Greenroom

Jessie Ware ne ressemble absolument pas à sa musique

Jessie Ware a beau, album après album, se rapprocher de plus en plus près d’un statut de pop-star, la dame reste très discrète sur sa vie privée. Tout juste savait-on que sa sœur, Hannah Ware, était une actrice en devenir à Hollywood après sa participation dans l’excellente série Boss. A quelques jours de la sortie de son troisième album Glasshouse, Ware a ainsi ouvert les pages de son arbre généalogique pour nous aider à comprendre un peu mieux d’où elle vient.

Grand-père maternel : Morley Keell

« C’était un immigrant russe. Il est parti de Russie, comme beaucoup de juifs, quand les pogroms ont démarré. Il était antiquaire, mais il vendait parfois des voitures. Un peu de tout, et peut-être des choses pas claires… C’était un très bel homme, qui chantait très bien, même si son système respiratoire était défectueux. Quand il respirait, ça faisait un bruit étrange. Il nous lisait souvent des histoires, et pour l’écouter, je m’allongeais sur son ventre. À chaque fois, il finissait par me dire : ‘Écoute, il y a un petit homme dans ma poitrine.’ Et il faisait ce bruit caractéristique. Sa relation avec ma grand-mère était très passionnée, ils se disputaient énormément, mais ils s’adoraient. Il est décédé quand j’avais huit ans. »

Grand-mère maternelle : Cécilia Keell

« Ma grand-mère est décédée à l’âge de 93 ans. Elle a conduit jusque 91 ans. Tout le monde l’adorait, elle était drôle, dotée d’une grande sagesse. J’ai une anecdote très drôle à son sujet : pour l’un de ses anniversaires, nous l’avions emmenée à Blackpool, une ville de débauche au nord de l’Angleterre. Elle adorait aller là-bas, va savoir pourquoi. Vu qu’elle vivait à Manchester, ce n’était pas loin. Il y avait une soirée drag-queen ce soir-là, elle était en feu. C’est elle qui voulait y aller. Je rappelle qu’elle avait 88 ans ! Et à un moment, une des drag-queens a pris le micro et a annoncé : ‘J’ai cru comprendre que nous avions une vierge dans la salle.’ Là, le projecteur s’est braqué sur elle et la voilà qui faisait des coucous à tout le monde dans la salle, hilare. »

Grands-parents paternels

« Leur histoire est tragique. Mon grand-père paternel est tombé d’une montagne alors qu’il escaladait. Quelques années plus tard, sa femme est morte dans un accident de voiture. Mon père n’en parle pas beaucoup, il était très jeune et s’est retrouvé orphelin à 16 ans. Il en parle si peu que je ne sais même pas comment ils s’appelaient… »

Mère : Helena Ware

« Pour simplifier, ma mère représente des enfants qui n’ont plus personne au tribunal, dans le but de défendre leurs intérêts, leurs biens. C’est un travail peu connu mais très important. J’ai toujours admiré ma mère, en partie en raison de son travail. Ce n’est pas glamour, ça demande énormément de boulot, et c’est très désintéressé. Sinon, elle a deux passions dans la vie : ses enfants et… Manchester United. Toute notre famille supporte United. Gamine, j’étais à fond derrière l’équipe, puis la musique a pris le dessus. Mais je suis prête à redevenir fan. »

Père : John Ware

« C’est un journaliste d’investigation très respecté. Il travaille pour la BBC. Il est spécialisé dans l’Irlande du Nord, et il a eu un véritable impact sur le conflit. D’ailleurs, après la diffusion de l’une de ses enquêtes, en 2001, l’IRA a fait exploser une bombe dans les bureaux de la BBC. Il était très souvent en reportage, je le voyais peu, alors quand il était à la maison, c’était toujours spécial. Il m’a montré qu’il était possible d’être passionné par son boulot, même si d’un côté, je détestais ce travail qui nous éloignait. Ce qui ne m’a pas empêchée de me diriger d’abord vers le journalisme. Même si j’étais loin d’être brillante, j’adorais écouter les gens raconter leurs histoires. Cela dit, je n’avais pas une motivation politique comme mon père. Avec le recul, je pense avoir gardé quelques réflexes de journaliste dans ma manière d’écrire mes paroles : je vais droit au but, mes textes sont rarement mystérieux, je suis plutôt directe. Plus le message est clair, mieux c’est. »

Sœur : Hannah Ware

« Elle est actrice, plus connue pour son rôle dans la série Boss. Elle a aussi tenu le premier rôle féminin dans le film Hitman. Tout comme moi, elle a d’abord envisagé une carrière non artistique. Elle a étudié l’histoire de l’art et voulait devenir architecte. Mais vu qu’elle était mannequin depuis l’adolescence, sa transition vers le cinéma s’est faite naturellement. Elle a deux ans de plus, mais dans les faits, c’est moi la grande sœur : je suis un peu plus mature, je me suis mariée en premier… Elle me tuerait si elle m’entendait dire ça. D’ailleurs, quand on était plus jeunes, on se battait tout le temps, on cherchait littéralement à s’entre-tuer. Si j’ai une fausse dent, c’est par sa faute : elle m’a attrapée la tête et l’a frappée contre la baignoire. C’est un peu à l’image de ma famille : nous sommes tous proches, très liés, mais ça gueule dans tous les sens, ça parle fort. C’est notre façon de communiquer. »

Frère : Alexander Ware

« Il est dans sa dernière année d’études de médecine, et il m’impressionne beaucoup. Son boulot est très différent de celui de Hannah et moi, ce qu’il fait est bien plus important. J’ai toujours été très dure avec lui, surtout quand j’étais plus jeune : moi et ma sœur l’ignorions totalement. Il était très bavard et on le mettait constamment de côté. Le pauvre Alex (rires). En revanche, au contraire de Hannah et moi, il n’a pas de fibre artistique. Il est très rationnel. D’un côté, je suis comme ça aussi, très rationnelle, et même si j’aime ce que je fais, je pourrais très bien exercer un autre métier. Je serais certainement moins heureuse aujourd’hui, mais j’aurais sans problème pu travailler dans le social ou dans le juridique. »

Mari : Sam Burrows

« On se connaît depuis l’école maternelle, à South London. On se connaissait de vue, mais on n’avait jamais discuté ensemble. À une époque, nous fréquentions les mêmes clubs drum’n’bass. Je voyais très bien de qui il s’agissait. Lors d’une soirée organisée par un ami commun, Sam était là, et nous avons parlé pour la première fois. Le courant est très vite passé. Notre relation a duré cinq ou six ans, puis nous nous sommes séparés deux années durant, avant de se remettre ensemble. Aujourd’hui, nous sommes mariés. Pour notre faire-part de mariage, nous avons choisi une photo prise lors d’un cours de piscine à l’école. On devait avoir 11 ans, et nous sommes côte à côte. Il était plus petit que moi, et j’étais très grosse : on ne se serait jamais parlés, à l’époque. Et presque vingt ans plus tard, nous sommes mariés. Il est coach particulier, prof de fitness. Le strass et des paillettes du monde de la musique, très peu pour lui. Que je sois chanteuse ou comptable, ça lui est égal. D’ailleurs, la moitié du temps, il ne sait même pas où je suis. Et c’est très bien comme ça : il me laisse vivre. En définitive, il est bien plus gentil que moi : si c’était lui qui était tout le temps en voyage pour le boulot, je crois que je serais bien plus difficile à vivre. »