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48 heures de tubes, de groupes cultes et de reprises au Lollapalooza

48 heures de tubes, de groupes cultes et de reprises au Lollapalooza

Grande première en France pour le festival de Chicago. Au programme de ce Lollapalooza, une Tour Eiffel miniature, et des têtes d’affiches comme s’il en pleuvait. D’ailleurs, il a plu. Mais ce n’est certainement pas ça qui allait arrêter The Weeknd, Lana, les Red Hot ou Liam G de faire le show. 

Samedi 22 juillet, jour 1 

14h : Repérage des scènes, des stands, des accès, étude attentive du programme : tout est prêt pour cette première édition de Lollapalooza à Paris, à l’hippodrome de Longchamp. D’ailleurs, ça sent un peu le cheval.

16h : Lemaître envoie la chanson plagiée par le DJ de Macron. On n'est pas loin de La Défense, c'est donc un carton. Puis on veut voir Crystal Fighters de l'autre côté du festival. En marche.

18h15 : C'est le moment attendu par tous les Anglais du festival : « Shutdown » de Skepta, énorme tube rap outre-Manche. D'ailleurs, ils ne cachent pas leur joie et sautent dans tous les sens. Beaucoup plus agressifs que Chris Froome en montagne ceux-là.

18h28 : Skepta fait rebondir tout le monde. Et de plus en plus de festivaliers se prennent pour des hooligans anglais, mais bien élevés. On s’encanaille gentiment quoi.

18h35 : Romain Bardet conserve sa 3ème place du Tour pour une petite seconde au stade Vélodrome. En revanche, c'est pas loin du Parc des Princes que les Hives font leur set énergique mais au goût d’inachevé. Un peu comme le Lucas du PSG quoi. D'ailleurs, on est où pour Neymar ?

19h30 : Plus forts que Wilkinson, Yellow Claw enchaînent les drops. Les jeunes n'ont vraiment plus le temps d'attendre le beat. A l'opposé du festival, ce sont les légendaires Roots qui prennent le contrôle de la scène pour un set qui verra un solo de guitare interminable, une reprise au sampler de la musique de Super Mario, une relecture de « Sweet Child O'Mine » des Guns, un solo de batterie sur sampler pendant que l'un des plus grands batteurs du monde, Questlove, se repose à côté. C’était davantage les Roots de chez Jimmy Fallon que les Roots époque Come Alive, quand ils étaient le meilleur groupe du monde.

20h : La fête s’achève dans les cabanes Greenroom, où les différents mix proposés auront permis de se croire en club et de danser un peu collé-serré.

22h : « Je suis un putain de garçon étoile ». La grosse star du week-end est arrivé.

22h15 : « Il chante trop bien ! »

22h22 : « C'est dingue, comme en studio ! »

22h42 : « Y aurait pas du play-back ? »

23h10 : Un feu d'artifice allume le ciel de Longchamp pendant « I Feel It Coming », le plus gros tube de The Weeknd en France. C'est le show à la ricaine, mais c'est vraiment irrésistible. Son, lumière, étoiles dans la tête. Et ça laisse de belles images pour un dodo qui s'annonce très court. En même, on l’avait senti venir…

Dimanche 23 juillet, jour 2 

12h : On rencontre Paz Lenchantin, la nouvelle bassiste des Pixies (aka le groupe sans qui Nirvana et le grunge n'auraient jamais existé) à leur hôtel parisien. L'occasion pour elle d'évoquer un souvenir de Lollapalooza, mais bien loin du Bois de Boulogne : « L'un des premiers concerts que j'ai fait avec les Pixies, c'était à Buenos Aires, au Lollapalooza Argentine. Moi je suis née à Mar del Plata, dans la région de Buenos Aires, avant que ma famille parte pour Los Angeles quand j'avais quatre ans. Et ce soir-là, c'était mon tout premier concert en Argentine ! Il y avait ma mère dans le public, c'était émouvant pour moi, évidemment. J'avais vraiment du mal à réaliser, c'était comme un rêve ». Gracias Lolla.

