas, mais la promesse d’un concert de Ride est tenue avec son savant arrangement de shoegaze et de britpop. Dans la fosse, une maman se balance, toute excitée. Son gamin, lui, reste stoïque. Et un peu gêné.

19h20 : On regarde la folk orchestral de This Is The Kit depuis le Playground Greenroom. Mauvaise idée : on entend autant la chanteuse que le bruissement des deux balançoires qui volent derrière. Car oui, même les sophistiqués du Pitchfork perdent toute retenue devant une simple balançoire.

19h25 : Chassol déploie son talent de pianiste avec brio ; images et musiques se répondent parfaitement dans un set maitrisé jusqu’au bout des ongles. Le public écoute respectueusement, sauf une personne. C’est Moses Sumney presque en transe dans les premiers rangs face à la scène.

20h40 : Rone débute et surprise, Noga Erez déboule pour ce genre de duo inattendu qu’on n’entend qu’en festival. Donc oui, confirmation, tous les chemins mènent à Rone.

20h45 : En interview avec Moses Sumney, on évoque ses « rêves prophétiques ». Il n’en dira pas plus, à part le fait que s’ils étaient des films, ils seraient réalisés par Bernardo Bertolucci. Moses fait de beaux rêves.

21h00 : Rencontre au sommet côté coulisses : Chassol face à son plus grand fan : Moses Sumney.

22h00 : Bo-bun ou fish and chips ?

22h30 : Davantage habitué aux ballades acoustiques, Kevin Morby se la joue rock’n’roll hero ce soir à La Villette. Kevin plus-si-Morbyde.

23h45 : Premier « Fuck Trump » du week-end signé The National. À force, on se demande si être rebelle, ce ne serait limite pas de soutenir Trump…

00h00 : Bryce Dessner de The National passe une dédicace toute mignonne, en français, à sa femme parisienne. Love Trumps Hate.

Jour 2, vendredi 3 novembre

17h30 : Enfin un peu de folie avec HLMTD. Les fameux brainstorming et mail recaps du vendredi soir n’étant pas encore terminés, le groupe franco-anglais se présente devant une cinquantaine de personnes. Et tant mieux, car leur esprit glam, punk et cabaret risque de rapidement combler les salles.

18h : Lumières noires et blanches, c’est Cigarettes After Sex.

19h : En coulisses, on demande une photo de Cigarettes After Sex. L’attachée de presse : « Pas de souci, mais que en noir et blanc ». Esthètes.

19h : Rejjie Snow attend près de la zone artiste, et il a quelque chose à dire : son album Dear Annie est terminé depuis la veille au soir. Oui. OUI C’EST VRAI (voici le résumé des épisodes précédents).

20h45 : Isaac Delusion fait s’agiter la foule. Des Français qui pourraient presque nous faire croire qu’ils sont Australiens comme Tame Impala alors qu’ils viennent de Vincennes. C’est beau.

22h15 : Rejjie Snow tente de provoquer un cercle de la mort. Raté. Quelqu’un aurait pu le prévenir quand même que c’était perdu d’avance… N’empêche, Rejjiie ne se démonte pas et finit son set en fanfare devant un public conquis.

23h15 : Des milliers de personnes sont devant Kamasi Washington, et on se dit qu’il est quand même fort Kendrick Lamar : en quelques collaborations, il a rendu le jazz cool. Damn.

23h59 : C’est sympa comme tout Polo & Pan, mais il faut en garder sous la semelle pour demain.

0h45 : Uber ou tro-mé ?

Jour 3, samedi 4 novembre

18h00 : Ok, le PSG en a déjà collé trois à Angers en une mi-temps, on peut décoller.

19h20 : Après neuf mois de tournée et 99 concerts, Loyle Carner se lance dans le dernier de la série. Petite émotion dans la foule à l’idée de ne plus voir aussi souvent ce maillot de Cantona qu’il fait tournoyer entre deux chansons.

20h10 : Des techniciens apportent un escabeau en plein milieu de la première scène. C’est normal, Jacques est en plein set.

21h17 : Tiens, on s’est finalement fait avoir par BADBADNOTGOOD. C’est que c’est entrainant cette histoire.

22h45 : C’est désormais une habitude : Run The Jewels débarque accompagné de We Are The Champions. Un touchant message de triomphe quand on sait qu’ils étaient voués à jouer les chiens galeux du hip-hop jusqu’à leur 35 ans.

00h00 : Les bangers tels Blockbuster Night étaient évidemment de sortie, mais on garde surtout en tête une seconde partie de concert où les plus sombres morceaux de RTJ3 ont redonné du souffle à une machine qui semble aujourd’hui parfaitement huilée. Plus proche des grands groupes rock que de la nouvelle génération rap, Run The Jewels confirme qu’ils sont rentrés dans le cercle fermé des crédibles têtes d’affiche de festival. Bientôt le featuring avec Coldplay ?

00h20 : On Croise Eddy de Pretto qui bouffe des frites. Accompagné de son cornet, il fait très, très belge.

00h37 : Confirmation générale, volume 1 : beaucoup de monde est venu pour The Blaze (merci les tickets Club à prix réduit pour une entrée à minuit). Confirmation générale, volume 2 : bah c’est bien aussi en live The Blaze.

01h45 : Boum boum.

02h12 : Vous pensez que The Black Madonna connait Noir Boy George ?