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Parcels et la pop française : une grande histoire d'amour

Parcels et la pop française : une grande histoire d'amour

17h, samedi à We Love Green. Il fait 28 degrés devant La Prairie, la grande scène du festival, quand les cinq membres de Parcels entrent en scène. Longs cheveux, moustaches travaillées, chemises venues d’un autre temps : ces Australiens relocalisés à Berlin vont bien tenter de rafraîchir la foule avec leur nouvel EP Hideout. Particulièrement appréciés en France où les gens ont en leur présence soudainement envie d’être heureux, Parcels s’est illustré à la Boule Noire, au Point Ephémère, au Printemps de Bourges, à l’Aéronef de Lille ou à l’Iboat de Bordeaux. Un peu d'histoire : à peine sortis du lycée à Byron Bay, petit bled de surfeurs de la côte est australienne, Louie, Patrick, Jules, Anatole et Noah ont choisi Berlin pour s’implanter en Europe. Sagace, le label parisien Kitsuné met la main sur les australiens, et demande à Alex Courtès (l’homme derrière les casques de Daft Punk) de dessiner leur logo. Mais quand on ressemble à un groupe de gentils Beatles australiens qui chantent du Nile Rodgers, a-t-on réellement besoin d'un logo dernier cri ? Gros amateurs de pop française, Louie Swain (clavier) et Jules Crommelin (guitare) se sont prêtés au jeu d’un blind-test 100% made in France.

Papooz – Ann Wants To Dance

Louie & Jules: Papooz!

Louie : C’est la plus connue, mais ce n’est pas ma préférée. Ces mecs sont vraiment cool, on a donné trois concerts avec eux en France. Dans ce monde de la musique, quand vous commencez et quand vous faites partie d’un groupe, en général, les gens sont plutôt fermés. Ça se voit quand vous faites les balances, quand vous rencontrez d’autres groupes… Mais les gens de Papooz sont venus nous voir pour dire bonjour et discuter. Depuis, on est potes.

Jules : En live, ils sont supers, très naturels. En ce moment, il y a plein de musiques pop qui sort en France alors qu'à Berlin, il y a évidemment beaucoup de bonnes choses mais pas beaucoup de pop ou de pop alternative, car la scène électro prend toute la place.

Daft Punk – Aerodynamic

Louie : Le début sonne comme « Hells Bells » de AC/DC... mais c’est australien. C’est Justice ? Non, Daft Punk ! J'ai dû découvrir Discovery vers 13 ans, en Australie. C’est le premier groupe de musique électronique que j’ai écouté de ma vie, avant ça j’écoutais plutôt du blues, de la soul, des trucs vieux que mes parents passaient à la maison. Daft Punk, ça m’a marqué. Ils étaient plutôt connus en Australie, mais pour réussir en Australie, il faut réussir d’abord aux États-Unis, même pour un groupe européen. C’est le marché américain qui influence le marché australien.

Jules : Les gens écoutent un peu de Ed Banger en Australie mais c’est une niche, ce n’est pas mainstream. Mais je ne vais pas me lancer sur la musique mainstream australienne… C’est la pire.

PNL – Le Monde ou Rien

Jules : Oh mon dieu, c’est quoi ça… Je connais pas. Ils racontent quoi ?

C’est PNL, un groupe de rap français qui a très bien marché l’année dernière. Ils parlent de la fatalité, du deal, de la misère sociale et de l’envie d’évasion.

Louie : Ah oui, quelque chose de plutôt universel, donc. Jules et moi, on est peut-être ceux qui écoutent le moins de rap du groupe. Mais j’aime leur assurance, j’aime bien la trap.

Jules : Moi j’écoute plus des vieux trucs comme Tribe Called Quest, Grandmaster Flash, parce que c’est plus funk. Le reste je trouve ça un peu… discordant.

Housse de Racket – Oh Yeah

Louie : C’est Phoenix ? Ça y ressemble. Je ne connais pas.

Pourtant c’est un groupe signé sur le même label que vous, Kitsuné. D'ailleurs, comment est-ce qu’un groupe australien qui déménage à Berlin se retrouve signé sur un label ultra parisien comme Kitsuné ?

Louie : En vrai, il y a quelqu’un que nous ne connaissons pas, un Russe un peu fou, qui nous a envoyé des emails quand on était toujours en Australie, pour nous dire « les gars, j’ai des amis à Kitsuné! » Il aimait notre musique, et je pense que c’est comme ça que ça a commencé. Mais Pascal, notre tourneur en France, prétend que c’est lui qui nous a découvert. En réalité, on écoutait déjà de la musique française avant même de signer sur un label français, on a toujours aimé ça, et il se trouve que les français aiment bien notre musique.

Pourquoi avoir déménagé à Berlin ?

Louie : L’idée de base c’est que c’était un endroit pour pouvoir voyager partout en Europe, c’est central. C’est une ville, mais c’est très relax, les gens ne sont pas stressés, en tant que jeunes hommes sensibles venant d’une petite ville australienne de surfeurs – Byron Bay – on avait besoin de quelque chose de sympa. Ça a fait évoluer notre musique aussi, notre façon de composer évolue en permanence mais quand on est arrivés à Berlin, on habitait tous les cinq ensemble dans le même appartement, on faisait donc de la musique naturellement sur nos ordinateurs, ça a donné notre EP Hideout, et maintenant on a chacun un appartement, on se concentre plus sur le songwriting, sur le live. Je pense que notre prochain album pourrait surprendre, ce sera un gros changement dans notre son, j’espère que les gens comprendront.

Sebastien Tellier – La Ritournelle

Jules : Je ne peux pas prononcer le nom du morceau mais c’est Sebastien Tellier. Quelle chanson ! Je l’ai écoutée tellement de fois. J’ai découvert Tellier il y a un an en arrivant en Europe. Ce soft groove, ce son, les inspirations disco, il est génial. On m’a dit que c’était un super parolier, mais bon, je comprends rien.

Justice – D.A.N.C.E

Louie : Quand c'est sorti, en Australie, cette chanson était partout. Il y a une radio en Australie qui s’appelle Triple J et qui l’a passée non stop pendant des mois.

Jules : J’ai découvert Justice via Daft Punk, je devais avoir quatorze ans et j’écoutais pas mal de metal à l’époque. Il y a quelque chose de presque métal dans ce morceau. C’est une bonne combinaison de styles, dans l’attitude.

Stardust – Music Sounds Better With You

Louie : C’est un truc qu’on a écouté en club ça. Encore du Daft Punk ?

Jules : Il n’y a que Daft Punk que j’ai vraiment aimé de cette époque, j’ai l’impression qu’il n’y a pas grand chose à dire sur les autres musiciens de cette scène. La French touch nous a pas mal inspiré parce que c’est un bon mélange d’influence, disco, soul, funk…

Louie : On reconnaît tout de suite que c’est français, il y a un truc dans la mélodie.