13h52 : Embrouille de couple à Charlie XCX. Monsieur : « C'est juste une wannabe Miley Cirus » ; madame : « Tu peux pas la critiquer, elle a accompli plus de choses que n'importe lequel d'entre nous à ce festival » ; monsieur : « Je m'en fous, je préfère encore être moi que Charlie XCX ». Monsieur n’est pas Charlie.

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17h30 : IAM déboule et tu hésites : voilà le plus grand groupe de rap français devant tes yeux, ou deux vieilles légendes un peu tristes et dépassées ?

17h40 : La première option remporte la mise.

17h42 : « On n'est pas né sous la même étoile » scandé par un groupe de potes de la jeunesse dorée des Hauts-de-Seine, ça prend tout de suite un autre sens.

17h50 : Cette même bande : « Shurik'n, il est renoi ou métis ? ». 

18h30 : Christopher Froome remporte officiellement son quatrième Tour de France pendant qu'un autre héros anglais, Liam Gallagher, amène son parka sur la Grande Scène. Pas sûr que ce dernier soit fan de vélo.

18h50 : « I'm a rock'n' roll staaaaaar ». A imaginer avec la voix nasillarde de Liam. La magie opère toujours. Tiens, au fait, il a signé Neymar ?

19h45 : Les Pixies font du Pixies, et c'est toujours aussi bon. Espérons que les jeunes fans des Red Hot déjà en train de réserver leur place à l'avant auront envie d'aller écouter Surfer Rosa ou Doolittle.

20h50 : Lana Del Rey est splendide dans sa courte robe bleue.

20h58 : Vraiment, vraiment splendide.

20h59 : « T'es venu dans ce festival juste pour Lana Del Rey ? ». « Ouais ».

21h07 : Qu'on aime Lana ou pas, un constat s'impose : sa musique prend une autre dimension en live. Chez elle, le son est inséparable du visuel. Comme dans un bon jeu vidéo.

21h15 : D’ailleurs, frissons à foison au moment de « Video Games », décidément un hymne générationnel. Entre celle-ci, « Wonderwall » d'Oasis et « Where is My Mind ? » des Pixies, on en aura entendu de grands hymnes cultes ce dimanche. En festival, c'est quand même le panard. Mention spéciale à la version acoustique de « Wonderwall », reprise coeur par tout le festival. Putains de frissons.

21h20 : Un groupe de néo-zélandaises, sur chaque chanson, ne peut s'empêcher de crier : « Oh mais celle-ci, c'est ma préférée ! Ma pré-fé-rée-je-te-dis ». Et pour le prouver, elles en chantent les paroles avant Lana Del Rey.

21h21 : D'ailleurs, certaines se mettent à pleurer quand Lana descend de la scène pour recevoir embrassades, cadeaux, et roses. Trop-plein d'émotion.

21h50 : Alt-J font leur truc et essayent de mettre en place leur univers. Mais quand tes morceaux sont entrecoupés des basses slapées de Flea qui s'entendent au loin, c'est pas facile. Les Anglais tiennent quand même le coup, et leur concert ravit leurs fans, dévoués et béats.

23h : Il pleut mais en dansant les bras écartés sur les Red Hot, tu t'en fous, tu continues de chanter. Et d'imiter le batteur avec comme si tes doigts étaient devenus des baguettes entre temps. Dans ton petit cœur, t’as l'impression de te revoir écouter leur disque sur ton lecteur-CD portable, quand t'étais encore au collège. D’ailleurs, la jeune génération semble en surchauffe sur les Red Hot, connait tous les morceaux par cœur, et montre un réel enthousiasme à les voir en vrai. Les Red Hot résistent à l’épreuve du temps, pendant que les jeunes commencent à avoir eux aussi les traits marqués.

00h : Fin des festivités. Les nombreuses parkas sous la pluie cherchent à rentrer chez elles, au sec, tout en se lançant dans des reprise a capella de « Wonderwall », plus ou moins réussies.